
Parution
mai 2009


© Soleil - 2009

Note
4/6

Scénario
3/6
Dessin
5/6

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Série
terminée en France
1
album(s) paru(s) en France
1 album(s) prévu(s) en France Collection Mondes futurs |
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Live wars heroes

En 2021, un candidat de téléréalité est envoyé en Amérique centrale pour une mission militaire et humanitaire. Mais les intentions affichées cachent de sombres intérêts politiques. Un one-shot intéressant, premier album de deux valeurs montantes.
L'histoire :
Los Angeles, 2021. L'émission de téléréalité « Live War Heroes » met en scène des inconnus au cœur d'actions armées organisées par une équipe de mercenaires de la Légamax. Cette entreprise privée organise alors le show, en collaboration étroite avec les autorités de l'ONUC (Organisation des Nations Unies Corporatistes). Croyant s'engager dans une intervention à vocation humanitaire, Peter Suttgrave se porte volontaire pour une mission à hauts risques au Concaragua, petit état d'Amérique Centrale dont le gouvernement révolutionnaire n'est pas du goût des autorités américaines. Selon la Légamax, il serait le terrain d'une guerre civile et de terribles exactions envers les populations. Tandis que la télévision relaye la version officielle de cette mission « de libération », les autorités militaires recherchent Jonas, un ex-agent des services de sécurité de la Ligger Inc. Poursuivant des recherches sur la biosphère dans la jungle du Concaragua, cette société pharmaceutique a vu ses plans contrariés par l'arrivée au pouvoir des révolutionnaires. Jonas a pris la fuite après avoir saboté une action violente de sa société dans le petit pays latino américain, et son destin va se trouver lié au déroulement de Live war Heroes…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Ce premier album du duo David/Bourgier, publié une première fois en 2003, fait l'objet d'une nouvelle sortie (avec une nouvelle couverture plutôt réussie) à la faveur du succès rencontré par la série Servitude des mêmes auteurs. Une occasion pour l'éditeur de re-placer cette « nouveauté », et de tirer quelque bénéfice d'un album passé plutôt inaperçu à l'époque. Il faut pourtant reconnaitre qu'il était déjà très abouti, sur le plan visuel en tous cas. Eric Bourgier a déjà en main le style et les couleurs très reconnaissables qui font une partie du succès de Servitude (de très beaux dégradés de brun). L'univers futuriste ici décrit, démontre un nouveau pan de l'imagination de ces auteurs. Sur le plan du scénario, cet album est construit autour d'une série de flashbacks qui permettent de montrer comment les destins des différents personnages sont liés. Il demande toutefois une très grande attention au lecteur, avec ses nombreux allers-retours dans la chronologie des évènements, en particulier lorsque les dates et heures indiquées pour un changement d'époque sont erronées (comme en page 37, où l’action se déroule le 18 septembre et non le 15, sans quoi on n'y comprend plus rien du tout…). Reconnaissons que pour un premier album, chacun des deux auteurs démontrait un vrai potentiel. Sur une idée de base pas follement originale, ce one-shot futuriste est malgré tout convaincant, avec quelques scènes d'action plutôt violentes qui décoiffent, et un univers cohérent et crédible.

Les avis des terriens

Terrien Thomas, note : 4/6 "En direct sur War Tv" Lorsque une série rencontre son lectorat il est peut être temps de ressortir les vieux dossiers. C’est ce que semble s’être dit Soleil, qui après le succès de Servitude décide de surfer sur son succès avec la réédition (pour ceux qui l’aurait raté) de la première création du duo (Fabrice David, Eric Bourgier) sorti en 2003, Live war heroes. Après les truculentes affaires de piscine, la survie façon Robinson Crusoé, la télé réalité des années 2020 a bien évolué et voici que la première chaine du moment nous offre de ne suivre rien de moins qu’une guerre. Plus qu’une guerre, alors que l’équivalent de l’ONU ne semble pouvoir agir, l’émission se propose d’envoyer un groupe de mercenaires hyper entrainés pour une mission humanitaire dont le héros n’est d’autre qu’un membre du public tiré au hasard, Peter Suttgrave. Cependant à l’image de sa fiancé, le lecteur que nous sommes apprend que le petit écran n’est pas toujours synonyme de vérité et reste un excellent moyen de propagande (si je vous jure que c’est une vraie découverte). Si la dénonciation du poids des médias n’est pas une nouveauté, le scénario repose sur un univers suffisamment élaboré pour que l’on se laisse tranquillement bercer par l’histoire, oscillant entre un Running man au pays de Rambo et une enquête ambiance Ennemis d’état. De plus, de nombreux flashbacks viennent progressivement étoffer voire compliquer l’histoire. On redécouvre ici l’intérêt de Fabrice David pour les intrigues politiques et les rapports de forces qu’il peaufinera dans Servitude (particulièrement dans le second tome). Malheureusement, on retrouve dans cet album les défauts d’un premier titre dans lequel le scénariste, par peur de mal faire, a voulu trop en mettre, multipliant les intrigues et les personnages. Aussi, alors que l’on se réjouissait du format one-shot, ce dernier semble ici connaître ses limites. On regrettera que l’éditeur n’ait offert la possibilité d’une histoire en deux tomes à ce jeune duo débutant de l’époque, tant la profondeur de l’histoire et des personnages semblaient pouvoir nous offrir une trame plus élaborée et une plongée plus en profondeur dans cet univers (de nombreux personnages auraient ainsi mérité d’être approfondis). De même, la fin, bien que crédible, risque de laisser le lecteur sur sa faim. Coté dessin, rien à redire, là aussi, Eric Bourgier n’offre pas encore les magnifiques fresques de Servitude, particulièrement dans les détails et les finitions mais surtout dans la coloration, mais le coup de crayon et déjà précis et affuté même s’il est parfois difficile de reconnaitre les différents personnages. Nous noterons d’ailleurs une certaine ressemblance entre le chevalier Kiriel de Servitude et le barbouze de Life War Heroes (un glorieux descendant certainement). En tout état de cause, même si cet album garde en lui les premiers errements d’une première collaboration pour le duo, il porte aussi les germes de la réussite. On remerciera l’éditeur de nous offrir cet album pour perdurer le plaisir par un one shot qui bien que différent et un peu moins aboutit reste très plaisant. A l’image du scénario, nous nous retrouvons véritable spectateurs de l’histoire, observant les personnages se débattre mais sans jamais aller en profondeur et l’on tournera la dernière page tout comme nous couperions notre télé, amusé mais restant tout de même sur notre faim. Aussi si vous avez apprécié Servitude, n’hésitez pas à prolonger le plaisir.
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