Le hold-up Destins, t.1
Premier volet d'une série ambitieuse en 14 tomes retraçant le destin d'Ellen Baker, ancienne criminelle reconvertie dans l'humanitaire. Sa vie instable permettra de confronter liberté et nécessité, choix et contingence. Un début convaincant.
L'histoire :
Aguas Negras, Nicaragua, octobre 1989. Un groupe de paysans, assisté par les membres d’une ONG, Witness for Peace, est attaqué par des contras (membres d’un mouvement contre-révolutionnaire armé et financé, à l’époque, par l’administration Reagan, afin de renverser le régime marxiste-léniniste d’Ortega et assurer ainsi la mainmise sur ce qui était considéré par les Américains comme une « zone d’influence naturelle »). Mais l’attaque échoue grâce à l’intervention de Greg Murray, membre charismatique de l’ONG, qui n’hésite pas à utiliser les armes pour riposter. Il se fait alors exclure de l’ONG et décide d’aller vivre au Texas, à Houston, afin de mener une vie paisible, comme pompiste dans une station service, tout en continuant à nourrir secrètement des desseins révolutionnaires. Révolté par le système capitaliste et le pouvoir républicain, Greg souhaite donner corps à ses idéaux en organisant une révolution armée. Il propose alors son projet à Jane, sa compagne, mais celle-ci refuse. C’est alors qu’Ellen Baker, une amie proche – et secrètement amoureuse – lui propose de l’accompagner dans son projet de braquage de banque. Mais le hold-up tourne au fiasco : trois personnes sont tuées, dont Greg, le révolutionnaire…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Ce tome, Le hold-up, est le premier volet (les trois premiers sortent en même temps) d’une série en 14 épisodes, prévue pour paraître entièrement sur deux ans. Chaque tome étant l’occasion d’approfondir la psychologie du personnage central, Ellen Baker, et d’observer les différents destins qui s’offrent à elle selon ses choix et les chemins empruntés. A l’image du concept utilisé pour Le Décalogue, 13 scénaristes et 13 dessinateurs doivent se succéder pour cette série, de manière à singulariser les différentes vies d’Ellen et balayer toutes les perceptions possibles, en obéissant à la règle suivante : un destin, une mise en forme originale. En bon capitaine d’équipe expérimenté, Franck Giroud, est ici assisté par le dessinateur Michel Durand, connu pour (le très bon) Durandur ou encore Cuervos. Le graphisme de Durand se révèle ici assez classique et fait penser à celui de Corentin dans Milan K. Précision et fluidité permettent au dessinateur de coller à l’ambiance des pays visités, aussi bien l’Amérique latine que les Etats-Unis. L’utilisation des plongées et contre-plongées rythme avec efficacité les scènes d’action, orchestrées tambours battant par Giroud. Fidèle à sa réputation, le scénariste offre une histoire solide, précise, avec en toile de fond la fin de la guerre froide entre américains et communistes. A l’époque, le Nicaragua est un des derniers îlots marxistes en Amérique. Malgré tout le soin apporté à la narration, les dialogues versent parfois dans un manichéisme caricatural, empêchant une adhésion complète à la destinée des personnages. Bref, on y croit qu’à moitié. Néanmoins, le problème posé par l’auteur (celui du « destin ») est intéressant : sommes-nous libres et maîtres de nos vies ou n’obéissons-nous qu’aux lois mécaniques de la nature ? La vie d’Ellen Baker nous offre au final ce fabuleux paradoxe : c’est en cherchant à échapper à son destin que l’on y succombe, de manière tragique parfois. Le second tome devrait nous donner un début de réponse…
Les avis des terriens Terrien hicham, note : 5/6 "Instrospection malgré nous" Après Le Décalogue, Frank Giroud lance notre imaginaire dans la visite des différentes facettes de l'existance de l'héroïne, selon si elle avait fait tel ou tel choix. La prouesse réside dans le fait de nous revoyer à notre propre vie et à nos propres choix. S'il fallait rendre la BD un peu plus SF, cela pourrait s'apparenter à "l'effet papillon". S'il fallait se dire une chose pour vous convaincre d'acquérir cet album : Dites vous qu'il n'y a jamais de bon ou mauvais choix, la seule chose à faire est de maîtriser les conséquences de ces choix.
Terrien Mickaël, note : 5/6 "Premier épisode d\'une nouvelle saga BD." On introduit l'héroïne (Ellen) jeune fille idéaliste folle amoureuse de Greg. Par amour pour ce dernier elle se compromettra dans un hold-up sanglant. Et c'est Jane l'ancienne petite amie de Greg qui finira par être accusée. Cet épisode permet de voir grandir les principaux protagonistes et se termine par le dilemne d'Ellen de se dénoncer ou non. Le scénario est plutôt bon et les dessins de michel Durand sont de qualité. Mais l'idée de changer à chaque épisode le couple scénariste-dessinateur m'inquiète et laisse présager des hauts et des bas. On verra bien. En tous cas, le premier opus est très réussi.
Terrien arnaud, note : 5/6 "un bon début" Après Quintett et le Décalologue, Frank Giroud se lance dans une nouvelle saga de 14 albums en 2 ans (!) qui verra le destin de l'héroïne Ellen Baker suivre 5 chemins différents. Tel un chef d'orchestre, il pilotera 13 scénaristes et 13 dessinateurs en se réservant le scénario du 1er et du 14e tomes. L'idée me plait beaucoup et je décide de me lancer dans l'aventure. J'ai trouvé ce premier tome encourageant avec une Ellen attachante et un scénario bien pensé qui donne évidemment l'envie d'aller plus loin. Le trait de Michel Durand est agréable, vif et j'aime assez son style très... Vatinien. Bien qu'à de rares occasions, on le sent hésitant ou maladroit dans la posture de personnages se tenant de guingois. Je chipote, mais je suis satisfait d'avoir osé me lancer dans ce qui s'annonce une bonne saga...
Terrien Benjamin, note : 4/6 "Le Michel-Ange du 9e art." Giroud nous revient pour une troisième grande fresque. Après le Décalogue et Quintett, voilà qu'il nous refait le coup de l'histoire avec un dessinateur par tome. Mais une fois n'est pas coutume, Giroud n'est ici le scénariste que du premier et du quatorzième (et dernier tome), bien qu'il supervise le reste. Dans un monde du tout, tout de suite, Giroud a appris à sortir son épingle du jeu en publiant 14 tomes en deux ans. Il est loin le temps donc d'une série aussi longue en autant de nombre d'années. Quoiqu'il en soit, cette troisième fresque est un pari risqué pour le scénariste. Il parie sur un dédoublement de l'histoire et l'explication du destin. Tôt ou tard, et par n'importe quel moyen, il doit s'accomplir. Dans ce premier tome, Ellen Baker est rattrapée par son passé, où elle a fait un braquage de banque pour un amour de jeunesse. De là commencent le dilemme et le choix du destin qu'on suivra dans les tomes suivants.
Terrien Cédric, note : 4/6 "idée géniale" Giroud a le don de nous pondre des idées prenantes et addictives. Ce tome 1 est tout d'abord très bien dessiné et malgré que le thème principal de la série (le dilemme) n'arrive qu'à la fin du tome il se passe énormément de choses et toute l'intrigue se met en place progressivement. Ce tome 1 a réussi parfaitement son objectif c'est-à-dire nous donner envie de lire la suite.