
Parution
janv. 2007


© Dargaud - 2007

Note
4/6

Scénario
3/6
Dessin
5/6

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Série
en cours en France
2
album(s) paru(s) en France
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Les disparus de la ville dorée Raj, t.1

Au temps de la compagnie des Indes, un jeune agent anglais enquête sur la disparition de ressortissants britanniques. Conrad se met à la ligne claire, pour une intrigue d'espionnage encore nébuleuse...
L'histoire :
En 1831, au temps des Indes britanniques, Alexander Martin est un nouvel agent envoyé par Londres pour intégrer l’Indian Political Service. A l’époque, l’IPS est chargé d’aider la Compagnie des Indes à développer ses affaires, soit également d’empêcher la mainmise des autres puissances. Cependant les indiens commencent à se méfier des sahibs (les européens) et le temps des nababs est révolu. Idéaliste anti colonialiste, Alexander ne porte pas franchement dans on cœur les mentalités impérialistes de sa hiérarchie. Dès les premiers jours, il peine à s’intégrer parmi les autres officiers. Un journaliste, David Baltimore, sympathise néanmoins avec lui et lui explique les mœurs en usage. Quelques jours plus tard, à Bombay durant la fête des serpents, Baltimore est retrouvé inerte dans un cimetière de la ville noire, a priori piqué par un cobra. Puis il disparait totalement dans les jours qui suivent. Or, l’ICS (Indian Civil Service) met la plus mauvaise volonté du monde à le rechercher. Dès lors, l’IPS charge Alexander de mener l’enquête, en compagnie d’un autre agent, Sir Longfellow. Il leur est alors demandé de faire leur possible pour incriminer le capitaine de la concurrente compagnie portugaise…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Il n’est pas courant de voir un vétéran du 9e art remettre entièrement en question son propre style graphique. C’est pourtant ce que vient de faire Didier Conrad, avec succès, dans ce premier volet de Raj (sur deux prévus). Prenant pour décor l’Inde mystérieuse au temps du colonialisme, le trait de Conrad se rapproche de la fameuse ligne claire chère à Hergé. On retrouve cependant par moment des bribes de « style Conrad », plus débridé (ex : p.33, la dispute entre Ayesha et Pritti). Quoi qu’il en soit, l’artiste fait montre d’un sacré talent, qu’on ne lui conteste de toutes façons pas, au bout de presque 30 albums. Côté récit, il nous est donné de pester contre la corruption et les mentalités impérialistes de l’Inde sous occupation britannique. Mais le procès du colonialisme n’est pas entièrement le cœur du propos. Le scénario de Conrad et Wilbur (Madame Conrad à la ville) vise plus à développer la personnalité idéaliste d’un nouvel héros et à retrouver le suspens des aventures « à la » Tintin. Le duo d’auteurs y parviendrait presque… si l’intrigue n’était pour le moment aussi décousue. En effet, d’une part, on retrouve un peu l’écueil de Tigresse blanche, à savoir un ton sérieux d’espionnage qui ne parvient pas à se débarrasser entièrement d’une forme de légèreté « décrédibilisante ». D’autre part, l’opacité des desseins des personnages et la soudaineté des ellipses n’aident pas à comprendre pleinement la trame de cet épisode d’exposition. Attendons donc de lire le second volet du diptyque, un gentilhomme oriental…

Les avis des terriens

Terrien jerome, note : 5/6 "aventures mysteres et safran !" D'abord, il y a la couverture, le genre de couverture qu'on croirait disparue. On s'approche, on attrape le livre et on se rend compte qu'il ne s'agit pas d'une BD d'occasion sortie d'une malle du grenier, mais bien d'une nouveauté. Des couleurs chatoyantes, des personnages bien campés dans une posture de mouvement simple et discret qui laisse présager un long chemin semé d'embuches. La malle, pourtant, a bien dû servir à faire voyager le personnage principal de cette histoire, parti de son île britannique natale pour tenter de faire carrière aux Indes. Ouvrir ce livre , c'est effectivement faire un séjour au fond d'une malle mystérieuse qui regorge d'objets envoutants et secrets : la moiteur et l'ivresse des Indes coloniales posées sur papier. L'idée assez simple de départ nous renvoie à tout un pan de l'histoire britannique du XIXème siècle. Un jeune homme fraichement diplômé débarque dans un pays qu'il idéalise autant qu'il affectionne. Très vite la psychologie des personnages, militaires et indigènes, se dévoile. Histoires d'argent et de pouvoir nappées de meurtres rituels sur fonds d'Inde fantastique et autres complots. Le dessin est dans une très belle tradition de ligne claire, fluide et lisible au premier coup d'œil. Il ne résulte pourtant d'aucun plagiat mais bien d'influences maitrisées et digérées. Si vous aimez Tintin et Blake et Mortimer, cette aventure exotique devrait vous plaire ou vous envouter !
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