End T1 : Elisabeth (0), bd chez Soleil de Canepa, Merli ©Soleil édition 2012

End T1

Elisabeth

Prétendument morte, la jeune Elisabeth se retrouve dans un jardin étrange, peuplé d'êtres singuliers ; elle est pourvue du pouvoir de prendre la vie. Pourquoi est-elle là ? Premier chapitre d’une trilogie délicieusement anxiogène et magnifiquement dessiné

L'histoire : Parents, amis, pensionnaires… sont rassemblés pour rendre un dernier hommage à la petite Elisabeth Weatherley disparue alors qu’elle allait avoir 14 ans. Et tandis que tout le monde s’approche du cercueil pour y déposer une fleur ou une poignée de terre, il y en a une qui ne comprend rien à cette agitation : la petite Elisabeth Weatherley. Car c’est pourtant bien elle qui s’agite aux grilles du cimetière. Elle qui les observe. Elle qui sent une petite araignée la traversée de part en part, comme si son corps était devenu totalement invisible et inconsistant. La réalité serait donc là, dans ce petit cercueil en bois. Insupportable ! Au point de soulever le cœur et provoquer l’évanouissement. Pourtant, il semble que l’on prenne déjà soin d’elle pour lui offrir une nouvelle chance... Aussi la retrouvons-nous dans un grand lit, avec pour compagnons un magnifique chat-serpent et une adorable et peureuse chauve-souris-poulet. Elisabeth ne sait pas depuis combien de temps elle se trouve dans cette prison dorée. Ni pourquoi elle est là. Une chose est sûre : elle s’ennuie « mortellement ». Au point d’imaginer rapidement reprendre contact, par tous les moyens, avec sa sœur et ses amies…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :  Trois mouvements devraient animer le nouveau projet de l’étonnante Barbara Canepa. Au co-pilotage de l’excellente collection Métamorphose, celle-ci est toujours habile à nous balader dans un univers aux frontières du réel, tutoyant ici la mort avec subtilité. Trois opus pour 3 jeunes adolescentes, dont chaque initiale de prénom (Elisabeth, Nora et Dorothea) formera, une fois réunies, un titre de série fort de signification. Traduction littérale, donc, cette « fin » joue la délicieuse ambiguïté. Pour commencer, elle laisse le personnage d’Élisabeth voguer dans un entre-deux mystérieux, pour lequel on aura du mal à savoir de quel coté la bascule s’effectuera. Nous voilà aiguillonnés par le mystère de l’arrivée du personnage central dans un jardin en forme de cage dorée. Puis habilement accrochés aux intrigues entourant l’étrange pensionnat dans lequel Elisabeth étudiait. Ou encore suspendus au rôle que semble avoir tenu (ou devoir tenir) Dorothea et Nora dans le destin de leur sœur et meilleure amie. Bref, voilà un début qui, outre l’univers déployé, livre une première salve d’énigmes dont il nous restera à trouver toutes les clefs. Au-delà, Canepa livre une jolie somme de paraboles permettant de nourrir son propre questionnement (et par judicieux ricochet le notre) sur la mort, en particulier son inaliénable « complicité » avec la vie. Pour ce qui est de la forme, la partition graphique jouée à quatre mains en compagnie d’Ana Merli est un envoûtement parfait. L’univers mi-gothique ou totalement victorien se love impeccablement dans un style où l’épure des visages tutoie une colorisation travaillée et parfaitement contrastée. De fait, l’univers devient rapidement et volontairement inquiétant, pour asseoir un peu plus encore le propos. Bref, un véritable travail d’orfèvrerie superbement cadré, qui charme l’œil immédiatement, bien avant de s’approprier le récit. A suivre sans hésitation...

  • scénar dessin


13 juin 2012



Pour être alerté par email dès la publication d'une chronique dans cette série,
saisissez  et


les avis des terriens

  • époustouflant 19 mars 2014

    Ce livre est juste... magique. L'histoire est triste mais réellement bien écrite, les dessins sont sublimes et le suspens est trop présent à mon goût. Toute la BD est réellement sombre, mais c'est ma préférée sans hésiter ! Seul bémol... le tome 2 n'est pas encore sorti.

    Agnès

  • perdu dans les limbes 24 mars 2013

    c'est un peu l'effet que j'ai eu en lisant cet album. On a beaucoup de mal a accrocher au récit, l'auteur nous plonge dans son univers, mais nous laisse désarmé face a sa création, et à ses morceaux d'explications disséminés de ci de là. Armé de courage, je me traîne jusqu'à la fin de l'ouvrage, surpassant ce sentiment d'indigestion provoqué par la pesanteur du texte... comme pour insister sur la noirceur de l'intolérable fait principal : une enfant est morte ! Heureusement que le dessin magnifique de Barbara Canepa tire quelques points à cette chronique, mais cela ne fait pas tout. Une bande dessinée montre son principal interet dans son scénario, et là nous avons l'impression que les auteurs se sont fait plaisir, en laissant de côté le lecteur.

    Christophe


prix 14.30-5% = 13.59

sur


 End T1 : Elisabeth (0), bd chez Soleil de Canepa, Merli ©Soleil édition 2012

06 juin 2012

Soleil

Métamorphose

voir la fiche officielle
voir la bande annonce

9782302009592

ado / adulte

Esotérique

scénariste
dessinateur
coloriste
interview de Barbara Canepa
© planetebd.com 2014

dessinateur
coloriste
 

End série en cours en France
1 album paru, 3 prévus