parution 11 avril 2018  éditeur Delcourt  collection Terres de Légendes
 Public ado / adulte  Thème Anticipation

Route de Tibilissi

A une époque étrange, plombée par un conflit indéterminé, deux orphelins marchent dans la neige vers « Tibilissi » et font des rencontres aléatoires. Une immersion pleine et efficiente dans une aventure qui révèle son sel à la toute fin !


Route de Tibilissi, bd chez Delcourt de Chauvel, Kosakowski, Lou
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Delcourt édition 2018

L'histoire :

Oto, Jake et leurs parents sont poursuivis à travers la campagne enneigée par un escadron diabolique de puissants archers. Chacun atteint par une flèche, les parents ordonnent à leurs deux fils de fuir aussi vite qu’ils le peuvent jusque Tibilissi, où leur grand-père les attend. Bientôt orphelins, les deux gamins foncent et finissent par semer leurs poursuivants. Oto et Jake sont paumés et bouleversés par les récents évènements, mais ils décident d’être courageux. Ils avancent à travers le blizzard et se réfugient sous un rocher pour y passer la nuit, blottis l’un contre l’autre. Le matin suivant, la tempête s’est calmée. L’ainé, Jake, annonce à son frère qu’ils doivent repasser par leur village : ils ne peuvent réussir un pareil voyage sans s’être un minimum équipé d’armes et de nourriture. Oto n’est pas d’accord, il craint le pire… mais doit se résoudre à obéir à son ainé. Ils observent le village de loin, avant de s’en approcher. Il est en ruine et encore fumant de la razzia de la veille. Des vautours se régalent des charognes humaines. Ils s’approchent prudemment. Dans leur maison, un colosse barbare en armure git gravement blessé, à l’agonie. A l’écart d’Oto qui se remplit le ventre de conserves, Jake l’achève à coups de hache. Oto se réjouit soudain d’apercevoir ses deux amis les plus intimes : Doubi et Trois-Trois ! Doubi est une sorte d’ours blanc gentil et muet dont le dos est recouvert de centaine de tentacules verts. Trois-Trois est un robot tout aussi placide, dont l’épaule a été rafistolée par une cordelette…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

David Chauvel est un grand scénariste de bande dessinée « de genre ». Oui, mais à quel genre appartient ce one-shot de la collection Mirages de Delcourt ? Cela commence comme une aventure médiévale, se mue rapidement en fantasy lorsqu’apparaissent barbares et dragons… avant qu’on ne découvre un robot humanoïde et une créature zoomorphique proche des yôkai japonais. Serait-ce post-apocalyptique (avec « la route » pour indice) ? On s’appuie donc sur les certitudes : l’époque est assurément obscurantiste, un fond de guerre permanente pèse… et deux orphelins doivent rejoindre Tibilissi. Oui, avec un i entre le t et le b, soit pas vraiment l’actuelle capitale georgienne. A moins que… Bref, Chauvel nous plante d’emblée là, en pleine cavale pédestre non-identifiée, en plein hiver sans lendemain. Et son savoir-faire narratif opère et nous happe immédiatement. Autant intrigué par le contexte que par la finalité, le lecteur s’attache vite aux deux frangins orphelins et malmenés dans ce vaste décor enneigé d’un autre temps. Sa patience sera récompensée dans les dernières pages, par une explication astucieuse et fichtrement bien dissimulée, au terme d’une aventure de presque 180 planches, qu’on n’a pas vues passer. Et pourtant, la réalisation de cette histoire, Chauvel a eu, lui, le temps de la voir passer : La route de Tibilissi aura mis 10 ans pour aboutir, depuis son écriture, sur les étals de nos libraires. A l’époque, Cyril Pedrosa en avait commencé le dessin… avant de passer le relai à Eric Canète… qui a lui-même renoncé. Le scénario a finalement atterri entre les pattes d’Alex Kosakowski, un américain totalement inconnu, mais qui ne le restera assurément pas. Son dessin encré, fin et quasi-réaliste, lui aussi à la croisée des genres, est totalement abouti, fini, équilibré et cohérent. En un mot : formidable !

voir la fiche officielle ISBN 9782756062310