parution 21 octobre 2010  éditeur Le Lézard Noir  Public ado / adulte  Mots clés Erotique / Fantastique - Etrange / Horreur / Seinen

La Chenille

Lorsque son militaire de mari revient de la guerre en homme-tronc sourd et muet, Tokiko est désespérée mais ne va pas à tarder à découvrir des plaisirs inédits. Un one-shot troublant mais intéressant.


La Chenille, manga chez Le Lézard Noir de Edogawa, Maruo
  • Notre note Red Star Red Star Red Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Red Star Red Star Red Star Grey Star

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  • dessin Red Star Red Star Red Star Grey Star

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L'histoire :

La guerre est finie et nombreux sont les soldats à revenir morts. Lors de l’enterrement d’un militaire, des femmes félicitent Tokiko Sunaga car son mari, qui s’est illustré dans les combats, va revenir vivant. Blessé certes, mais vivant. Pourtant, lorsqu’elle retrouve son mari à l’hôpital, Tokiko est révulsée et s’évanouit. En effet, l’homme s’est vu amputer les bras et les jambes, son visage est défiguré et ses blessures l’ont rendu sourd et muet. Désormais, Tokiko va prendre soin de son mari et c’est avec beaucoup d’attention qu’elle s’occupe de lui. Tous admirent la dévotion de Tokiko, ignorant qu’elle-même est dégoûtée par l’apparence de son mari qui lui fait penser à une grosse chenille répugnante. Pourtant, elle finit par s’y habituer et s’adonne à des plaisirs charnels avec ce qu’il reste de son mari, ce dernier étant finalement capable de lui donner du plaisir d’une manière qu’elle n’aurait jamais imaginé...

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Ce n’est pas la première fois que Suehiro Maruo, maître incontesté de l'ero-guro (érotique-grotesque), adapte un roman de l’écrivain Ranpo Edogawa (on se souvient notamment de L’île panorama chez Casterman). Ce coup-ci, c’est donc La chenille, nouvelle publiée en 1929 et qui fut censurée au cours de la guerre, qui se voit transposée en manga. On y découvre un couple composé d’un héros de la guerre devenu homme-tronc (semblable à une « chenille » justement) et de sa femme, Tokiko, condamnée à s’occuper de lui. Dans un premier temps, on est - comme les autres habitants - d’abord admiratif devant la dévotion de cette femme qui s’occupe constamment de son mari, et ce malgré les sacrifices et l’attitude dégoutée des autres : le portrait paraît un modèle de courage. Cependant, ce n’est pas cela, ni même la dénonciation de la guerre qu’on peut y déceler (et qui avait d’ailleurs été le motif de la censure du roman), qui fait l’intrigue mais la spirale dans laquelle vont tomber Tokiko et son mari : tour à tour, ils sont le maître ou l’esclave et s’adonnent à des jeux sexuels de plus en plus grotesques, Tokiko devenant aussi accroc à ces moments-là que répugnée par ce comportement. Pour peu qu’on aime le genre, qui reste tout de même particulier, le scénario se révèle très prenant car le récit est bien maîtrisé et on ressent parfaitement la folie dans laquelle sombrent les personnages : il se dégage un parfum angoissant qui envoute notre regard à la lecture et un suspense indéniable en ressort. Quant aux dessins, ceux-ci sont très réalistes tant en ce qui concerne les personnages (silhouettes, visages et vêtements) que dans les décors. La mise en scène est soignée et le découpage fait preuve de dynamisme (à quelques planches près). De plus, on remarquera que les scènes de sexe sont très crues et ne font pas l’objet d’une censure : on voit tout et les gros plans sur les parties intimes ne manquent pas à l’appel. Un titre intéressant qui devrait plaire aux amateurs du genre et à ceux qui restent ouverts à cet univers.

voir la fiche officielle ISBN 9782353480234