
Parution
fév. 2008


© Bamboo - 2008

Note
5/6

Scénario
5/6
Dessin
6/6

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Série
en cours en France
1
album(s) paru(s) en France
Collection Grand angle |
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Les mots de la nuit Borderline, t.1

Un écrivain en panne d'inspiration se met à écrire durant son sommeil un roman génial, qui trouve un énigmatique écho dans la réalité... Mise en bouche d'un thriller piquant et surtout superbement illustré !
L'histoire :
Depuis son premier et unique roman il y a deux ans, publié à 3000 petits exemplaires, Fernando Villa est dans une impasse. Sa banquière et son éditeur le harcèlent de coups de fils et, en retour, il n’ose leur avouer qu’il a le syndrome de la page blanche : zéro inspiration. Chaque jour, il pense avoir déniché LA bonne idée de départ… qu’il trouve complètement naze le lendemain. Il confie régulièrement ses états d’âmes à Wanda, une jolie prostituée parquée devant son immeuble, sans jamais coucher avec elle, mais en la payant le tarif horaire correct. C’est son analyse psy à lui. Plutôt que de ruminer ses angoisses, il clope, picole et fait la fête avec des potes. Un soir, un ami de retour du chili lui fait fumer une substance nouvelle qui le plonge dans un sévère état. Il rentre chez lui sans trop savoir comment et ne se réveille qu’à 15h le lendemain, grâce au coup de fil inquiet d’un de ses amis. Il découvre alors son appartement maculé de feuilles d’écriture. Après avoir rassemblé et ordonné cette ahurissante production littéraire, il doit en convenir : c’est bien lui qui a écrit tout ça, même si ça ne ressemble en rien à son style habituel et c’est sans doute pourtant ce qu’il a écrit de mieux ! Les nuits suivantes, son inconscient se remet au travail et il découvre chaque matin le résultat, génial. Tantôt c’est sur un rouleau de PQ, tantôt carrément sur les murs de sa piaule, mais toujours sans aucun souvenir. En 3 nuits, son roman est bouclé, et c’est une bombe, promise au succès ! L’éditeur est aux anges, le bouquin est publié ! …Et un procès pour diffamation tombe aussitôt. En effet, le personnage psychopathe de sa fiction existe dans la réalité et il n’est pas content d’être ainsi calomnié ! Fernando n’y comprend plus rien. Et si son œuvre n’était pas une fiction…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Les fans de Stephen King peuvent se réjouir : ce Borderline là s’inscrit dans la même lignée (notamment Fenêtre secrète) que nombre des thèmes favoris du maître du suspens : un héros écrivain, une corrélation entre fiction et réalité, un biais fantastique encore inexpliqué… Les états d’âmes du héros, qui soliloque face à lui-même ou à Wanda, permettent l’identification et la captation immédiate du lecteur. On subit dès lors aux côtés de cet écrivain surpassé par sa création littéraire, l’aventure surréelle à laquelle il est confronté, sans en connaître pour le moment l’explication. Les prochains tomes, qui se liront à chaque fois en récits complets (c’est le concept), exploreront sans doute ce mystère… Après avoir livré en tant qu’auteur complet le one-shot Nathaniel (dans la même veine fantastique et chez le même éditeur) Alexis Robin confie cette fois le dessin de ce scénario piquant à Nathalie Berr. On avait déjà pu apprécier le talent de la dessinatrice sur les 5 tomes de la Maison-Dieu, mais on a ici l’impression qu’elle se surpasse encore. A l’aide de son crayonné élégant, personnages et décors, en plan large ou en macro plans (parfois osés !), sont peaufinés à l’extrême… et la colorisation de Christophe Lagrange s’adapte idéalement à ce style exquis. De la sacrée belle ouvrage ! A noter : le personnage de Fernando ressemble un peu beaucoup à Jean Reno (jeune)…

