
Parution
nov. 2003


© Emmanuel Proust Editions - 2003

Note
5/6

Scénario
5/6
Dessin
4/6

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Série
en cours en France
6
album(s) paru(s) en France
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Les neiges de l'Idaho Amerikkka, t.3

Membre actif d'une association de lutte contre le Ku-Klux-Klan, Steve Ryan infiltre un camp survivaliste paramilitaire. Une BD-reportage amère sur un sujet grave.
L'histoire :
Après la frontière mexicaine d’El Paso et les bayous de Floride, Steve Ryan et Angel Freeman poursuivent leur lutte contre le Ku-Klux-Klan au nord-est des States. Fils du fondateur de l’AKN (Anti-Klan-Network), Steve a pris la dangereuse décision d’infiltrer un camp militaire survivaliste particulièrement terrifiant. Croix gammée tatouée dans le cou, ouvrages néonazis dans le paquetage, il prend l’identité d’un activiste de l’extrême droite américaine confidentiellement décédé en prison, et fait croire qu’il s’est évadé. Tandis qu’Angela reste à proximité, sous couvert d’un emploi chez Mac-Do, Steve est accepté dans l’enceinte du « Wolfstadt ». Après avoir goûté à la vie drastique du camp, il passe avec succès toute une série d’épreuves qui lui permettent d’entrer dans le cercle de confiance des dirigeants…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Tout le monde connaît le Ku-Klux-Klan, cette organisation secrète américaine xénophobe qui prône la suprématie de la race blanche. Le Klan a connu son apogée au début du XXe siècle, suite à sa création par une poignée de nostalgiques de l’esclavagisme. Bien entendu, tout le monde pense que depuis cette période hideuse, le mouvement a été dissout et qu’il ne reste qu’un effectif réduit d’encagoulés, assez pauvres intellectuellement, dans quelques unes des zones les plus rurales du territoire américain. Roger Martin, spécialiste français du Ku-Klux-Klan (il n’y a qu’à voir la liste des ouvrages référencés en fin d’album pour s’en convaincre) poursuit l’adaptation en BD de son livre d’investigation (Amerikkka) et nous fait peur ! Cette fois-ci, il nous fait vivre la lutte de l’intérieur de l’organisation paramilitaire. Isolés, les protagonistes y gagnent en humanité. Comme pour se détacher de l’horreur, les relations entre Steve et Angela se font plus intimes. De son côté, le dessin de Nicolas Otéro est de plus en plus maîtrisé. Son coup de crayon semi-réaliste, à l’exception des oreilles décollées des personnages, applique une certaine distance sur le propos sans le dénaturer. Après deux premiers tomes chez Hors collection, le 3e volet de cette fiction aux frontières de la réalité paraît chez Emmanuel Proust Editions. Une excellente série trop peu connue, à découvrir de toute urgence.

Les avis des terriens

Terrien omar, note : 6/6 "AmmeriKKKa über alles !" Rien à dire : cette incursion dans ce que l'Amérique a de plus terrifiant est tout bonnement géniale. Les white trash sûrs de leurs droits (la démocratie et Dieu) quand ils dézinguent du noir ou du juif, sont dignes de ceux que l'on trouve dans les romans d'Ellroy. Donc, chapeau bas à Martin pour le scénario. Pour ce qui est du dessin, moi, les oreilles décollées ne me choquent pas du tout et, pour l'avoir rencontré à Angoulême, je peux dire qu'Otero n'est pas du genre à se la raconter. En plus, j'attendais un mec plus vieux mais on le sait, et il le prouve, "la valeur n'attend pas, bla-bla-bla..." Adorable et doué, que demander de plus ? Si, je sais : plein d'autres albums du même tonneau !
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