
Parution
août 2006


© Dargaud - 2006

Note
6/6

Scénario
6/6
Dessin
6/6

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Série
en cours en France
5
album(s) paru(s) en France
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La bête Marquis d'Anaon (Le), t.4

Le marquis d'Anaon accompagne une troupe de soldats en Savoie pour traquer une mystérieuse bête sauvage. Un scénario palpitant et habilement mené, un dessin subtil et précis... Un pur bonheur !
L'histoire :
Des granges éventrées, des fermes ravagés, bergers et troupeaux éviscérés… Une mystérieuse bête sauvage, d’une force colossale, fait un véritable carnage en Savoie. Les villageois décrivent la bête gigantesque, démoniaque, plus haute qu’un ours. Certains parlent même d’un loup garou. Pour remédier au fléau, le roi envoie une escouade de ses meilleurs soldats, des « dragons », lui donner la chasse. A leur tête, le capitaine Xavier Legoff est la meilleure gâchette du royaume. Mais à gibier extraordinaire, chasseurs extraordinaires : Legoff s’est entouré de son cousin germain, Jean-Baptiste Poulain, surnommé respectueusement à la cours « le marquis d’Anaon » (le marquis des « âmes en peine ») pour ses connaissances en matière de bizarreries. Or, le rayon d’action de la bête est large : la voilà déjà en Savoie, une région qui appartient à l’époque à l’Italie. Débarrassés de leurs uniformes, les soldats français poursuivent néanmoins leur objectif et traversent la frontière. Une altercation avec une troupe de contrebandiers tourne alors au vinaigre, au profit des français. Pour récupérer de cette rencontre houleuse, les dragons font halte au bord d’un lac. Soudain, des grognements et des hurlements derrière les hauts roseaux fendent la quiétude du lieu. La troupe se hâte et découvre l’un des soldats déchiqueté par la bête…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Une nouvelle fois, Fabien Vehlmann prouve sa grande maîtrise narrative : dès la première planche tout est dit et la tension est à son comble. Tout d’abord, des scènes de carnage d’une incroyable sauvagerie. Immédiatement après, des chasseurs décidés, parmi lesquels notre marquis héros, qui se remet à peine d’une dépression suite au drame qui s’est joué à bord du Providence (cf tome 3). En fait, aventure après aventure, le héros sombre dans un spleen de plus en plus profond, subtilement relié à son penchant en matière d’étrange. Tout comme Providence était inspiré de l’énigme du « Hollandais volant », cette chasse pugnace d’un animal sauvage et fantastique rappelle évidemment la traque de la bête du Gévaudan (cf. le film Le Pacte des loups). Ce mystère a en effet défrayé la chronique à peu près à la même époque, à cela près que nous sommes ici en Savoie et non au sud de l’Auvergne. La psychologie des personnages est également d’une grande justesse : a priori hors-sujet, le rôle de Jean-Baptiste dans cette chasse sanglante va progressivement s’accroître à mesure que celles de son cousin va s’amoindrir. On se laisse très facilement envahir par l’intensité crescendo de cette traque, habilement menée, qui aboutira finalement à la dépouille d’un ours géant. Au climax de l’aventure, on reste une bonne minute bouche-bée devant une large double planche dénuée de phylactère. Matthieu Bonhomme livre en effet un dessin d’une grande lisibilité et d’un équilibre parfait. Son trait fin et précis est aussi émérite pour faire évoluer des personnages aux « gueules » bien senties, que lorsqu’il s’agit d’en mettre plein la vue à l’aide de larges paysages montagneux. Une série modèle, dont la qualité ne faiblit pas d’un iota au fil des épisodes.

Les avis des terriens

Terrien arno, note : 5/6 "le marquis en Savoie" Pour cet album, Fabien Vehlmann, originaire de Chambéry, a décidé de situer l'action dans sa région natale. Pour mieux rendre l'atmosphére, les 2 compéres ont passé plusieurs mois dans les montagnes. Tout cela nous donne un album bien construit, équilibré avec un suspens et de l'action montant crescendo ; l'isolement de la Savoie et des montagnes étant bien rendu. Mais la confrontation finale est décevante, on s'attendait à pire, de la bête... A noter : contrairement à ce qui est dit dans le résumé, la Savoie n'appartenait pas à l'Italie (qui était formé d'une multitude d'états).
Terrien Sandrine, note : 5/6 "A NE PAS LOUPER" La Bête replonge le marquis dans ce qu'il sait faire de mieux : démêler des histoires pas si occultes, où la valeur et le courage font plus que les prières et les incantations. Ce 4ème opus prend la forme d'une course-poursuite, sans "jeu" de surprises, et finit de manière brusque. Mais elle tire son intérêt de ses personnages dépeints avec beaucoup de charme et de finesse, ainsi que des révélations sur la personnalité du héros, beaucoup moins sûr de lui qu'il semblerait. Le dessin de Bonhomme est toujours aussi bon et juste. Sans tomber dans le "piège franco-belge" ("rondeurs des gros-nez"), son trait est nerveux mais délié. Le coloriste n'est sans doute pas étranger à la qualité de ses dessins car il apporte une touche personnelle excellente et douce. Un scénario solide et un graphisme de toute beauté. Que dire de plus, sinon le tome 5 pour quand ?
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