
Parution
sept. 2006


© Emmanuel Proust Editions - 2006

Note
4/6

Scénario
4/6
Dessin
4/6

|


Série
en cours en France
2
album(s) paru(s) en France
3 album(s) prévu(s) en France Collection Trilogies |
|
Le jour du cyclope Galathéa, t.2

Galathea prend conscience de son destin : contre toutes les traditions, elle doit devenir reine de son peuple. Une fantasy poétique et politique, sensible et enthousiasmante...
L'histoire :
Dans la cité des vents, les règles sont strictement patriarcales. Par exemple, seuls les hommes ont le droit de faire pousser leurs cheveux et seul un fils peut succéder au roi. En mourant, la reine a pourtant donné naissance à une fille, Galathéa, au moment même où elle s’écrasait en contrebas d’un balcon, suite à un curieux accident. En proie à une mélancolie incurable, le roi Gréal s’est enfermé dans sa volière, abandonnant l’éducation de sa fille à un serviteur. Les années ont passées, le roi est toujours aux abonnés absents et Galathéa âgée de 20 ans s’est laissée pousser une belle chevelure, défiant toutes les traditions. Le conseiller Ancilias manœuvre pour obliger son souverain à accepter de donner Galathéa en mariage à son fils Aral, et en faire le futur roi. Pour prouver son aptitude à régner, Aral doit auparavant dresser publiquement un farouche aigle blanc, Acis. Mais lors de la cérémonie, Acis éborgne Aral et obéit à Galathéa, l’emmenant avec elle dans les airs ! Entre colère et surprise, le peuple est abasourdi. Cette relation avec l’aigle sacré est sacrilège pour une femme, mais elle prouve peut-être que les choses sont en train de changer. En attendant, Galathéa est considérée comme morte : Acis n’a pu la supporter bien loin… La conteuse Katari Be retrouve pourtant la jeune femme dans une région sauvage et lui explique son destin. Pendant ce temps au sein du palais royal, une tragédie se prépare…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
A mi-chemin de la trilogie prévue, faisons un bilan. Le scénario de Galathéa présente une intrigue de « fantasy » politique, reposant sur l’abolition de traditions discriminatoires envers les femmes. D’un point de vue narratif, beaucoup de choses ont été présentées dans le premier tome : les rouages sociaux de cette civilisation, le décorum de fantasy, les manigances politiques, les desseins et destins des protagonistes. D’un point de vue graphique, Stéphanie Hans débutait dans le 9e art, imposant un spleen graphique et onirique très « féminin ». Son trait encore trop souvent hésitant, laissait entrevoir des progrès certains au fil des planches. Sur ces aspects graphiques, cette suite s’impose d’emblée comme plus mature : les visages sont plus réguliers, le sens de la mise en scène plus affirmé, la lumière plus insistante, et la poésie visuelle s’en trouve décuplée. Certes, il reste bien des détails (l’incendie du palais, un peu loupé), mais rien qui ne nuise au plaisir de lecture. Côté intrigue, Jean-Blaise Djian et Stéphanie Hans font la part belle aux cheveux dans le vent de l’héroïne, à la prise de conscience de son destin… et en contrepartie l’« action » stagne un peu. Entre l’envol de la jeune femme accroché à l’aigle, jusqu’à la dernière planche où elle se prête à un tout autre envol, deux crimes sont néanmoins perpétrés (que nous tairons pour ménager le suspens). A suivre dans un 3e et dernier volet qui verra Galathea embrasser son destin…

Les avis des terriens

Terrien Clémence, note : 5/6 "Galathéa ou la magie du conte" Depuis que Galathéa, fille du maître des volières est née, l’automne s’éternise dans la cité des vents. Pour fuir Aral, prétendant à la couronne, Galathéa s’est enfuie aidée par l’aigle sacré Acis. Cependant, l’attitude de Galathéa est considérée par beaucoup dans la cité comme un blasphème contre le dieu vent et les traditions, et tous la recherchent selon leurs intérêts, la tuer, se servir d’elle, ou bien la livrer au jugement du vent. C’est ainsi que débute le second volet du triptyque Galathéa. Entre intrigues politiques et ésotérisme, Le jour du cyclope plonge le lecteur dans un univers poétique et éthéré. Le scénario issu de la collaboration de Stéphanie Hans et Jean-Blaise Djian est truffé de références à d’anciennes traditions, telles que l’existence de conteuses. Le nom même de Katari-be, la conteuse qui protège Galathéa, signifie « conteur » en japonais et désigne une ancienne caste de conteurs traditionnels. Les scénaristes s’amusent à varier les atmosphères en mêlant dans l’album le monde réel à celui des rêves, ce qui accentue encore le côté lyrique omniprésent. Le personnage de Galathéa, au centre de toutes les préoccupations, est le parfait exemple de cette poésie, c’est un personnage énigmatique, qui évolue dans son propre monde intérieur, très nébuleux, en même temps que dans le monde réel. Le contraste est fort entre les basses préoccupations de la plupart des courtisans et le parcours de Galathéa, sans cesse à la recherche de liberté. Côté dessin et couleur, Le jour du cyclope est une véritable réussite. Le dessin délicat de Stéphanie Hans colle parfaitement à l’univers de Galathéa, comme en témoignent les magnifiques couvertures des deux premiers tomes. Les traits sont extrêmement fins et reflètent tout à fait les émotions des personnages. Les décors servent surtout à créer une atmosphère, ils sont mis en relief par des couleurs chatoyantes, un résultat obtenu par une colorisation par ordinateur. On ne peut donc qu’admirer le fruit du travail de Stéphanie Hans et Jean-Blaise Djian, un résultat agréable et divertissant qui transporte le lecteur dans un autre monde empreint de poésie et de lyrisme.
|

|