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 Pierre qui roule
 
© Casterman - 2008
© Casterman - 2008
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Interview
Christian Lax



S’il y a des valeurs sûres aujourd’hui dans le 9e art, le vétéran Christian Lax en fait assurément partie. Après avoir débuté aux côtés de F. Giroud sur des diptyques d’Aire Libre (Az’rayen, les oubliés d’Anam), l’auteur a lancé sa série d’auteur, le Choucas, qui se poursuit aujourd’hui dans Les tribulations du Choucas. Puis, en 2005, son one-shot L’aigle sans orteil l’a révélé au grand public, en raflant un maximum de prix ! (l’histoire d’un coureur du Tour de France). Aujourd’hui, il sort Pierre qui roule, dans une nouvelle collection dédiée aux polars…
(Interview réalisée le 19 janv. 2008)


Bonjour Christian Lax, pourriez-vous rapidement vous présenter ? Comment en êtes-vous arrivé à faire de la bande dessinée ?

Lax :
Ma réponse est d'un classicisme déconcertant puisque comme tous mes petits camarades, quand j'étais môme, j'adorais dessiner et on ne m'a pas découragé, c'est ça qui est important. Après le lycée, j'ai fait les Beaux Arts à St Etienne, c'était ma région et c'était l'époque où le club de football était extraordinaire, sans violence avec une ambiance bon enfant. A la sortie des Beaux Arts, je ne me suis pas lancé directement dans la BD car les éditeurs se trouvaient soit à Paris soit en Belgique. J'ai débuté dans la publicité, en auteur freelance, mais parallèlement à ça j'avais pour objectif de faire de a BD, donc je faisais des planches dès que j'avais un peu de temps. Après, j'ai frappé à la bonne porte, mon premier titre est sorti chez Glénat car il se trouvait à Grenoble, donc pas très loin de St Etienne. J'ai fait des pages pour un magazine qui s'appelait Circus. J'ai commencé à vivre de la BD quand je suis arrivé chez Dupuis, vers 1989 ou 1990.

Tu as commencé en tant que dessinateur de Frank Giroud chez Dupuis et puis un beau jour, il y a eu le Choucas...

Lax :
Le polar est un genre qui me titillait, au niveau de l'ambiance et de l'imagerie, il y a mille choses à faire. La BD, comme le cinéma, est un excellent support pour ce type de récit. J'avais des velléités pour faire du polar mais il y a un tournant dans ma vie de dessinateur qui est Azrayen. Avant celui-ci, je suis d'un classicisme absolu avec un dessin très léché voir anonyme. J'avais en moi le désir de tout changer, peut être une maturité tardive, je me suis attelé à ce virage graphique et ce nouveau dessin qui est plus expressionniste, plus rugueux, me permettait enfin de faire du polar. Le Choucas est un enfant d'Azrayen ! D'ailleurs j'ai mis en chantier le Choucas quand j'entamais le second tome d'Azrayen, je faisais les deux en parallèle.

Pourquoi passer du Choucas à ses Tribulations du Choucas ?

Lax :
Il y eut une volonté après le sixième tome du Choucas de faire évoluer la maquette, parce que les couvertures se ressemblaient un peu. Elles ne racontaient rien, elles montraient juste en gros plan le Choucas sans dire où le contenu se passait. De fil en aiguille, on est venu à changer de format et donc de titre. Les tribulations donnent une impression plus large, plus voyage. Cela n'est absolument pas un changement de ton.

Tu sembles particulièrement apprécier le polar, en lis-tu beaucoup ?

Lax :
Je ne suis pas un dévoreur de polar, je lis beaucoup de livres en général. Ce genre est une fracture sociale, il met le doigt sur des problèmes de société. S’il n'y avait pas de problèmes de société, il n'y aurait pas de polar. Dans le Choucas, j'ai l'impression de faire ça, ce ne sont pas des intrigues fabuleuses, je ne suis pas Agatha Christie, c'est plus une ambiance.

Et puis il y eut L'aigle sans orteils...

Lax :
C'est un album important parce que d'une part, il a très bien marché, et d'autre part parce qu'il m'est cher. Je suis un cyclotouriste chevronné, je fais beaucoup de vélo. J'aime me balader, surtout en montagne. Le métier d'auteur de BD est quelque chose de sédentaire, j'ai besoin de bouger et le vélo est parfait pour ça. Depuis tout petit, je suivais le Tour de France, j'ai lu beaucoup de livres dessus. Il y a longtemps que je voulais faire quelque chose sur le vélo, donc voilà pourquoi j'ai fait L'aigle sans orteils. Je me suis documenté d'une façon quasi-journalistique, il n'y a pas de surprise à ce que cela se passe dans les Pyrénées. Je vais prochainement mettre en chantier une sorte de suite, avec le vélo en toile de fond et la course Paris-Roubaix, et de 1919 aux années 30. Cela sera publié chez Futuropolis.

