parution 01 juillet 2011  éditeur Kana  collection Big Kana
 Public ado / adulte  Thème Science - fiction, Fantastique - Etrange, Policier Seinen

Pluto T8

Grâce à la mémoire de Gesicht, Astro s’est réveillé mais n’est plus le même : Ochanomizu a peur que le robot soit revenu empli de la haine qu’aurait pu ressentir Gesicht à sa mort. Un final à la hauteur de la série malgré quelques accrocs.


 Pluto T8, manga chez Kana de Tezuka, Urasawa
  • Notre note Red Star Red Star Red Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Red Star Red Star Red Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

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    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Red Star Red Star Red Star Red Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

L'histoire :

Grâce à la puce contenant tout ce qui faisait Gesicht, sa personnalité et ses souvenirs, et notamment les émotions qu’il a ressenties au moment de sa mort, Astro s’est réveillé. Malheureusement, il reste enfermé dans la pièce la plus sécurisée du ministère des sciences, assis sans dire un seul mot et regardant dans le vide. Finalement, il réclame un stylo et se met alors à écrire frénétiquement sur les murs. Au bout d’un moment, le professeur Ochanomizu se rend compte que le robot vient d’écrire une formule mathématique permettant de construire une bombe à protons assez puissante pour détruire la terre. Puis, contre toute attente, Astro réussit à détruire l’un des murs qui l’entoure et s’enfuit... Entretemps, Uran a révélé au professeur Ochanomizu ce que le professeur Tenma a fait pour qu’Astro revienne à la vie : en apprenant que c’est la puce de Gesicht qui a été insérée dans le cerveau d’Astro, l’homme a alors peur que l’émotion extrême qui a permis le réveil du robot ne soit de la haine que l’inspecteur d’Europol aurait ressentie au moment de sa mort...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Voilà enfin arrivée la fin de ce titre mythique qui fera date dans l’histoire du manga, ne serait-ce que parce qu’il a réuni deux des plus grands auteurs du genre, Osamu Tezuka et Naoki Urasawa, mais aussi car il s’agit d’une histoire vraiment prenante, à l’envergure et à la qualité impressionnantes. Le maître des histoires complexes au suspense grandissant jusqu’à l’insoutenable s’est en effet basé sur une des meilleures histoires d’un des titres au plus grand succès du dieu du manga pour produire une fresque de SF réaliste et aux questionnements que ne renierait pas Masamune Shirow (Ghost in the shell), un autre grand maître, sur les sentiments humains et la définition de la vie, que l’on soit un homme ou un robot à l’IA plus ou moins avancée. Ce 8ème et dernier volume est celui de toutes les révélations et atteint le point critique lorsqu’on apprend que le monde risque carrément d’être anéanti. Pour combattre la haine extrême qui a permis d’en arriver là, Astro, que l’on croyait tout d’abord contaminé lui aussi par la rancœur, va finalement opposer de la compréhension et de l’amour face à Pluto, une piste qui avait commencé d’être creusée lors du tome précédent où Epsilon le pacifiste faisait la même chose. Mais le résultat pour ce dernier avait finalement été tragique : en sera-t-il de même pour Astro ? La fin de ce titre confirme - si on en avait besoin - que l’histoire n’est qu’inspirée par la partie « Le robot le plus fort du monde » d’Astroboy : si le concept général reste le même, Naoki Urasawa a su créer à partir de là une histoire qui lui est propre et qui rend bien plus honneur ainsi au travail d’Osamu Tezuka que s’il n’en avait réalisé qu’une simple redite. On regrette par contre certains effets scénaristiques qui tombent un peu à l’eau faute de crédibilité, comme le réveil d’Astro où ce dernier semble être devenu fou sans véritable raison : on le supposait haineux à cause des sentiments de Gesicht à sa mort mais on apprend par la suite que cette explication ne tient pas, et l’auteur ne cherche pas ensuite à donner une autre explication. Effet de manche pour cliffhanger de fin de chapitre, cela décrédibilise un peu cette partie du récit, dommage. En dehors d’un ou deux petits ratés comme celui-ci, ces derniers chapitres sont au niveau du reste de la série, même si on aurait aimé un peu plus de sentimentalisme sur la fin. En fait, on a l’impression que Naoki Urasawa a été trop court d’un ou deux chapitres pour réussir à conclure son récit convenablement. Arrivé à la fin du dernier chapitre, certaines petites choses restent sans réelle explication, mais, grâce à quelques éléments explicites, on devine tout de même sans trop de mal les réponses qu’il nous manque. Qui plus est, une petite postface bienvenue conclut la série en racontant une anecdote sur la signification du titre de l’histoire d’origine « Le robot le plus fort du monde », une très belle façon de finir en résumant tout le sens de cette histoire en un simple message qui fut probablement celui que voulait faire passer Osamu Tezuka en son temps.

voir la fiche officielle ISBN 9782505011781