parution 18 janvier 2017  éditeur Casterman  Public ado / adulte  Thème Chronique sociale, Humour

La Cire moderne

Trois glandeurs héritent d'une fabrique artisanale de cierges. Ils entreprennent alors une tournée des curés pour vendre leur stock. Un road-trip social aux étonnants accents humoristiques et un chouïa prosélytes (à la fois).


La Cire moderne, bd chez Casterman de Cuvellier, de Radiguès
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Casterman édition 2017

L'histoire :

Manu et sa copine Sam habitent dans une bicoque à la campagne, dans laquelle ils passent le plus clair de leur temps à baiser et à fumer. Mais un jour, une lettre du facteur les sort de leur train-train de glandeurs désœuvrés. L'oncle de Manu vient de mourir. Son testament fait du jeune homme l'héritier d'une fabrique artisanale de cierges. Manu et Sam ne savent pas trop ce qu'ils vont faire ni du stock, ni de l'entreprise... Pour l'heure, ils s'occupent de l'organisation, le soir même, d'une fiesta rock-bédo-binouzes à domicile. Le lendemain, ils se rendent à Châteauneuf, la bourgade où sont situés la fabrique et son entrepôt, en compagnie de Jordan, le frère cadet de Sam, champion du monde des fumistes. Effectivement, c'est grand et c'est plein de cierges... À part monter une église, qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir faire de tout ça ?! Jordan, qui est titulaire d'un bac pro action commerciale, est tout excité à l'idée de développer l'affaire. Et il joint l'action à la parole, lorsqu'un curé du coin vient chercher sa commande. Les trois loustics se rendent alors compte qu'un simple carton rempli de cierges peut générer pas mal d'argent. Finalement, faire le tour des paroisses avec une camionnette remplie de cierges à leur vendre, ce n'est peut-être pas une si mauvaise idée...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Dans ce qui commence comme un road-trip social en one-shot et en noir et blanc, un héritage tombé du ciel (c'est le cas de le dire) servira de déclencheur à une prise de conscience chez des jeunes en déshérence. A l'origine, le trio de héros considère son avenir à très court terme : 24h tout au plus. Ils savent qu'ils vont finir le soir même bourrés et enfumés dans une rave-party, mais n'ont ni plan de carrière, ni projet de couple bien arrêté. La fumette, la glande et la drague sont leur sainte-trinité, ils se cognent donc pas mal de toute idée de religion. Alors quand ils se retrouvent avec une fabrique de cierges sur les bras, c'est un peu comme si une poule trouvait un couteau. Dessiné par Max de Radiguès à l'aide de son trait simple et fluide, limite enfantin, le récit se déroule de manière chronologique et légère. Le lecteur se laissera volontiers amuser par l'hédonisme irresponsable de ces lascars. D'autant que les dialogues ne se privent pas de termes fleuris, donc de fraîcheur et d'authenticité... Pourtant, petit à petit, la démonstration de Vincent Cuvellier, dont c'est ici le premier scénario de bande dessinée (il était jusqu'à présent plutôt cantonné aux récits jeunesse), a tendance à glisser vers une forme de prosélytisme. L'un des protagonistes se met en effet à causer de la foi avec le fantôme d'un curé. « Dieu est en train de travailler sur toi ; ce n'est pas toi qui décide de croire en lui ». Le dénouement n'est pas moralisateur pour autant. Il ouvre sur la nécessité d'une prise de recul pour mieux embrasser sa vie. Une pas si mauvaise idée.

voir la fiche officielle ISBN 9782203100589