Cette reconnaissance du public et de la critique, c'est quelque chose que tu pressentais avant ?

Lax :
Pas forcément… Tu le cherches toujours, bien sûr, mais si on avait à chaque fois la recette du best seller, ce serait formidable. Il y eut tout de même un petit signal, j'écris à la main et je les fais lire à ma femme qui est donc ma première lectrice. Comme elle était secrétaire, elle les retape puis me donne ses impressions et là, elle a trouvé ça fort. Quand je l'ai présenté aux responsables d'Aire Libre, ils ont tout de suite « tilté » ! Je leur ai vendu le projet en une minute dans un restaurant de Lyon. En le faisant, je ne pouvais pas mesurer l'engouement que ce titre aurait eu : une dizaine de prix. En plus, c'est réédité régulièrement, c'est très encourageant !

Depuis, il y eut Amère patrie...

Lax :
Je suis seulement scénariste sur cette série et c'est une chose vers laquelle j'ai envie de me tourner un peu plus. J'ai aussi un autre titre chez Aire Libre avec Jean-Claude Fournier qui a complètement remis en question son graphisme, à la couleur directe et à l'aquarelle. C'est une histoire qui se passe au Népal au XIXe siècle. Ses paysages de montagnes sont magnifiques et la série comprendra deux tomes.

Où en est Amère patrie ?

Lax :
Le second tome est déjà en cours, il y a aussi d'autres petits trucs dans mes tiroirs, quelques uns où je dessine. Je fonctionne à l'affectif ou à l'amitié, il est impensable pour moi de faire quelque chose avec un inconnu. Blier était un de mes étudiants et on est restés très potes. Il voulait faire de la BD mais ne savait pas trop, donc je lui ai écris une histoire.

Et sinon, où en est le « dessinateur » Lax ?

Lax :
Je viens de finir un Tribulations du Choucas, j'ai d'ailleurs le titre, ça se passera en Afrique et je n'ai rien trouvé de mieux que La brousse. C'est souvent au travers de mes voyages que me vient l'inspiration : je fais des croquis, des ébauches. Cela déclenche souvent le désir de raconter des histoires.

D'autres projets ?

Lax :
Je participe à une aventure éditoriale qui m'excite beaucoup, Casterman s'est associé avec Rivages/Noir pour faire des adaptations de leurs romans en bande dessinée. J'ai donc illustré au sein de cette collection un roman new yorkais de Donald Westlake, cela fait 86 pages et s'appelle Pierre qui roule. J'aime bien participer à ce genre d'aventures, j'ai été l'un des premiers chez Aire Libre et j'ai grandi avec eux.

Si tu étais un bédien, quelles seraient les BD que tu aurais envie de conseiller aux terriens ?

Lax :
C'est une question difficile car on va oublier plein de gens. Dans les contemporains, j'aime beaucoup le travail de Jean Philippe Stassen, c'est très personnel, très bien raconté. Il y a aussi des titres comme Silence de Gomez qui sont des monuments ou La marque jaune. Cosey aussi. J'en oublie plein.

Si tu avais le pouvoir cosmique de te téléporter dans le crâne d'un autre auteur, qui choisirais-tu ?

Lax :
Il y a quelques géants quand même. Je dirais Hergé car il s'inscrit dans l'histoire de l'art, dans le dessin comme dans l'image et ce, bien au-delà du monde de la bande dessinée. Plus proche de nous, Jean Giraud, il sait tout faire, il n'a reculé devant aucune expérience graphique, il n'a peur de rien, il est un virtuose, il est intelligent, efficace, il m'impressionne réellement.

Merci beaucoup !




