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Chroniques de Magon (Les), t.1 Les Enfants de la cyberchair
 
© Delcourt - 2003
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Interview
Jarry, Lapeyre et Brants |



Jeunes auteurs à l'origine des Chroniques de
Magon, Nicolas Jarry (au scénario), Guillaume Lapeyre (au
dessin) et Elsa Brants (aux couleurs) ont accepté de nous éclairer
sur la genèse de leur oeuvre...
(Interview réalisée le
20 sept. 2003)
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 Bonjour ! Comme vous commencez tout juste sortir
des BD, on voulait s'attacher à la genèse de votre trio
et sur sa première réalisation : Les Chroniques de
Magon. Pour entrer dans le vif du sujet, Quel est le parcours
méandreux qui vous a amené à être scénariste
ou dessinateurs de BD ?

Nicolas Jarry : A la base, je suis écrivain. J'ai
édité des romans aux Editions Mnémos. J'ai un
copain qui voulait faire de la BD et petit à petit, j'ai rencontré
Jean Luc Istin, Christophe Arleston. C'est d'ailleurs ce dernier qui
voulait éditer une petite histoire 'Guillaume et Elsa' dans
le Lanfeust Mag. Ca a été le point de départ
pour une grande histoire chez Soleil (Les brumes d'Asceltis). Le projet
des chroniques de Magon n'a pas été accepté
chez eux, par contre, mais chez Delcourt, ils ont tout de suite été
ok. Le projet n'était pas assez lumineux pour Soleil, et puis
on était un peu en dehors de leur cible. En fait, on a fait
deux versions des Chroniques de Magon. La première,
on l'a arrêtée au bout de 23 pages. Puis, on a tout refait.
Le deuxième résultat a été tout de suite
accepté par Delcourt. Le contrat a été signé
en 3-4 jours !
Guillaume Lapeyre : Moi, je dessine depuis tout petit. J'ai
eu un petit passage à vide pendant quelques années,
et puis Elsa Brants, ma compagne, qui faisait déjà de
la couleur, m'a rebranché sur le dessin. Elle m'a redonné
goût à la BD, et je me suis dis que c'était ce
qu'il fallait que je fasse. C'était en 1998. On a écume
ensemble les festivals de la région pour prendre des avis d'auteurs.
Après un rendez vous au Gotferdam Studio avec Christophe Arleston,
ce dernier nous a mis en contact avec plusieurs scénariste.
Ce que nous a proposé Nicolas Jarry nous a tout de suite plu.
On a fait une petite apparition Elsa et moi dans les Contes du
Korrigan, tome 2, paru chez Soleil, avec Ronan Lebreton au scénario.
Et puis maintenant, les Chroniques de Magon.
Elsa Brandts : Moi depuis l'âge de 12 ans, je ne voulais
faire que de la bande dessinée, c'était une obsession.
J'ai fait une histoire de 900 planches, pour m'amuser, à moitié
manga, à moitié Gotlib. Je faisais ça pendant
mes week-ends, mes vacances. Je dessinais, je faisais mes couleurs.
Après cette BD, j'ai créé une association de
BD avec 4 personnes. Au fur et à mesure, d'autres auteurs nous
ont retrouvés, dont Guillaume. Comme il avait beaucoup de talents
en dessin, je me suis associé à lui pour lui faire ses
couleurs. Ca fonctionne bien comme ça : j'ai beaucoup de choses
à dire sur ses dessins. En couleur, j'ai juste fait Les
brumes d'Asceltis, Les chroniques de Magon et un conte de l'album
Les contes du Korrigan, tome 2. Aujourd'hui, on travaille sur
Les fées de Broceliandes, un album autour des légendes
liées à la forêt de Broceliande. C'est très
gentil, très joli, moi j'adore ! Ce sera tout public, contrairement
aux Chroniques du Magon qui n'est pas à mettre dans
des mains trop jeunes.
Comment naît l'idée d'un
scénario de BD dans une tête de bédien-scénariste
?

Jarry : Par exemple pour les Chroniques de Magon, je connaissais
les penchants de Guillaume. Plutôt SF, un petit peu manga, et
un petit peu sombre. J'ai eu l'image d'une masse de chair qui enfantait
une bestiole dans une cave. A partir de là, je me suis posé
les questions pourquoi, comment, et je suis arrivé pièce
par pièce, comme un puzzle, à construire l'ensemble.
Mais chaque BD est différente. Parfois, j'ai une envie plus
globale de la chose et je vais vers le détail. Là je
suis parti d'un détail, et j'ai construit le tout.
Une fois l'idée née, comment
la développez-vous ? Brainstorming ? Sous quelles formes ?
(story board, résumé, dialogues, fiches personnages
)

Jarry : Je griffonne sur un calepin d'une centaine de pages, je
laisse reposer, puis je tape tout à l'ordinateur. Pour les
Chroniques de Magon, Guillaume à récupéré
un espèce d'amas entre roman et découpage BD. Beaucoup
de boulot pour lui. Le fait d'avoir déjà écrit
des romans m'aide bien, car ça m'a appris à structurer
mon histoire. Mais 46 planches, ce n'est pas pareil qu'un roman de
500 pages. Il faut réduire !
Est-ce que le scénario est revu
par le dessinateur, et vice et versa ? Avez-vous votre mot à
dire sur le travail de l'autre ?

Lapeyre : Nicolas m'a donné d'emblée ce que j'attendais
d'une BD. Il n'y avait rien à changer. J'espère que
ça va durer !
Jarry : Mais indirectement, il m'a influencer par son dessin
car c'est à partir de là que j'ai écrit le scénario.
Quelles sont vos sources d'inspiration
?

