La Dernière femme, bd chez Casterman de Masson ©Casterman édition 2012

La Dernière femme

Sur le chemin qui le ramène à Lyon, Albert, un quinquagénaire, livre à un jeune auto-stoppeur son parcours sentimental en 26 lettres d’alphabet. Une idée intéressante en forme de bilan amoureux.

L'histoire : Il a eu beau lui laisser des tonnes de messages, Yolaine ne le rappelle pas… Albert, la cinquantaine, au volant de sa grosse Jaguar, avale des cachets – peints d’un petit bonhomme souriant – pour avoir la colère heureuse et la déprime joyeuse. Bientôt sur la route qui le mène d’Allemagne du Nord à Lyon, il prend en stop Al, un jeune bachelier qui rentre lui aussi en France. Rapidement, Albert entame la conversation et très vite la discussion s’engage sur le chemin de l’amour, du sexe et des premières fois. Albert se souvient comme si c’était hier d’Annie. La belle et tendre Annie qui prend soin de son pucelage sans lui dire de mots blessant ou se moquer de sa rapidité. La jolie Annie qui lui offre la magie d’un corps nue pour la première fois, rien que pour lui. Et puis, il y a la deuxième fois. Celle où Albert se comporte comme un lourdingue et un goujat. Finie Annie, Albert se fait rat de bibliothèque universitaire et il rencontre Barbara. Suivront Chantal, puis Delphine, et d’autres avec toujours un besoin d’amour inassouvi.

Ce qu'on en pense sur la planète BD :  Imaginez-vous la cinquantaine bedonnante, le temps d’un voyage entre l'Allemagne et Lyon, gobant quelques pilules suspectes, vous amuser au jeu des confidences amoureuses avec un petit jeunot pris en stop au bord d’une route de campagne… Au gré des circonvolutions du ruban routier, au volant de sa belle Jaguar, c’est Albert qui s’y prête ici, histoire de dresser un bilan en forme de point d’interrogation existentielle. Ses histoires d’amours et/ou de cul s’égrainent avec soin, détails et omniprésents regrets, en un jeu « OuLiPien » qui, tout au long de son existence, a fait choisir à Albert ses conquêtes au rythme de l’alphabet. Le constat asséné est cruel – à l’aube de sa rupture avec celle dont le prénom commence par un « Y » – qui semble vouloir lui affirmer son incapacité à aimer durablement. Ah, si seulement on pouvait repartir à zéro, riche de ce recul douloureux ! Mais impossible de « rebooter » sa vie sentimentale. A moins… Pour ce nouveau projet en solo, Charles Masson use une nouvelle fois de son talent de conteur pour triturer la mécanique humaine avec méthode, un poil de cynisme et quelques pirouettes scénaristiques plus ou moins efficaces. Au final, il dresse un catalogue exhaustif des manières de rater sa vie sentimentale avec brio. Pourtant capable de capter, par la fluidité des dialogues, les anecdotes érotico-croustillantes et un dessin souvent très séduisant, l’exercice lasse un brin (dommage que l’alphabet comporte autant de lettres…) tout en empêchant la moindre empathie pour le héros. A découvrir, pourquoi pas, pour faire son propre bilan… tant qu’il est encore temps de repartir à zéro.

  • scénar dessin


7 septembre 2012



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La Dernière femme, bd chez Casterman de Masson ©Casterman édition 2012

29 août 2012

Casterman

Ecritures

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9782203048997

ado / adulte

Sentimental

La Dernière femme série terminée en France
1 album paru, 1 prévu