
Parution
juin 2008


© Delcourt - 2008

Note
5/6

Scénario
5/6
Dessin
5/6

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Série
terminée en France
1
album(s) paru(s) en France
1 album(s) prévu(s) en France Collection Conquistador |
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Après la nuit

Le shérif Stanton s'apprête à livrer un duel face à un homme portant le nom d'un ancien ennemi. Un western assourdissant et crépusculaire en one-shot, servi par un dessin somptueux.
L'histoire :
En 1876, dans l’Oklahoma, un jeune homme à cheval arrive à Bartlesville, il dépose devant le bureau du shérif les cadavres de deux hommes. Depuis que Jude Stanton, le shérif de la bourgade est en poste, le calme est de rigueur. Le cavalier se rend ensuite à l’hôtel pour prendre une chambre et part ensuite au saloon. Le shérif s’étonne que les deux corps laissés à sa porte soient ceux d’hommes recherchés. Il interroge alors l’hôtelier pour connaître le nom du chasseur de prime et s’en étonne aussitôt. Pendant ce temps, le cavalier boit tranquillement un verre de whisky. Sans argent pour payer, il propose au tavernier de lui donner ses deux pistolets, provoquant le silence dans l’assemblée. Le shérif arrive et interpelle le jeune homme, qu’il nomme Jedediah Cooper. Après quelques échanges de politesses, le shérif s’énerve et un rendez-vous est pris pour un duel : le lendemain à 6 heures près du grand chêne. Pendant que Jedediah passe la soirée avec une prostituée, Jude est un peu nerveux. Cet homme porte en effet le nom d’un ancien brigand ayant sévi dans la région…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Fans de Clint Eastwood, réjouissez-vous : cette bande dessinée va assurément vous plaire ! Richard Guérineau et Henri Meunier ont concocté un western à l’ambiance très réussie, bâti autour de deux personnages : le shérif Jude Stanton et le mystérieux Jedediah Cooper. Grâce à ses exploits passés et à un autoritarisme de fer, le premier a su imposer l’absence d’arme en ville. Dès l’arrivée du second, un cavalier bien mystérieux, le climat à Bartlesville est tendu et les quidams qui croisent son chemin ne sont guère accueillants. Bref, les éléments sont réunis pour nous empêcher de décrocher un seul instant des pages de ce one-shot : une ville lugubre, un shérif impitoyable et un mystérieux inconnu. L’histoire monte petit à petit en puissance et joue beaucoup sur la psychologie des personnages. Il faut dire aussi que Richard Guérineau, pourtant très occupé par le dessin de la série Le Chant des Stryges, fournit un travail exemplaire avec un encrage parfait. Où celui-ci trouve t-il le temps nécessaire pour tout gérer ? L’ambiance pesante, presque étouffante, provient de la précision de son trait d’un scénario totalement haletant. Une lecture judicieuse, malgré un début classique...

Les avis des terriens

Terrien Thomas, note : 6/6 "Genèse d’un duel au soleil" En 1876, Bartlesville est une petite bourgade tranquille de l’Oklahoma. En effet, depuis cette fameuse nuit où Jedediah Cooper, outlaw de la pire espèce de l’Ouest américain, a été abattu par le shérif Jude Stanton, sa réputation assure à la ville une relative tranquillité. Assure ? Assurait plutôt. En effet cette dernière se trouve troubler le jour où un illustre inconnu énigmatique, chapeau vissé sur la tète (véritable sosie du Clint de la grande époque) vient déposer les cadavres de 2 dangereux malfrats sans demander de prime ni remettre ses armes. Quel peut donc être cet homme peu loquace qui se moque éperdument des règles en vigueur et dont les crosses sont marquées de nombreuses entailles, symbole de sa dangerosité et de son glorieux passé… Les craintes de Jude Stanton se confirment lorsque ce dernier apprend que le nom renseigné sur le registre de l’hôtel n’est autre que celui de Jedediah Cooper. Tant de provocations ne peuvent rester impunies et rendez-vous est pris le lendemain au pied du grand chêne pour un duel qui s’annonce mortel. Si la trame de cette histoire semble assez commune, son traitement l’est en revanche beaucoup moins. En effet, comme le suggère le titre, la plus grande partie de la trame de l’histoire tourne autour de cette échéance après la nuit et de l’ensemble des réflexions que peuvent engendrer l’imminence de la mort à l’heure où l’on se doit de faire le bilan. Ainsi, l’auteur, Henri Meunier, au travers du trait précis de Richard Guérineau, s’attache à décrire le rôle et l’importance que peut avoir l’apparence des individus dans le théâtre de la vie. Que ce soient la prostitué défigurée, le shérif bien trop lisse ou encore l’illustre inconnu, tous ont au travers des situations de la vie du endosser un costume qui ne leur était pas forcement destiné et qui parfois semble bien trop large pour leurs épaules. Tous essaieront tour à tour de s’en séparer mais finalement l’ordre des choses finira par avoir le dessus. Ainsi, la qualité de ce one-shot tiens plus que dans l’histoire, dans l’ambiance qui s’en dégage et qui doit beaucoup au coup de crayon toujours aussi affiné et détaillé de Richard Guérineau. Nous voici replongés dans les westerns de notre jeunesse où chaque face à face s’éternise et où les mots n’ont que peu d’importance. Tout est là, une bourgade sinistre, l’inconnu, fine gâchette et charismatique, le shérif corrompu, le tout soutenu par un ensemble de second rôle se rangeant d’un coté ou de l’autre. Jamais duel n’avait été préparé avec tant de soin, les pages s’égrainent au rythme de l’harmonica dans la chaleur sèche de l’Oklahoma pour qu’enfin tombent les masques au petit matin entrainant leur lot de révélations… En résumé un excellent one-shot à mettre dans toutes les mains et qui à la manière du magnifique Western (Van Hamme/Rosinski dans la collection Signé) vous tiendra en haleine durant tout l’album, gardant précieusement ses secrets pour la dernière page. On notera ici la force que peut avoir la pleine page noire barré d’un coup de feu qui viendra suspendre le temps l’espace d’un instant alors que la pression se trouve à son paroxysme. On s’étonnera alors de la tourner doucement à la manière de ces longs travelings cinématographique qui après 10 seconde de totale immobilité nous dévoilaient progressivement le nom du vaincu.
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