parution 31 octobre 2018  éditeur Steinkis  Public ado / adulte  Thème Chronique sociale

From black to white

Un danseur afro-américain met son destin sous la tutelle de la carrière de Mickaël Jackson, figure du noir devenu blanc. Un curieux focus sur l’émancipation raciale aux USA, mais vrai hommage au king of pop.


From black to white, bd chez Steinkis de Louis, Baloup, Cabanes
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Steinkis édition 2018

L'histoire :

Curtis naît dans une famille noire à Harlem en 1963, l’année du célèbre discours de Martin Luther King et de l’assassinat de JFK. Soit une année lourde de symboles politiques. A cette époque, la lutte pour les droits civiques des noirs américains bat son plein. James Meredith bénéficie d’une protection militaire pour pouvoir entrer à l’université ; les athlètes vainqueurs aux jeux olympiques montent sur le podium en levant le poing ganté des black panthers ; et Mohamed Ali réclame dans une tribune scandale la fin de la guerre au Vietnam. Curtis, lui, place son destin sous la bannière d’une autre figure montante de la communauté afro : Mickaël Jackson. Il est subjugué par cet autre enfant de son âge qui danse et chante comme nul autre. C’est décidé, plus tard, il deviendra Mickaël Jackson. Son talent éclate à l’église, pendant un gospel qui lui permet de danser dans l’allée et d’épater les fidèles. Le pasteur, qui n’est autre que son père, trouve en lui une grâce providentielle, qui assurera à terme, pour sûr, la subsistance de la famille. Pourtant, c’est plutôt en écoutant les 33 tours que son grand frère Tommy a chapardés, que Curtis va peaufiner son talent. Les disques des Jackson Five guideront désormais sa vie. Or à cette époque, leur père sombre définitivement dans la folie, et leur mère sombre dans la dépression. Tommy doit donc assumer un rôle de protecteur pour toute la famille… et il s’y emploie par le fruit de divers larcins. C’est grâce à cet argent malhonnêtement gagné qu’il paie en une seule fois plusieurs années de cours de danse à Curtis…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

A travers ce roman graphique, le scénariste Stéphane Louis et le dessinateur Clément Baloup retracent « lointainement » une vision de l’émancipation raciale aux USA dans la seconde moitié du XXème siècle. Initialement, le parti pris de la période couverte est celui du destin d’un jeune danseur afro-américain – fictif ? – de Martin Luther King jusqu’à Barack Obama. Mais surtout, le personnage de Curtis, alter ego noir et danseur du fan-type de Mickaël Jackson, est né à peu près en même temps que le king de la pop, et il placera son destin au rythme de la carrière de cette figure tutélaire controversée en la matière. En effet, Jackson est né noir, mais il est mort blanc (c’est d’ailleurs le titre), en raison d’une maladie (le vitiligo). Peut mieux faire, en matière de symbole sur la ségrégation. En fait, on sent avant tout la fascination des auteurs pour Maïckeul, plutôt qu’une réelle volonté de retranscrire une Histoire de la lutte civique des afro-américains durant cette période. En outre, si le récit s’étaye de nombreux récitatifs qui resituent les contextes, il n’est jamais totalement engagé. Cela se concrétise par ce personnage finalement peu charismatique qui se laisse porter par les événements, toujours en retrait, sans jamais en être acteur. Reste un hommage au king de la pop qui séduira les nombreux fans orphelins, et parait au moment où une exposition parisienne débute au Grand Palais (On the wall, du 23 novembre 2018 au 14 février 2019).

voir la fiche officielle ISBN 9782368461853