parution 29 mai 2013  éditeur Casterman  collection Kstr
 Public adulte  Thème Guerre

Je n'ai jamais connu la guerre

Darius est à la tête d’une entreprise qui a fait fortune en trouvant le moyen d’injecter des souvenirs agréables à qui désire en acheter. Pourtant, lui-même a une mémoire qu’il peine à assumer. Un récit original, bien construit et touchant.


Je n'ai jamais connu la guerre, bd chez Casterman de Safieddine, Begon
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Casterman édition 2013

L'histoire :

Il y a longtemps, Darius faisait l’amour à Cerise. Ils aimaient ça passionnément. L’un, certain de ne jamais pouvoir oublier ces instants. L’autre, persuadée qu’elle oublierait ce que c’était d’aimer… Il y a quelques temps, Cerise est sortie de chez le médecin avec une bien mauvaise nouvelle. Elle a pensé aussitôt à retrouver où Darius avait pu se nicher… Aujourd’hui, Darius s’abreuve des éloges (encore et toujours des éloges) d’un de ses clients. Le bonhomme vient de passer un moment qu’il n’est pas prêt d’oublier : un saut en parachute à poil, avec deux superbes femmes le gâtant d’énormes paires de seins. Tout ça, assis dans un fauteuil : seulement incrusté – et pour toujours dans ses souvenirs – grâce à l’injection d’un produit révolutionnaire et miraculeux. L’entreprise est ainsi particulièrement florissante : Darius offre à qui peut payer, des souvenirs aux petits oignons : une tournée avec les Rolling Stones ; une nuit à baiser Marilyn Monroe ou des parents quand on est orphelin… Tout est possible. Il suffit d’avoir passé quelques tests psychologiques pour se voir offrir le moyen de balayer n’importe quelle frustration. La société s’en porte on ne peut mieux et le taux d’occupation des prisons n’a jamais été aussi bas. Bref, tout sourit à Darius. Pourtant, marié, il ne peut s’empêcher de passer d’un lit à l’autre ; il fuit frère et parents autant qu’il le peut ; et s’injecte à qui mieux-mieux des souvenirs artificiels sans jamais réussir à les construire comme il le souhaiterait. Et Cerise dans tout ça ?

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Darius shoote du rêve avec de grosses seringues remplies d’un liquide coloré. Darius deale des piqûres de rappel en toute légalité pour construire de faux souvenirs à la demande, en échange d’un petit paquet de billets. Une nuit avec une bombasse ? Un fantasme de folie ? Un week-end romantique ? Des parents ? Une nouvelle famille ? Darius construit des souvenirs à l’envie, que ses clients seront persuadés d’avoir vécu. Darius est riche, opportuniste, multiplie les conquêtes, s’amuse du lendemain. Débarrassé de ses frustrations, la société s’en porte bien mieux, vidant ses prisons et balayant ses névroses. Darius a trouvé le filon, mais est-il heureux ? A force de flashbacks, de partage onirique et du retour dans la vie du personnage central d’une ex dont il était éperdument amoureux, la question trouvera forcément ses réponses. Quoique… Mis en valeur par un dessin joliment tailladé, ce récit est une jolie leçon. D’abord originale, pour l’idée de départ. Interrogatrice aussi, en posant la question de la fuite de la réalité à travers l’artifice (ni l’alcool, ni les drogues ou autres addictions, ici…). Faut-il ainsi édulcorer ses souvenirs de ce qui fait mal ? Ou peut-on fuir la réalité sans finir par se prendre les pieds dans le paillasson ? Et puis, enfin, surtout infiniment touchante, car elle balade sa trame sur un fil nostalgique dans lequel se mêlent histoire amoureuse et douleurs familiales, retour en arrière impossible et difficultés à se projeter. Au final (et on pourrait peut-être le regretter), pour asseoir sa démonstration, le scénario brouille malicieusement les pistes pour contraindre le lecteur à déterminer lui-même ce qui, dans l’histoire, de Darius est rêve, réalité ou passé…

voir la fiche officielle ISBN 9782203047013