parution 08 juin 2016  éditeur Casterman  Public ado / adulte  Thème Science - fiction

Le Printemps humain T2

Résistants

Après un putsch raté, les humains organisent autrement leur lutte d’indépendance face aux extraterrestres Orts. Trois frères se divisent sur la méthode. L’humanité est-elle ingouvernable ? La SF au service d’une brillante réflexion politique.


Le Printemps humain T2 : Résistants (0), bd chez Casterman de Micol
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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©Casterman édition 2016

L'histoire :

Après leur tentative ratée de révolution contre les envahisseurs extraterrestres Orts, nombreux sont les activistes humains à avoir été exilés sur la planète bagne Frongoh. Aliénés à des tâches ingrates de nettoyage, Samuel Cork et ses amis trouvent un mystérieux artefact dans les boues. Sur Terre, la société humaine est toujours dominée et contrôlée par les Orts. Avec le plein accord de cet occupant, Jaq Cork tente de se faire élire comme leader humain dans la kasba de Paris, afin de rétablir une idée de gouvernance humaine. Mais lors de ses meetings, il constate aux huées que la collaboration est majoritairement considérée comme une traîtrise. Dans un souci d'apaisement, les Orts concèdent alors une grâce généralisée pour tous les combattants du putsch raté. Ainsi, Teomas, le troisième frère Cork, peut-il revenir de son exil sans craindre d'être arrêté et condamné. Il annonce alors de but en blanc à son frère Jaq qu'il se présente aux élections humaines contre lui. Avec les anciens de Frongoh, Samuel forme quant à lui un groupuscule de résistants particulièrement efficaces. Ils s'approvisionnent en armes humaines dans une ancienne armurerie de police souterraine et débutent une série d'exactions meurtrières, en signant toujours leurs méfaits d'un mystérieux tag : « Moz ». Cette résurgence des insoumis oblige de nouveau les Orts à prendre des mesures radicales. Ils annulent les élections humaines, redoublent l'effectif militaire et font appel à un agent spécial, un métamorphose de la planète Kaïro...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Le contexte du Printemps humain a beau appartenir au registre de la science-fiction, Hugues Micol prouve avec ce diptyque son talent d'auteur complet, notamment pour la chronique d'anticipation et l'analyse des mécanismes politiques. Afin de se tenir à distance de toute xénophobie humaine, en montant tels ou tels peuples entre eux, Micol accorde à son envahisseur une origine extraterrestre, ainsi que des apparences et architectures extravagantes et des coutumes insolites. Ainsi chargés, les Orts sont un ennemi incontestable. En proie à l'expansionnisme de ces derniers, trois frères sont divisés par des positions politiques divergentes : la collaboration passive, l'opposition politique et la lutte armée. Nul n'a tout à fait raison, d'aucun n'a réellement tord. Tous trois se retrouvent diversement confrontés aux contradictions de leurs propres engagements, à devoir prendre des décisions détestables. Après un premier tome un peu déstabilisant de mise en situation et de présentation des idéologies en présence, cette seconde partie de diptyque prend sa pleine dimension philosophique. Le dessin ne plaira pas massivement, il se montre pourtant plus subtil et complet que ne le laisse paraître son trait pâteux et sa colorisation souvent bichromique. Au détour des dialogues, une sentence claque comme une vérité digne de Machiavel : « L'humanité n'est pas prêté pour l'autonomie », « La pitié est au terroriste ce qu'est la lâcheté au soldat sur le champs de bataille. ». Au final, Micol souligne admirablement la difficulté de fédérer une multiplicité de tempéraments autour d’une idée commune de société. L’organisation politique est-elle une utopie ? La réflexion est on ne peut plus pertinente, à l’heure où des agoras nocturnes en débattent sans fin et sans parvenir à établir de consensus actif. Au sortir de cet essai véritablement politique (au sens noble et premier), Micol ne tranche pas, le constat est amer. Il semble toujours falloir avancer à force de sacrifices, qu’ils soient culturels ou humains.

voir la fiche officielle ISBN 9782203118386