Jarry : Tout et rien. Blade runner évidemment, mais
aussi Transperceneige, une BD qui se passe dans la glace. On
ne peut pas trouver plus morbide ! Mais pleins d'autres choses également.
Au bout d'un moment, c'est difficile de savoir quoi influence quoi.
Mais je me pose pas de questions quand j'écris. Tant que ça
colle à mon monde, je me pose pas la question.
Lapeyre : Je suis une grosse éponge. Tout ce que je
trouve beau, j'essaie de l'intégrer dans mon dessin. Je suis
de la génération Club Dorothée. J'ai été
nourri au manga. Y'a du Akira dans mon dessin. C'est quand
même Dragon Ball qui m'a donné envie de faire
du dessin. Personnellement, je suis à fond manga. Il y a des
bonnes choses et des mauvaises choses, dan le manga. Exactement comme
pour la BD franco-belges.
Comment travaille t-on l'univers graphique
d'une BD ? Faites vous beaucoup d'essai avant de trouver le bon univers
?

Lapeyre : Dans mon cas, c'est par tâtonnement. On fait des
études, on réfléchit. Je soumets à nicolas.
Pour la " relique " des Chroniques du Magon, on est
passé du monstre en décomposition au robot avec pistons
apparents, pour finir par la définitive, ou on ne voit rien
de cybernétique. Nicolas m'aide également. Il me dit
qu'il faut que ce soit grandiose au niveau de l'architecture. Mon
boulot consiste à pourrir la vision de Nicolas. Quelle réjouissance
de pourrir quelque chose d'aussi beau ! Ce n'est pas onirique, poétique
et dramatique.
Et Elsa, comment parvenez-vous à
des couleurs si fines ?

Brants : Pour la première version, j'ai utilisé
Photoshop. J'étais très limité par les possibilités
du logiciel, et j'ai choisi finalement Painter, beaucoup plus intuitif,
qui réagit comme si on utilisait un vrai pinceau. Tout est
entièrement fait à l'ordinateur. Mais c'est quand même
moi qui travaille, attention ! Pour notre projet Les fées
de Brocéliande, j'ai encore utilisé un procédé
différemment. J'ai effacé les traits de crayon du décor,
façon peinture, et les personnages sont en aplat à la
Myasaski. Je mets environ 2 à 4 jours par planches.
Lapeyre : Moi je mets un jour et demi par planche. Je n'aime
pas passer plus de temps sur une seule planche, sauf quand il y a
beaucoup de détails à dessiner. Je suis du genre à
préparer beaucoup les story-boards de la mise en scène,
mais après, ça va assez vite.
Parlez nous de vos personnages Asmo et
Giss, dans les Chroniques de Magon.

Lapeyre : Asmo plait aux filles.
Brants : Il est très mignon !
Lapeyre : Le coté ado et gentil vauriens de Asmo peut
effectivement plaire aux femmes. Un peu comme Harrison Ford dans la
Guerre des étoiles. C'est toujours les " bad guy
" qu'on préfère aux héros. Pour moi, c'est
juste un petit con qui se la pèteJ, qui arrive badaboum c'est
moi.
Brants : Par rapport à Giss qui est posé et particulièrement
mature, ça fait un couple équilibré.
Lapeyre : Giss c'est un pauvre gars à la place de qui je n'aurais
pas aimé être. Trahi par sa copine, le pauvre. Et ça
va continuer !
Que représente un personnage BD
pour ses auteurs ?

Brants : Ça fait partie de moi, même si je ne le
dessine pas. C'est mon enfant, j'ai passé du temps dessus.
J'ai une grande relation avec eux.
Lapeyre : Pour moi, c'est un moyen d'exprimer des choses comme
je les ressens à partir du scénario. Il y a peut-être
une part de ce que j'aimerai être. Un petit con, avec un peu
plus d'assurance J. Petit, j'étais plutôt réservé
et timide, lui est exubérant.
A quoi faut-il s'attendre pour la suite
des Chroniques de Magon ?

Lapeyre : Les Chroniques de Magon couvriront a priori 5
tomes. On quittera le centre de la ville de Magon dès le second
tome. Ensuite on partira carrément de la ville. On pourra notamment
s'apercevoir que la guerre sévit aux portes de la ville.
Une petite anecdote sur le travail réalisé
sur cette BD ?

Lapeyre : Une anecdote cocasse qui fera rire tout le monde sauf
moi. J'ai fait 32 projets de couverture. Et au final, on a imprimé
la première
Si vous étiez des bédiens, quels seraient
les bds que vous aimeriez faire découvrir au terriens ?

Lapeyre : Akira, bien que j'hésite avec Dragon
Ball.
Brants : Du Gotlib !
Jarry : Le Rige de la Quête de l'oiseau du temps.
Si vous aviez le pouvoir cosmique de vous
téléporter dans le crâne d'un autre auteur de BD, chez qui auriez-vous
élu domicile ?

Brants : Myasaki, l'auteur notamment de Princesse Mononoké.
Lapeyre : Tous les auteurs de BD qui vendront plus que moi.
Donc pour l'instant, potentiellement tous :-)
Jarry : Je voudrais être Christophe Arleston, s'il vous
plait !
Nous autres bédiens, on aime la BD (évidemment). Et comme vous êtes les auteurs de la matière première qui nous nourrit, on ne peut que vous être reconnaissant. Un grand merci donc pour ce moment passé avec vous. Et à bientôt pour la suite de vos aventures !
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