parution 08 octobre 2014  éditeur Mosquito  Public adulte  Thème Autour du 9ème art

Olrik ou le secret du mystère Jacobs

Olrik, figure emblématique des récits de Jacobs, pourrait à lui seul permettre de comprendre l’œuvre du maître. Un postulat de départ alléchant, pour une étude malheureusement vide et pédante.


Olrik ou le secret du mystère Jacobs, bd chez Mosquito de Nouailhat, Juillard, Jacobs
  • Notre note Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Mosquito édition 2014

L'histoire :

Blake et Mortimer, c'est plus de 35 millions d'exemplaires vendus et des traductions en douze langues. La magie Jacobs opère encore aujourd'hui alors que l'œuvre déclinait à la fin de la vie de l'artiste. En effet, à l’époque, beaucoup jugeaient que la série était anachronique et désuète. Pourtant, aujourd'hui, elle reprend du poil de la bête avec de nombreuses reprises. Même le grand Jean Van Hamme s'y est essayé. Entre scènes cultes et trouvailles mémorables, le plus connu des albums reste la Marque Jaune. Souvent parodiée, la célèbre trace jaune a marqué le neuvième art comme la Joconde a marqué la peinture. Derrière ce symbole diabolique se cache entre autre l'une des plus grandes figures du mal de la bande dessinée : le colonel Olrik. Éternel méchant des histoires de Blake et Mortimer, le personnage est élégant mais maléfique, rusé et en échec constant, impressionnant mais éternel sous-fifre. Jacobs le disait lui même : « il y a un mystère Olrik ». Qui est donc le célèbre bandit à moustaches fines et au fume-cigarette ? En quoi ce personnage peut-il éclairer l’œuvre d’Edgar P. Jacobs ?

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

René Nouailhat a déjà publié une étude sur Edgar P. Jacobs chez Mosquito : La marque du fantastique. Cette nouvelle étude tente d’éclairer l’œuvre du maître du 9ème art, mais cette fois par le biais du fameux Olrik. Il faut dire que le célèbre colonel a du charisme à revendre. La superbe couverture d’André Juillard est là pour en témoigner. Personnage énigmatique et machiavélique, l’ennemi juré de Blake et Mortimer est complexe et difficile à cerner. Tantôt gentleman élégant et raffiné, fieffé canaille et bandit violent, démon sans peur et sans remords, Olrik est en même temps un grand perdant puisqu’il se fait régulièrement tromper à la fin des albums et il est constamment défait. Parfois de façon honteuse, comme dans L’affaire du collier. Adepte des déguisements, Olrik a de quoi fasciner, mais il paraît également inaccessible. Pour René Nouailhat, il est donc bien la pierre angulaire de l’œuvre de Jacobs, d’autant que le créateur de Blake et Mortimer a dessiné Olrik en reprenant les traits de son propre visage. On apprend également que l’artiste ne cachait pas sa fascination pour le méchant de ses histoires, comme s’il était le seul à incarner les idéaux de Jacobs. Après un bref résumé du succès de la série Blake et Mortimer, Nouailhat entre petit à petit dans le vif du sujet. Les premiers chapitres rappellent l’importance du colonel dans la série, preuve que le personnage est bien plus qu’une opposition ou une vision du mal. Tout le monde se souvient de La marque jaune et de Guinea Pig ; l’auteur revient sur cette transformation du colonel qui avait totalement perdu la raison. Malheureusement, cet aspect unique d’un méchant qui perd son identité et dont l’identité est caché au lecteur pendant presque tout l’album est trop rapidement expédié. Nouailhat préfère élargir le sujet et l’ouvrir à des thématiques plus vastes et complexes. Ainsi, l’œuvre de Jacobs se fait chrétienne avec Olrik comme représentation de Lucifer et les fameux souterrains-thème récurrent dans l’œuvre jacobsienne – comme message de la verticalité, de l’élévation ou de la chute. Le propos devient difficile à suivre et après avoir paraphrasé quelques tomes de Blake et Mortimer, Nouailhat se perd et nous perd dans des considérations fumeuses et universitaires. Avec des termes savants et des remarques hautement intellectuelles, le sens devient opaque et le fameux mystère que l’étude devait résoudre devient franchement plus énigmatique qu’au départ ! A peine apprend-on quelques éléments concrets et intéressants sur Jacobs et notamment la véritable origine d’Olrik. Pour le reste, on comprend mal où veut en venir l’auteur. Le propos universitaire devient lassant et pompeux et l’on pourra finalement résumer en quelques mots l’ensemble de l’étude. Le livre reste abondamment illustré de superbes esquisses de Juillard ou de quelques extraits des œuvres de Jacobs mais le projet de départ ne tient pas toutes ses promesses… Damned !

voir la fiche officielle ISBN 9782352832836