© Planète BD 2008

© Planète BD 2008

© Planète BD 2008

© Planète BD 2008

© Planète BD 2008

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de Lax
- Aigle sans orteil (L') 1 tome
- Amère patrie 1 tome
- Choucas (Le) 1 tome
- Pierre qui roule 1 tome
- Tribulations du choucas (Les) 2 tomes

Jarry, Lapeyre et Brants - Chroniques de Magon (Les)
Callède et Denys - Dans la nuit
Sfar - Chat du rabbin (Le)
Olivier Mangin - Intox
Jean-David Morvan - Fleau.world
Juanjo Guarnido - Blacksad
Fabien Nury - Je suis légion
Luc Brunschwig - Esprit de Warren (L')
Bouss - Ascensions
Fabien Vehlmann - Nuit de l'inca (La)
Eric Shanower - Age de bronze (L')
Hub - Okko
Mario Alberti - Redhand
Frederik Peeters - Koma
Tarek et Lionel Chouin - Tsar fou (Le)
Roberto Ricci - Moksha
Nicolas Pona et Christophe Dubois - Cycle d'Ostruce (Le)
Christophe Bec et Paolo Mottura - Carême
Claude Guth - Trolls de Troy
Jean-Charles Kraehn - Tramp
Gérald Parel - 7 secondes
Marc Vedrines - Phenomenum
Alcante - Pandora Box
Sylvain Runberg - Orbital
Fred Duval - Travis/Karmatronics
Batist - Chaussettes trouées (Les)
Jean-Yves Delitte - Neptune (Le)
Emmanuel Michalak - Cercles d'Akamoth (Les)
Raphael Drommelschlager - Voyages de Kaël (Les)
Fred Blanchard - Tao Bang
Alice Picard - Weëna
Isabelle Dethan - Sur les terres d'Horus
Jean-Luc Cornette et Michel Constant - Centre du nowhere (Au)
Luc Jacamon - Cyclopes
Yann et Philippe Berthet - Pin-up
Olivier G. Boiscommun - Anges
Philippe Buchet - Art-of
Frank Giroud - Quintett
Denis Bajram - Universal War One
Francis Valles - Rafales
Benjamin (Zhang Bin) - Remember
Bara - Chant des Malpas (Le)
Miguel - Myrkos
Pascal Bertho - Chéri-bibi
Roger Seiter - Dark
Gabriel Delmas - Totendom
Alain Paris - Antarcidès
Nicolas Fructus - Thorinth
Wilfrid Lupano, Morgann, Jérôme Maffre - Ivresse des fantômes (L')
Philippe Ogaki - Guerriers du silence (Les)
Louis et Nicolas Mitric - Tessa, agent intergalactique
Jean-Christophe Derrien et Frédéric Vignaux - Time twins
Sean Phillips - 7 Psychopathes
Christopher - Love song
Yacine Elghorri - Factory
Appollo et Brüno - Biotope
Jérôme Lereculey - 7 voleurs
Run - Mutafukaz
Alain Dodier - Jérôme K. Jérôme Bloche
Mathieu Gabella et Emem - Idoles
Charlie Adlard - Walking Dead
La Dofus team - Dofus
Brigitte Luciani et Colonel Moutarde - Comédie d'amour
Makyo - Je suis cathare
Herval - Tiffany
Diego Aranega - Victor Lalouz
Isabelle Bauthian et Sylvain Limousi - Effleurés
Nathalie Berr - Borderline
Paul Pope - 100%
Igor Kordey - Taras Boulba
Torû Fujisawa - Tokkô
Qian Yu - Enquêtes du Dr Li (Les)
Philippe Riche - Association des cas particuliers (L')
Eric Adam et Olivier Martin - Carrés (Les)
Jian Yi - Dieu singe (Le)
Wang Peng - Au bord de l'eau
Sibylline - Premières fois
Adi Granov - Iron Man
Bruno Bessadi - Zorn et Dirna
Chloé Cruchaudet - Groenland Manhattan
Michaël Le Galli - 7 guerrières
Léo Pilipovic - Grand jeu (Le)
Luke Ross - Indiana Jones
Giulio de Vita - Wisher
Gobi et Fabien M. - Lucha libre
Xavier Fourquemin - Légende du Changeling (La)
Richard Marazano et Jean-Michel Ponzio - Complexe du chimpanzé (Le)
Maliki - Maliki
Junko Kawakami - It's your world
Matthieu Bonhomme - Marquis d'Anaon (Le)
Moebius - Chasseur déprime (Le)
Label 619 - Freaks' Squeele
Etienne Le Roux - Education des assassins (L')
Jerry Frissen - Lucha libre
Frédéric Vervisch - Chinn
Hermann et Yves H. - Diable des sept mers (Le)
Philippe Xavier - Croisade
Ben Templesmith - Wormwood
Christophe Chabouté - Tout seul
Eric Corbeyran - Chant des stryges (Le)
Julien Blondel et Anne Rouvin - Akademy
Frédéric Bézian - Garde-fous (Les)

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