
Parution
août 2007


© Soleil - 2007

Note
4/6

Scénario
5/6
Dessin
4/6

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Série
en cours en France
7
album(s) paru(s) en France
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Par delà les montagnes Geste des chevaliers dragons (La), t.6

Doit-on tuer d'innocentes victimes du « veill », par précaution et anticipation vis à vis du danger potentiel qu'elles représentent ? Telle est la question originale et intéressante, de ce nouvel épisode indépendant...
 L'histoire de la série
Dans ce monde fantastique, lorsqu’un dragon s’installe sur un territoire, son influence maléfique s’étend sous la forme d’un voile invisible qui transforme tout être vivant en monstre hideux et écaillé. Ce phénomène, appelé le « Veill », se déclenche de manière aléatoire : il peut être immédiat ou prendre plusieurs semaines à se déclarer, selon le sujet. Seules les vierges peuvent pénétrer dans le veill sans craindre de métamorphose. Un ordre de farouches guerrières répondant à cette caractéristique indispensable a donc été créé pour lutter contre les dragons : la geste des chevaliers dragons.
L'histoire :
Il y a très longtemps, au cœur d’un épais blizzard montagnard. N’Aria et N’Elwen, deux chevaliers dragons, avancent parmi d’autres encordées, à la rencontre d’un dragon des neiges. Soudain, la bête monstrueuse surgit de la tempête et attaque la cordée. La lutte est impitoyable, qui voit N’Aria être blessée, chuter et dévaler un vallon. Plus tard, à moitié inconsciente, elle est recueillie et soignée par une tribu de nomades pacifiques, les Nauris. Elle constate alors que le veill – cette aura invisible et néfaste qui émane des dragons et altère le métabolisme de tout être vivant non-vierge alentours – a fait des ravages au sein de la tribu. Tous (sauf les jeunes vierges, bien entendu), montrent d’abominables difformités physiques… ce qui ne nuit nullement à leur bonne humeur. N’Aria met quelques jours avant de recouvrer ses forces et de reprendre les armes. Elle part alors, accompagnée d’une poignée de jeunes filles, à la recherche de ses amies et… de la bête. Elle ignore en effet quelle a été l’issue du combat. Au cours de l’expédition, les jeunes femmes essuient une attaque d’une tribu primitive. Elles sont alors secourues par le séducteur de la tribu… qui les a suivies contre toutes les recommandations. Enfin, elles découvrent la carcasse du dragon…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
C’est fou comme le temps passe. Initié par un premier one-shot en 1998, il a fallu attendre 2003 pour voir ce titre développé en série… et depuis les tomes se multiplient comme des petits pains ! Assidûment scénarisé par Ange, chaque épisode permet à un dessinateur différent de s’illustrer en livrant sa version esthétique d’un univers d’heroïc-fantasy enthousiasmant. Cette fois, c’est Laurent Sieurac qui s’y colle (Les princes d’Arclan), de manière honnête, quoique subordonnée à une trame peu propice aux circonvolutions spectaculaires. Nous y reviendrons. A chaque fois, le scénariste bicéphale « Ange » met en scène un haut-fait guerrier mené par cet ordre mythique de « chevalières » vierges. Ce sont en effet les seules à-même de combattre des dragons, sans pâtir de leur influence néfaste (le veill !). Pour la première fois pourtant, après une séquence d’intro visuellement époustouflante, la confrontation chevalier/dragon passe au second plan. A la place des habituelles chorégraphies belliqueuses, Ange nous propose une réflexion plus adulte sur la responsabilité du soldat. La controverse est ainsi posée : doit-on massacrer les victimes du veill au prétexte qu’il y ait un risque qu’elles deviennent des monstres ? Le principe de précaution doit-il passer par le massacre d’innocents ? Certes, me direz-vous, tout dépend de l’évaluation dudit risque… Cela donne un épisode bizarrement rythmé, sans réelle conclusion, mais loin d’être inintéressant.

Les avis des terriens

Terrien sébastien, note : 4/6 "le dragon meurt tôt" Par-delà les montagnes est le 6e tome de la série La geste des chevaliers dragons. Après Alberto Varanda, Philippe Briones (le seul à avoir planché sur 2 albums de la série), Sylvain Guinebaud, et Christian Paty c’est au tour de Laurent Sieurac d’intégrer, crayons et couleurs à la main, l’univers de Ange. Rappelons que dans ce monde des dragons en apparaissant provoquent, par leur aura négative, des troubles affectant l’ensemble de leur environnement, troubles qui se répandent à mesure que le dragon grandit et forcit. Les animaux comme les êtres humains sont alors atteints d’un mal appelé le Veill qui transforme les victimes d’un point de vue physique mais aussi mental puisque ce mal exacerbe les instincts les plus vils, rendant les êtres touchés fous et violents. Seules personnes sûres de ne pas être affectées par ce mal : les jeunes femmes vierges. Ainsi fût créé l’ordre des chevaliers dragons composé de jeunes femmes guerrières vierges ayant pour but de combattre les dragons mais aussi d’anéantir toutes personnes ayant été atteintes par le Veill. Lors des 3 premiers albums de la série, l’affrontement entre le dragon et les chevaliers représentait le dénouement. Ce n’est nullement le cas ici puisque le combat se déroule dès les premières pages. Au cours de ce terrible affrontement le chevalier N’aria va se retrouver isolée et blessée avant d’être recueillie puis soignée par la tribu pacifique des Nauris. N’aria s’aperçoit rapidement que l’ensemble de la communauté est gravement affectée physiquement (en dehors des femmes vierges – peu nombreuses au demeurant en raison de la grande vigueur de Kiar le séducteur de la peuplade) tout en conservant leur humanité. Prenant conscience que le Veill n’affecte personne de la même manière et peut épargner les capacités mentales de certains, elle va s’efforcer de plaider auprès de la matriarche la cause des Nauris qui, selon la triste loi des chevaliers-dragons, devrait être exterminée. Il est agréable de constater que, contrairement à ce que l’on pourrait craindre, le duo de scénaristes Ange évite l’écueil de nous resservir à chaque tome la même trame : à savoir l’histoire des courageuses jeunes chevaliers-dragons s’efforçant de transformer les dragons en simples steaks saignants. Le tome 4 avait ainsi abordé le volet politique alors que ce volume 6 cherche à souligner qu’un soldat ne doit pas perdre son côté humaniste même au combat. Ce tome s’avère ainsi agréable tant sur le plan graphique, l'épisode de l'attaque du dragon est superbe notamment, que sur celui de l’intrigue. Force est de constater que la fin de l’histoire qui laisse aux lecteurs choisir le dénouement qu’il désire n’est pas des moins originales.
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