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Ames d'Helios (Les), t.3 Fer écarlate
 
© Delcourt - 2005
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Interview
Roberto Ricci |



Fan de hard rock, de Gimenez et de Frank Miller, le dessinateur des Âmes d'Helios Roberto Ricci insufle une ambiance glauque idoine à la série de science-fiction scénarisée par Saimbert. Grace à son coup de crayon hors pair, le monde d'Helios est d'une putréscence à l'épreuve de tous les détergeants ! Il est italien et parlait un tout petit peu le français... Heureusement, car les bédiens ne parlent pas un mot d'italien !
(Interview réalisée le
18 sept. 2004)
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 Bonjour Roberto ! Comment ça va ? Pas trop pénible d’enchaîner les dédicaces sur le salon ? (NDLR : l'interview a été initialement enregistrée en septembre 2004 lors du festival Delcourt et actualisée depuis, en novembre 2005)

Roberto Ricci : Bien ! Un peu fatigué mais bien.
Pour faire connaissance, peux-tu nous raconter ton parcours ? Quand, comment, pourquoi as-tu commencé à faire de la BD ?

Roberto Ricci : J’ai toujours dessiné, même très petit. Mais j’aimais surtout jouer à la guitare. Je voulais être musicien. Puis j’ai eu un gros problème de santé. J’ai du laisser tomber la guitare et la musique. J’ai donc commencé vraiment à dessiner à 18, 19 ans.
Comment as-tu rencontré Saimbert ? Pourquoi toi, pourquoi lui ?

Roberto Ricci : Je l’ai rencontré par Internet. Un ami m’a laissé un message : il y a un scénariste français qui cherche un dessinateur ! Si tu veux essayer… Avant de travailler dans la BD, je travaillais pour un magazine américain (Heavy Metal), avec des histoires brèves. Mais j’étais surtout attiré par la BD. J’ai découvert ce monde via l’édition italienne de Métal Hurlant. J’ai donc essayé, avec Philippe, et ça s’est bien passé. On a fait 5, 6 mois de croquis et d’essais, puis on s’est lancé.
Comment cette idée des Ames d’hélios vous est-elle venue ?

Roberto Ricci : L’histoire est plus de Philippe, mais il y a quelques unes de mes idées dans son scénario. Et dans mon dessin, on retrouve des idées de Philippe.
Comment travaillez vous ensemble ?

Roberto Ricci : Je lui envoie les planches crayonnées, avant l’encrage et la colorisation, que je réalise. Mais il m’est difficile de séparer les différentes étapes du dessin.
Ta bio nous a appris que tu étais fan de Hard rock. Tu travailles en musique ?

Roberto Ricci : Oui, la musique est pour moi très importante. J’adore le métal, mais en général, j’aime toute les musiques… Actuellement, je suis en train de vivre un moment plus Jazz !
Changes-tu la musique en fonction de ce que tu dessines ?

Roberto Ricci : Oui, j’aime bien créer une ambiance en fonction de ce que je dessine.
Tu es influencé principalement par Gimenez ? As-tu d’autres influences ?

Roberto Ricci : Quand j’ai commencé à travailler sur Hélios, les travaux de Gimenez m’ont beaucoup aidés à créer l’univers, surtout parce que c’est ma première histoire longue. C’était difficile de commencer sans une base, donc j’ai calé des choses avec un autre dessinateur. Maintenant j’écris une histoire avec un ami… et après Hélios j’espère pouvoir commencer à travailler sur celle-ci ! Ce sera un polar « indien » ! Je n'en dis pas plus...
Pourquoi la BD ne perce t-elle pas plus en Italie ?

Roberto Ricci : J’aimerai bien travailler pour l’Italie, mais le marché du travail est vraiment désastreux. Il y a une seule grande maison d’édition, Bonnelli. Mais si tu travailles pour eux, tu dois reprendre des personnages déjà existants, en noir et blanc car ils ne font que des séries déjà existantes. Il existe des petites maisons d’éditions, où tu peux faire beaucoup de choses. Mais ils ne paient pas beaucoup. Les âmes d’Hélios ne me suffisent pas pour vivre, donc je dois faire des petits boulots d’illustration, enseigner… Et en ce moment, je supervise même diverses séries de BD.
Si tu étais un bédien, quelles seraient les BD que tu aimerais faire découvrir aux terriens ?

Roberto Ricci : J’ai eu envie de faire de la BD grâce à Ronin de Frank Miller et Arzach de Moebius ou encore Georges Pratt. Mais aujourd’hui, j’apprécie beaucoup Kent Williams et John J Muth qui a fait aussi beaucoup de choses pour les enfants. Et puis il y a des auteurs un peu plus artistiques que j’aime bien. Mais pour le dessin, c’est vraiment Georges Pratt et Kate Williams. Pour une BD entière, ce serait Ronin.
Si tu avais le pouvoir cosmique de te téléporter dans le crâne d'un autre auteur de BD, chez qui aurais-tu élu domicile ?

Roberto Ricci : Dur ! Kent Williams. Pas Moébius, car il est trop haut pour moi ! Si on essaie de faire comme lui, on fera forcement une mauvaise copie.
Merci Roberto !
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