Les avis des terriens

Terrien pierre-francois, note : 6/6 "Borderline franchit les limites du spectaculaire" Un savant équilibre entre le scénario et le dessin donne à Borderline toute sa force ! L'histoire, elle-même, explore plusieurs univers littéraires (thriller, policier, fantastique, psychotique...) pour en tirer une œuvre unique et cohérente, carrément passionnante. En effet, on se laisse très vite embarquer avec le "héros", qui est loin d'en être un au départ, tant il transpire la médiocrité, le doute, la paresse... quasiment le raté de base. Un raté qui va se retrouver embarqué plus ou moins malgré lui dans une palpitante aventure. Plus ou moins car le personnage, à la recherche de lui-même autant que du succès littéraire, va continuer volontairement à utiliser la substance psychotrope qui lui permet d'écrire le chef-d'œuvre désespérément attendu. Un succès fulgurant s'en suivra, ainsi qu'une chute tout aussi magistrale, puisqu'il perd son procès pour atteinte à la vie privée. Mais c'est là, au plus profond du trou, que survient la rédemption. Ecoutant la petite étincelle au fond de lui (celle des héros), notre Jean Réno de papier, va aller jusqu'au bout de son aventure et résoudre son mystère... Enfin quand je dis résoudre, nous ne sommes qu'au Tome 1 ! Un chef-d'œuvre que ce Tome 1. Le dessin ainsi que la couleur mettent en valeur un texte riche et fascinant. Je parlais d'équilibre : quel meilleur moyen pour révéler une histoire complexe, que des dialogues dépouillés (mais pas allégés) et un dessin sobre mais tellement réussi ! On aime à prendre le temps de regarder les crayonnés, de savourer chaque case avant de passer la suivante et d'en apprendre un peu plus, tout en nous poussant inexorablement vers la révélation finale. On compare, voire on oppose, souvent la forme et le fond des choses, ici la forme EST le fond, tant le dessin soutient l'histoire et nous rend compte de l'état (physique, psychique, émotif) du personnage, de notre héros. Une histoire donc magnifiée par les dessins et des dessins qui méritaient une histoire aussi complexe. En bref une histoire saisissante pour une BD qui sait flirter avec les limites des genres en conservant une unité, une cohésion, afin de laisser le lecteur sur le cul à la fin de la dernière page. Un tour de force qui me fait ranger Borderline dans le haut de la catégorie !
Terrien Sylvain, note : 6/6 "Comme un film..." Borderline fait partie des dernières BD lu, et reste encore dans ma mémoire. Le point le plus marquant est le scénario, j'avais l'impression de voir un bon film. Je pouvais voir les acteurs, les lieux (du plus commun au plus sombre)... contrairement à d'autres BD de la même collection. De même que les dessins sont somptueux, on reconnait bien sur les traits de Jean Reno pour le personnage principal (aussi bien physique que psychique). Bref, un agréable moment à travers cette lecture qu'on finit très rapidement afin de connaitre le dénouement.
Terrien Carlé, note : 5/6 "Un excellent thriller!" Cela fait deux ans que Fernando Villa n'a plus publié un nouveau livre, il souffre du syndrome de la page blanche ! Et les coups de fils répétés, qui frôle le harcelement, de son éditeur et de sa banquière n'arrangent en rien la situation ! Jusqu'au jour où, après une fête avec des amis, il se réveille et trouve son appartement rempli de feuilles ! Il n'a aucun souvenir de ce qui s'est passé mais il doit se rendre à l'évidence : c'est bien lui qui a écrit ça (son écriture le prouvant !) En 3 jours et sans aucun souvenir de ce qui s'est passé, son roman est bouclé et même si ça ne ressemble pas à ce qu'il écrivait auparavant, Fernando en est satisfait (tout comme son éditeur !) Mais à peine publié et distribué en librairie, l'éditeur est attaqué en justice pour diffamation. Le héros psychopate du roman de Fernando existe réelement ! Et si son roman n'était pas vraiment une fiction ?... Le scénario d'Alexis robin est original et très bien ficelé (un thriller teinté de fantastique) et les dessins de Nathalie Berr sont magnifiques. On a l'impression d'être au cinéma et la ressemblance du héros avec Jean Reno (certes en plus jeune) renforce cette impression. Une excellente bande dessinée que je conseille à tout le monde et vivement la suite !
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