parution 01 décembre 2010  éditeur Drugstore  Public ado / adulte  Thème Erotique, Historique, Politique

Borgia T4

Tout est vanité

Entre violence, luxure, manoeuvres et conspiration, la fin du règne des Borgia dans l'Italie de la Renaissance. En pleine décadence, le Vatican saura-t-il se relever au terme de luttes d'influence incessantes ? Une belle BD, mais sans relief.


 Borgia T4 : Tout est vanité (0), bd chez Drugstore de Jodorowsky, Manara
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Grey Star Grey Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

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©Drugstore édition 2010

L'histoire :

Dans le château de Pesaro en Italie, Lucrèce Borgia et son mari ont une dispute. Pentasilea, la servante de Lucrèce, sert du vin empoisonné à l’un des amants de son mari. Il meurt et son mari tente de se venger. Mais les deux femmes parviennent à maîtriser le mari et son deuxième amant, Mauro. En signe de victoire, Lucrèce, debout, lui urine sur le visage. Son mari lui présente alors ses excuses et décide de fuir pour se réfugier chez son oncle. Pendant ce temps, l’expédition de Charles VIII à Naples touche à sa fin. C’est un véritable triomphe. Alors qu’il est en train de forniquer, Charles VIII, peu attentif, est emporté par l’éruption du Vésuve. Charles VIII ne sera plus une menace pour les Borgia. A Florence, Machiavel conseille César Borgia, le fils du pape. Celui-ci nourrit un appétit démesuré pour le pouvoir. Son ambition : devenir pape et contrôler toute l’Italie. Mais pour y parvenir, il devra hâter la mort de son père. Problème : son père a décidé de faire de Juan, son autre fils, son digne successeur, en le nommant capitaine général des Etats de l’Eglise. C’est un véritable camouflet pour César Borgia, pour qui Juan n’est qu’un homme avec « des ovaires à la place des couilles » ! La lutte sanglante pour la conquête du Saint Siège peut alors commencer…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Une chose est sûre : l’histoire déjà débridée des Borgia n’avait sans doute pas besoin de la plume outrancière d'Allessandro Jodorowsky pour verser dans l’excès. Néanmoins, une fois encore, le scénariste ne fait pas dans la nuance pour narrer la sulfureuse épopée des Borgia, les « premiers parrains » de l’histoire, accusés entre autres de simonie, d’empoisonnement, d’inceste… Ah, le monde des Borgia, ce royaume enchanté peuplé de fourbes cupides, égoïstes et vaniteux, toujours ivres de pouvoir… Une petite mafia sympathique, quoi ! Pour montrer la déchéance des Borgia, le dessin de Manara est toujours aussi habile et impeccable : beau et profond, avec une succession de fresques décrivant une Italie décadente, le tout en couleurs directes. Très élégant. En revanche, le scénario manque franchement de consistance. Pourtant, moins de sexe incestueux et de stupre que dans les tomes précédents. Les scènes de torture, de sévices, de meurtre, d’égorgement et d’accouchement par césarienne viennent s’y substituer : toujours aussi violent et cruel. On aime bien Jodo, mais là, la surenchère sanguinaire virant à la complaisance et au plaisir sadique, conjuguée à une enfilade de scènes à la violence radicale, vient saturer l’esprit. Alors oui, les scènes sont magnifiques (celle du volcan, celle des oiseaux-volants), les répliques parfois amusantes et la mécanique narrative bien huilée. Mais les dialogues sont trop fades et l’outrance du scénario est à la fois l’atout et la limite de Jodorowsky. L’absence d’une trame narrative solide, profonde et subtile, entache l’ensemble. A mi-chemin entre la réussite esthétique et le ratage scénaristique, la série laissera finalement un goût d’inachevé, après des débuts prometteurs. Peut-être le tome de trop dans une série prévue à l’origine en triptyque. Pour prolonger le plaisir tout de même, lisez la suite non officielle, Le Pape Terrible, chez Delcourt. A moins que tout ne soit que vanité…

voir la fiche officielle ISBN 9782723470476