Neptune Long John Silver, t.2
Le Capitaine tente de piéger Long John Silver pour le pendre, car il sait que ce dernier fomente une mutinerie. Un superbe récit d'aventures qui retranscrit à merveille l'univers tortueux de la piraterie...
L'histoire :
Elsie, la domestique de Lady Vivian Hastings, trouve une lettre prouvant que la Lady a bel et bien fait un pacte de sang avec un groupe de flibustiers dirigé par Long John Silver. Ce dernier devait éliminer son beau-frère, le Capitaine Edward Hastings, et prenne le contrôle du navire une fois arrivé à Guyanacapac. Elle s'apprête à présent à tout raconter au Capitaine. Mais Long John envoie des hommes pour la faire taire : l'un d'eux provoque une avalanche de barriques sous laquelle Elsie meurt écrasée. Les hommes récupèrent le contrat de chasse-partie et le remettent à Long John. Le Capitaine Hastings, qui se méfie de Long John et de ses agissements depuis le début, se doute que la mort de la domestique n'est pas accidentelle. Il décide de faire porter le chapeau à Jack O'kief, le plus jeune des matelots et le petit protégé de Long John. C'était en effet à Jack que revenait la tâche de ficeler les barriques… Désigné comme responsable par le Capitaine, il est emmené sur le pont pour être fouetté jusqu'à avouer son erreur. Mais Jack refuse de se reconnaître coupable. Le Capitaine ordonne alors qu'on continue à fouetter le jeune garçon, espérant que Long John craque et avoue qu'il est le vrai responsable. Mais les deux hommes restent et Jack finit par perdre connaissance sous les coups des fouets...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Pour ce deuxième tome, Mathieu Lauffray et Xavier Dorison retranscrivent parfaitement les conditions de vie rudes et difficiles d’un équipage embarqué pour un long voyage. Le héros, Long John, profite de la mauvaise humeur des matelots et utilise ses capacités de beau parleur pour convaincre du profit qu’il est possible de tirer d’une mutinerie. Le Capitaine, lui, aide inconsciemment Long John à convaincre tout le monde en s'acharnant sur Jack, le plus jeune des matelots, que tout le monde apprécie. Bref, l'univers vérolé et torturé de la piraterie est très crédible et on en retrouve tous les ingrédients : alcool, trahison, coup bas, meurtres, règlements de compte… Dans ce contexte, le héros imaginé par Robert-Louis Stevenson est comme un poisson dans l’eau. Il amplifie le trouble et il lui est de plus en plus difficile de contenir son envie de tuer le Capitaine. Parfaitement rythmée, la narration gère subtilement ces tensions et les scènes d’action. Une aventure de haute voltige qu'on aura plaisir à retrouver dès les prochains tomes : Le labyrinthe d'Emeraude (tome 3) et Guyanacapac (tome 4)…
Les avis des terriens Terrien Thomas, note : 6/6 "Huis clos en pleine mer" Si les histoires de pirates bénéficient d’un regain de popularité suite à une récente trilogie cinématographique et son pirate/rocker/déjanté, son univers n’a jamais cessé de faire rêver aux travers de nombreux récits, dont le plus connu restera sans doute L’île au trésor de Stevenson. C’est ainsi que Dorison et Lauffray présentent un véritable hommage à ce dernier, qui sans en être la suite (comme le rappellent les auteurs) reste un excellent moyen de prolonger notre plaisir. Car en effet le plaisir est ici le maitre mot de ce second tome, ne serait-ce que par le biais de cette première double page de Lauffray, tout simplement magnifique, qui, à l’image d’un travelling cinématographique, nous plonge dés les premiers instants à bord de ce navire voguant vers l’inconnu. Car si le premier tome de la série nous offrait une longue mais nécessaire présentation de l’intrigue, des personnages mais surtout de leurs motivations, qui pour l’argent, qui par amour (fraternel ou amoureux), qui par loyauté, le second tome nous emporte enfin en mer. Et si il l’immensité de l’océan pouvait être synonyme de liberté absolue, la promiscuité d’un navire nous offre au contraire un huis clos de premier ordre. Tout est là, du meurtre à la suspicion, en passant par la trahison. L’album tout entier semble ainsi tourné sur l’ambivalence des événements et de nos personnages qui devront tour à tour s’interroger sur leurs réelles motivations et sur les sacrifices qu’ils seront prêts à faire. Et les pirates dans tout ça me direz-vous ? C’est justement la grande force de cet album. Leur image plane sur l’album de la première à la dernière page sans jamais pour autant y apparaitre directement avant la toute fin. En effet, la piraterie se trouve elle aussi en pleine tourmente. Car au travers de cet album c’est toute la piraterie que Dorison remet en question à une époque charnière où