parution 04 novembre 2020  éditeur Les arènes  Public ado / adulte  Mots clés Féminisme / Guerre / Historique / Santé

A mains nues T1

1900-1921

Au début du XXème siècle, en sus de ses idées progressistes, Suzanne se passionne par la médecine et plus particulièrement la reconstruction faciale. Biographie d’une féministe et pionnière de la chirurgie esthétique.


 A mains nues T1 : 1900-1921 (0), bd chez Les arènes de Slimani, Oubrerie, Desmazières
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

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    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Les arènes édition 2020

L'histoire :

A la fin du XIXème siècle, la mère de Suzanne Gros quitte sa ville de Laon pour emmener sa fille à Paris. Durant cette journée de tourisme, elles assistent à un grave accident de la circulation, entre une voiture qui a perdu ses freins et un cheval. Etonnamment, Suzanne est plus intriguée par ce spectacle que par le carnage sanguinolent. Bien des années plus tard, Suzanne se marie à Henry Pertat, médecin de profession. Ils s’installent avenue de Villiers à Paris. Si Suzanne apprécie énormément la vie culturelle parisienne, la vie au foyer l’ennuie profondément. Elle s’initie notamment à la peinture, mais n’apprécie guère l’académisme en la matière. Par refus des discours machistes rétrogrades et en raison d’un réel appétit pour les études, elle décide de passer son baccalauréat. Puis avec l’aide de son mari, qui l’encourage réellement dans cette voie, elle poursuit des études de médecine. Elle découvre alors les bancs de la faculté et l’hallucinante ambiance de carabins. Elle noue des amitiés avec d’autres étudiants, en compagnie desquels elle apprécie de sortir. Parmi ceux-ci, André ne se lasse pas de tenter des approches…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Ce premier tome (d’un diptyque en cours de finalisation) est une œuvre féministe. Non seulement parce qu’il s’emploie à biographier le parcours professionnel hors normes d’une femme médecin, à une époque où la pratique était très majoritairement réservée aux hommes. Mais aussi parce que Suzanne Noël était une authentique engagée féministe, qui lutta notamment pour le droit de vote des femmes et leur indépendance professionnelle. Voire encore, parce qu’elle révèle les premiers pas d’une discipline médicale qui œuvre en faveur de la beauté des visages, la chirurgie esthétique, pour la première fois en dehors des besoins purement pathologiques. Certes, Suzanne Noël répare ici des « gueules cassées » de la Première Guerre Mondiale, mais elle compense aussi les flétrissures de l’âge chez les femmes qui lui demandent – par exemple, les rides de Sarah Bernhardt. En ce sens, la soif de culture de Suzanne Noël pour la peinture prend tout son sens : elle aussi est artiste, qui sculpte les visages vivants. Cette première partie couvre la période 1900-1921, soit la première partie de Vie de Suzanne Noël (1878-1954). On retrouve les dialogues le verbe élégant, le phrasé libre et percutant de Leïla Slimani (Goncourt 2016, excusez du peu !). Mais on note aussi que la romancière n’a pas encore acquis la pleine mesure des possibilités séquentielles du 9ème art, notamment par l’incursion légèrement insolite de précisions descriptives dans les gouttières horizontales. D’ordinaire, en bande dessinée, le dessin suffit – ou du moins les encadrés narratifs sont codifiés. Cela dit, ce procédé ne gêne nullement à la lecture et le savoir-faire graphique de Clément Oubrerie compense. En dépit de la vocation réaliste du dessin, Oubrerie utilise un trait de dessin volontairement un peu épais et charbonneux, apparaissant souvent comme dédoublé. Le procédé permet d’étouffer les imperfections et d’ajouter du « grain » comme sur les vieilles photos, ainsi que de la vie à des plans souvent figés. Le dessinateur parvient admirablement à insuffler le décorum désuet des années 20, à travers les costumes, les décors, les coiffures, les postures ou les objets usuels.

voir la fiche officielle ISBN 9791037502643