parution 23 octobre 2014  éditeur Au diable vauvert  Public ado / adulte  Thème Autour du 9ème art, Fantastique - Etrange

L' océan au bout du chemin

Un homme revient sur son passé et se souvient du moment où sa vie a basculé quand il a rencontré la famille Hempstock. Un récit multi-genres pour une peinture mystérieuse de l’enfance.


L'océan au bout du chemin, comics chez Au diable vauvert de Gaiman
  • Notre note Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

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  • dessin Grey Star Grey Star Grey Star Grey Star

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L'histoire :

Un homme revient sur les lieux de son enfance dans le Sussex pour enterrer ses parents. Il est mal à l’aise car cela fait plus de dix ans qu’il n’est pas revenu ici. Il imagine déjà toutes les questions qu’on pourra lui poser. Il n’a pas forcément envie de parler de son mariage qui s’est achevé en un véritable fiasco. Pour son travail, c’est la même chose : comment expliquer aux gens qu’il vit dans l’imaginaire et dans l’art mais que cette fiction ne peut combler toute sa vie ? Il pourra quand même parler de ses enfants même s’ils ont bien grandi et qu’ils sont autonomes maintenant. Il retrouve finalement l’endroit où se trouvait la maison de ses parents et donc celle de son enfance. Des souvenirs lui reviennent petit à petit : il n’avait que sept ans ! Il décide de faire le chemin à pied pour s’imprégner des lieux et du passé. La balade l’amène à retrouver une maison qui est toujours là : celle de la famille des Hempstock. Il y entre et y retrouve la mère qui a bien vieilli. Il se souvient de Lettie qui avait douze ans à l’époque. Ils allaient souvent à côté de cette mare aux canards que Lettie appelait « océan ». Atteint de nostalgie, il retourne devant cette mare. Cette fois, tous ses souvenirs remontent à la surface…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Le grand Neil Gaiman est de retour dans le monde de la littérature. Le célèbre écrivain anglais et scénariste de comics signe avec L'océan au bout du chemin un roman très personnel. Très loin des super héros ou du fantastique, il débute son intrigue comme s’il s’agissait d’une autobiographie. Le « je » du narrateur ressemble beaucoup à Neil Gaiman sur son côté artiste et la voix de l’enfance semble toute personnelle. En effet, on retourne vite en arrière sur l’enfance du personnage. Avec des descriptions précieuses et évocatrices, Neil Gaiman plonge dans le monde des bonbons, des jeux imaginaires et des petits détails de la vie en campagne que seuls les enfants peuvent mémoriser de façon si précise. Ici et là, l’auteur multiplie également les références littéraires et les citations d’auteurs anglais qui l’ont marqué. Le narrateur n’aime qu’une chose : se réfugier dans un coin et s’évader dans l’imaginaire d’un bouquin. Le récit bascule alors dans un univers onirique étrange et fascinant. Le réalisme ne dure qu’un temps chez Neil Gaiman et l’histoire devient alors un véritable conte qui possède sa magie, ses enchanteurs mais aussi ses monstres violents et dangereux. Un peu comme Alice au pays des merveilles qui est beaucoup cité dans le livre, le narrateur découvre un autre pan surnaturel derrière le monde que l’on connaît. La mare est en fait un vaste océan si tant est que l’on a les yeux pour le contempler, la famille Hempstock est une sorte de confrérie à la magie bénéfique tandis que la nourrice Ursula Monkton est un démon tentateur et impitoyable. Avec une grande science du rythme et de la narration, Neil Gaiman alterne scènes fortes et dialogues légers, descriptions nostalgiques et d’un passé révolu et actions trépidantes, réalisme et rêve délirant. Les fans reconnaîtront l’imagination débridée et fascinante du mythique Sandman à travers le surnaturel de l’œuvre. Le final monte crescendo mais il faut reconnaître que l’absence de clefs ne rend pas la lecture toujours très facile. On oscille toujours entre autobiographie et onirisme, réalisme et surnaturel sans jamais avoir vraiment de réponses. Neil Gaiman voulait-il expulser des craintes et frustrations de son enfance ? En tous les cas, c’est une belle évocation de la puissance symbolique de l’imaginaire et des rêves d’enfant. Le narrateur devenu adulte ne peut que constater qu’il a perdu, en grandissant, cette faculté magique de déformer la réalité et de plonger véritablement dans un autre monde. Seule l’écriture a encore ce pouvoir…

ISBN 9782846268035