elle ne fait pas encore partie du passé mais ne semble pas pouvoir survivre au futur. Elle n’est ainsi évoquée qu’aux travers de légendes et faits d’armes sentant la poussière et la nostalgie d’antan. Car en cette période trouble, les pirates sont obligés de se cacher pour espérer survivre, et toute volonté d’opposition directe, de loyauté et de courage semble voué à la mort, comme le démontreront les événements. Dorison aurait il décidé de nous présenter une piraterie moribonde et édulcorée? Il n’en est rien, car elle rode, se gorgeant des moindres humiliations et autres brimades, insinuant son aura sur le navire pour enfin éclater dans toute sa splendeur au grand jour dans les dernières pages de l’album. Un véritable plaisir, tant le crayon s’allie ici à la plume l’album s’assombrissant au fil des pages renforçant l’impression de propagation du mal, pour enfin finir dans un orage sous une pluie battante. Et si le trait de Lauffray atteint parfois ses limites quant à la reconnaissance des personnages, il maitrise intégralement son sujet sur ces dernières pages et on ne pourra que rêver face aux illustrations faites précédemment lors de l’évocation de la piraterie d’antan. On découvre ainsi une cohérence pratiquement totale sur cet album qui lui vaut selon nous la note maximale. Ainsi, si le premier tome nous avait présenté une piraterie en cale sèche avec dans les dernières pages les promesses d’un long voyage. Le second, lui, nous emmène sur mer pour enfin nous offrir sur la fin les premiers actes de piraterie. Autant dire que l’on attend le troisième tome Le labyrinthe d’Emeraude avec impatience…
Terrien Marc, note : 6/6 "Un vrai trésor..." Petit clin d'oeil à l'histoire originale (L'île au Trésor de Robert Louis Stevenson) dans le titre de ce commentaire. En effet John Silver, personnage emblématique de ce roman, révient à la charge sous les magistraux coups de crayon de Mathieu Lauffray. Si le premier tome posait les bases d'un scénario solide et aventureux, ce deuxième tome dépasse toutes les espérances. En plus du fond de piraterie "classique", une suite de rebondissements mieux imaginés les uns que les autres entraînent le lecteur. Immédiatement et irrémédiablement dans cet univers. On s'y croit et c'est le pied ! Pour tout amateur du genre, cette série est un must. Pour ceux qui ne goûtent que modéremment ce genre de littérature, l'effort vaut vraiment la peine ! En conclusion, pour convaincre ceux qui restent à convraincre, cette série est prévue en 4 tomes, donc la moitié du chemin est fait et ce ne sera pas un scénario à tiroirs pouvant aller jusqu'à 15 tomes selon les ventes...
Terrien Thierry, note : 6/6 "Hissez les voiles." Le tome 1 de Long John Silver m’avait laissé un petit arrière-goût de trop peu. Parler d’une histoire de pirates sans avoir pris la mer, j’étais un peu frustré. Mais comme ce tome 2 hisse haut le pavillon, point de reproche à émettre sur cet excellent album. La pochette qui est digne de figurer au palmarès de la plus belle couverture de l’année, annonce la tempête : ça va tanguer moussaillon, la révolte gronde et la tête de mort est prête à surgir de sa cachette. Mais attention, vous n’aurez pas affaire à un pirate d’opérette, le sabre à la main et une rose en bouche. Non, ici, notre Long John n’est point homme à rigoler avec les principes de la piraterie, il est comme cet album, sans concession. Un personnage très charismatique, ce Silver, tout comme Lady Hastings. C’est d’ailleurs une force du récit : ses personnages haut en couleur. Puisqu’on parle de couleurs, elles sont admirables, autant que la mise en scène et la découpe. Sur le tome 1, je trouvais qu’il y avait une variabilité pour un même personnage. Dans ce tome, je l’ai nettement moins remarqué. Bref, appareillez sans tarder sur le Neptune, c’est un voyage à ne pas rater.
Terrien Martinez, note : 6/6 "La bd de l\'année!" Que dire d'autre sur cet album alors qu'il suffit de l'ouvrir et de se laisser porter par les vagues dans une histoire reprenant le mythe de la mystérieuse cité d'or. Le dessin de M.Lauffray est splendide, il confirme ce qu'il avait déjà pu réaliser pour le tome 1. Quand au scénario de Dorrison il est trés bien mené et revivre le personnage de Stevenson d'une manière très ''efficace". Cette BD est donc à lire et à relire !
Terrien David, note : 5/6 "Les aventuriers pris dans la tempête." L'hommage à l'oeuvre de Robert Louis Stevenson se poursuit. Le graphisme et le scénario de ce second tome sont toujours aussi réussis. Il y a de très belles scènes de combats dans la tempête. C'est un album qui se déroule durant la traversée de l'océan atlantique. Bonne lecture aux fans d'aventures de piraterie.
