Ruptures Orbital, t.2
Sur une lune hostile, les diplomates Caleb et Mezoke tentent de désamorcer un conflit entre humains et javlödes. Conclusion du premier diptyque : une grande série de SF est née, truffée de qualités !
L'histoire :
Pour leur première mission, Caleb et Mezoke, recrues fraîchement acceptées au sein du prestigieux ODI (Office Diplomatique Intermondial), n’ont pas la tâche facile. Ils doivent désamorcer un début de conflit entre deux peuples, qui pourrait rapidement dégénérer en guerre interplanétaire. En effet, les Javlödes veulent récupérer leur lune Senestam, exploitée illégalement pour ses ressources minérales (le précieux trélium !) par une colonie d’humains. Or, les humains et leurs prédispositions agressives n’ont pas franchement bonne presse dans le cosmos… Les Javlödes, peuple habituellement pacifique, s’est assuré le soutien militaire de nombreuses autres races, que l’intervention armée démange. Sur Senestam et Upsall, Caleb et Mezoke constatent que chacune des deux parties est arc-boutée sur ses positions. Les négociations avec les humains sont en outre perturbées par de violentes attaques de Stilvulls, des bestioles abominablement destructrices. Elles dévalent parfois par milliers ! Et sous une pluie diluvienne et continue, il n’est pas toujours évident de mener le combat. Grace à leur entraînement, Caleb et Mezoke parviennent toutefois à sauver la colonie. Ils établissent de fait un climat de confiance avec certains colons. Mais les plus extrémistes d’entre eux cherchent visiblement la guerre, afin de servir l’idéal isolationniste. En orbite autour d’Upsall, le vaisseau métamorphe Angus, piloté par l‘énigmatique Nina va alors s’avérer un formidable atout…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Si la science-fiction est largement représentée au sein du 9e art, rarement le genre a été orchestré avec autant de brio que sur Orbital. La série ne compte que 2 tomes mais s’inscrit déjà parmi les meilleures épopées galactiques. Au scénario, Sylvain Runberg accomplit la performance de combiner de manière harmonieuse de savoureux ingrédients. Primo, il projette à l’échelle de l’univers des rapports politiques ciselés et passionnants, presque réalistes au regard des ressorts expansionnistes ou indépendantistes terriens actuels. Secundo, le décorum est franchement fascinant : trouvailles futuristes géniales (portes stellaires, vaisseau métamorphe…), bestiaire extraterrestre démesuré, larges horizons et espaces infinis… Tertio, l’action en flux tendu n’empêche nullement de véhiculer de belles valeurs humanistes. Paradoxalement, le genre humain est pourtant le vilain petit canard de l’histoire, et ce paramètre pimente encore un peu plus l’intrigue. Cependant, la réussite est totale grâce au superbe dessin de Serge Pellé, qui accorde la dimension idoine à l’ensemble. Non seulement l’univers mis en relief est fascinant, lisible, cohérent, mais il se déguste également par le biais de moult détails qui reflètent un très joli boulot ! Ses planches rivalisent toutes de beauté entre elles, sans la moindre baisse de régime. Quelques cases sont époustouflantes (au bas mot), quelques astuces visuelles inhérentes au grand art séquentiel (les yeux de Mezoke dans les bulles). Un ravissement ! Au terme de ce second volet, notre duo de héros s’est affranchi d’une première mission en diptyque. Nous avons d’ores et déjà pris rendez-vous avec le tome 3, Nomades, annoncé pour le printemps 2008…
Les avis des terriens Terrien Laurent, note : 5/6 "Mise sur orbite réussie" Au cours du premier volet du dyptique, les agents Caleb et Mézoké avait fort à faire pour donner crédit à leur couple original et paradoxal, l'espèce humaine ayant commis un véritable génocide sur les Sandjarrs. Et fort logiquement, les rapports entre les deux agents de l'ODI, qui ne pouvaient être qu'esquissés dans la première partie (Cicatrices), se placent définitivement au centre de cette nouvelle saga de science fiction. Car à leur opposition "historique" semble correspondre une vraie complémentarité dans le domaine diplomatique. Et, étrangement, leur séparation physique nécessaire à la conduite de négociations dans ce deuxième opus, fait prendre conscience que leur collaboration dépassera le cadre professionnel. Au gigantisme de l'univers et aux atrocités perpétrées en son sein répond la naissance d'une union improbable, mais ô combien touchante entre deux représentants d'espèces meurtries. S'ajoute à cela que Mézoké étant sexuellement indéterminée, la connotation sexuelle n'en est que plus présente et ouvrira de jolies possibilités aux deux auteurs de travailler les aspects équivoques de cette relation. Et le tour est joué... Bref, c'est bien d'humanité dont il sera question dans ce nouveau space-opera. Et si le monde imaginé par les auteurs et les créatures le peuplant se révèlent aussi cohérents qu'il en ont l'air, alors cette série est certainement promise à un grand succès !
Terrien Olivier, note : 5/6 "La suite!!!!" Autant je trouvais le 1er tome lent... autant finalement ce 2ème tome m'a vraiment séduit. Tout s'accélère et l'action reprend ses droits avec une ouverture politique... On attend la suite avec impatience.
Terrien David, note : 5/6 "Une suite à la hauteur de toute espérance" Pour leur première mission, nos héros ont débarqué sur un astéroïde minier. Objectif : trouver une solution diplomatique pour les deux peuples qui en revendiquent la tutelle. Ce deuxième tome vous plonge au cœur d'un scénario admirablement ficellé. Vivement la suite !
Terrien Laurent, note : 4/6 "La naissance de deux héros" Le diptyque Orbital, non content de nous offrir une histoire complète en deux tomes (mais c'est un autre débat), réussit son pari. En une seule histoire, les auteurs réussissent à imposer à la fois un univers de SF noir, déliquescent, mais extrêmement consistant, une touche graphique, et deux héros singulièrement attachants. Agréablement servi par un graphisme prometteur, le scénario d'Orbital est loin d'être simpliste, sans sombrer dans une complexité qui l'aurait torpillé. A n'en pas douter, on retrouvera avec plaisir la suite des aventures des agents Caleb et Mézoké.