parution 16 novembre 2012  éditeur Urban Comics  collection DC Classiques
 Public ado / adulte  Thème Fantastique - Etrange, Super-héros

Batman - Knightfall T2

Le défi (intégrale)

Un cycle de Batman datant du début des années 90. Ambitieux, potentiellement puissant, mais un récit qui privilégie le feuilletonesque et l’action aux chemins plus intimes et sombres qui s’offraient à lui.


 Batman - Knightfall T2 : Le défi (0), comics chez Urban Comics de Grant, Moench, Dixon, O'Neill, Aparo, Blevins, Velluto, Nolan, Janson, Manley, Roy, Whitmore, Deodato Jr
  • Notre note Blue Star Blue Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Blue Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Blue Star Blue Star Grey Star Grey Star

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©Urban Comics édition 2012

L'histoire :

Coup de tonnerre à Gotham City. Bane a brisé le Batman. Dans tous les sens du terme. Il a anéanti psychologiquement Bruce Wayne, puis il l’a mis à genoux avant de lui casser la colonne vertébrale. Devant les caméras de télévisions, le super-vilain a jeté à la foule horrifiée, le corps désarticulé du super-héros, en revendiquant haut et fort sa main-mise sur la ville désormais privée de son protecteur. Alfred et Robin parviennent toutefois à évacuer Bruce, entre la vie et la mort, et à le rapatrier au Manoir Wayne. Il s’y réveille quelques jours plus tard, paralysé des deux jambes, alors que Gotham sombre dans la folie, victime des gangsters de tous poils et des super-vilains, ivres de la certitude de leur impunité. Pourtant, très vite, l’ombre de l’homme chauve-souris s’étend à nouveau sur la ville. En effet, amer et sans force, Bruce Wayne a offert à son ami Jean-Paul Valley, alias Ezekiel, de prendre sa place. Il ne lui demande qu’une chose : lui laisser le temps de se remettre, pour pouvoir s’occuper lui-même de Bane. Mais Valley – un Batman plus sombre et radical que Wayne – refuse de laisser Bane étendre sa domination...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Les années 80 et 90 ont vu se développer le goût des scénaristes de Marvel et DC Comics pour une certaine forme de sadisme envers leurs personnages. Après Frank Miller qui conduisit Daredevil au bord de la folie, manipulé par un Caïd bien décidé à le briser psychologiquement, avant de le briser physiquement (attention chef d’œuvre du comics adulte intitulé Born Again sur un dessin de l’immense David Mazzuccheli), c’est au tour de Doug Moench, en 1993, de tenter l’expérience sur un Batman plongé dans le doute et physiquement affaibli. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que Moench ni va pas avec le dos de la cuillère. Malheureusement, si l’intention est bonne et les idées généreuses, l’exécution graphique et les dialogues sont à des années-lumières des subtilités psychologiques et de la puissance d’évocation de Miller et Mazzuccheli. On peut même dire que le tome précédent, qui décrit la lente destruction morale et physique de Batman, balance entre ridicule des graphismes de Jim Aparo (trop datés et sans âme), faiblesse de l’approche psychologique sans grande finesse de Moench et quelques moments de grâce, bien trop rares malheureusement pour rattraper la sauce (souvent dus à Chuck Dixon, venu épauler son aîné, avec son style d’écriture plus sec et imaginatif). Le second arc qui nous est proposé ici offre heureusement davantage de qualités. Le Batman est détruit, Wayne végète, paralysé dans son manoir, alors que Gotham est à feu et à sang. Dixon est plus présent aux côté de Moench, Alan Grant (scénariste sur Judge Dredd) vient s’en mêler, Aparo est toujours de la partie, mais remplacé régulièrement par des dessinateurs plus qualitatifs et plus pertinents par rapport au ton plus lourd et sombre du récit. Pourtant, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur les pistes suivies par les scénaristes : Bruce Wayne est défait, mais on n’accorde que très peu de place à son sentiment d’impuissance et à son désarroi. Très vite, on remet un nouveau Batman dans le jeu, qui remet de l’ordre dans Gotham… Comme si, finalement, on ne voulait pas étudier la piste d’une ville sans son protecteur et qu’on préférait rétablir au plus vite le statu-quo pour ne pas déstabiliser le lectorat. Tout cela donne l’impression que les hommes sont interchangeables, que seul compte le costume de Batman et que Wayne, en tant que personnage, n’intéresse pas vraiment les gens en charge du scénario. On privilégie les scènes d’action et la remise en ordre de Gotham par un nouveau Batman, sous la tutelle de Robin. Un Batman plus violent et radical dans son approche de la justice que son prédécesseur, qui finit par inquiéter son compagnon de lutte (sans doute le point le plus intéressant de ce volume, même si là encore, on est loin d’une quelconque finesse psychologique). Au final, on est curieux (mais pas vraiment impatient) de savoir où tout cela va nous conduire, puisqu’on nous annonce encore 3 gros volumes de 300 pages… Est-ce que Bruce Wayne va revenir sur le devant de la scène ? Est-ce qu’il prendra enfin toute la place qu’il mérite ? C’est tout ce que je vous souhaite.

voir la fiche officielle ISBN 9782365771283