Terrien gilles, note : 5/6 "La Grande Traversée" Après nous avoir gratifié d'un premier tome très prometteur, le duo de choc Xavier Dorison/Mathieu Lauffray, déjà auteurs de la série envoûtante et fantastique Prophet, prennent le large avec ce second opus, naturellement intitulé Neptune, du nom du gréement dans lequel ils nous embarquent. Autant le premier tome était foisonnant et complexe dans la mise en place de l'histoire, tel un générique élaboré, une présentation exhaustive des protagonistes gravitant autour de l'intrigue... Autant celui-là, le second tome, est plus resserré, focalisant l'histoire sur la traversée. Tous les personnages sont maintenant en place, le rideau peut s'ouvrir et la pièce peut commencer. Scénaristiquement, Xavier Dorison construit donc son récit comme une pièce de théâtre. Après nous avoir présenté les acteurs et les enjeux dramaturgiques, il développe le premier acte en les réunissant tous à bord d'un navire, le Neptune, qui sera le seul et unique lieu d'action de ce second tome. Certes, ce premier acte est nettement moins palpitant que le prologue alléchant qu'il nous avait conté mais cela lui permet de recentrer l'action sur le personnage clé et principal de la série, auquel elle doit son titre, Long John Silver. On le découvre ici, au cours de la traversée, prenant corps, se dévoilant par petits bouts, des éléments du passé ressurgissant et sculptant sa personnalité. Plus qu'un bloc taillé dans un seul et même bois, celui de sa jambe, Long John Silver montre ici d'un côté sa cruauté malsaine héritée de son passif de pirate sanguinaire et de l'autre, son amitié indéfectible propre aux frères de la côte. Ainsi que toute une gamme de sentiments entre les deux. Dans un genre un peu oubliée, l'histoire de pirates (si l'on excepte l'hommage humoristique de la très bonne série Ratafia), Long John Silver fait remonter à la surface tout un pan du genre cinématographique, qui des Révoltés du Bounty au récent Pirates des Caraïbes, nous a toujours fait voyager vers les mers lointaines. Outre le scénario, c'est avec le dessin et la couleur que Mathieu Lauffray parvient à nous embarquer à bord du Neptune. La plus belle réussite de cet album tient, en effet, à la "palette" graphique et de colorisation qu'il maîtrise pour nous immerger dans ce milieu marin : les nuits étoilées, la mer d'encre, les flots agités, le grain de la pluie, la violence des tempêtes... ainsi que toute la partie physique du navire en lui-même, des boiseries de la cale à la dunette, en passant par le pont. Cependant, malgré toutes ses qualités picturales, ce deuxième tome est plus convenu au niveau du scénario, moins surprenant, plus attendu, plus classique de par ses évènements, trahison, meurtre, abus d'autorité et mutinerie... Tout un florilège de coups de théâtre pouvant survenir dans un espace aussi réduit, en pleine mer et au beau milieu d'une galerie de personnages aussi malhonnêtes, cupides et violents. Mais si l'on se réfère au projet dans sa globalité, on attend avec impatience la suite de l'histoire et sa résolution au bout des quatre tomes. A savoir l'arrivée du Neptune en Amérique du Sud, la traversée du continent et de ses méandres amazoniaques et la découverte des vestiges et des promesses de la cité d'or maya : Guayanacapac, ou l'Eldorado. Alors attendons la suite et faisons confiance à la plume de Xavier Dorison et au pinceau de Mathieu Lauffray pour poursuivre cette aventure en mer sans mettre pied à terre.
Terrien Sébastien, note : 5/6 "Changement de Cap" Réaliser le second tome d’une série doit être un exercice difficile. D’autant plus difficile que le premier constitue une vraie réussite. Aussi, faut-il d’emblée reconnaître qu’à cet exercice périlleux, le duo Dorison/Lauffray s’en sort haut la main. Il s’en sort d’autant mieux que ce second opus ne joue pas dans le même registre que son prédécesseur. Tandis que le premier présentait une riche palette de personnages imbriqués les uns aux autres au sein d’une intrigue tortueuse, cette suite propose un voyage au long court, tout en ambiance, au gré des courants torturés de l’océan atlantique. Le propos y est plus lent, l’atmosphère plus pesante et l'action plus sanglante. Le choix des titres illustre d’ailleurs parfaitement cette intention chez les auteurs. Pour le premier opus, on avait le nom d’une femme (l’héroïne du tome 1) précédé du titre « Lady » qui évoque d’emblée la haute société britannique ; pour le second, on retrouve le nom d’un navire (le vrai héros du tome 2) rappelant naturellement celui du puissant dieu des océans. La force de ce changement de ton est qu’on poursuit l’histoire sans vraiment pouvoir comparer les deux récits. Au fil des pages, on navigue, certes, aux bras des mêmes personnages mais au sein d’un univers diamétralement différent. Cela accroit la richesse du récit et on en redemande. Ne serait-ce que pour cela, il faut reconnaître aux auteurs un vrai sens de la construction narrative.