parution 01 novembre 2008  éditeur Au diable vauvert  Public adulte  Thème Roman graphique, Chronique sociale

Kari T1

Kari

Lorsque Ruth décide de quitter la ville pour d'autres cieux plus bleus, Kari se retrouve seule, le coeur et le corps meurtris par une réalité urbaine honnie... Un titre au ton singulier mettant vos sens en exergue.


 Kari T1 : Kari (0), comics chez Au diable vauvert de Patil
  • Notre note Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Blue Star Blue Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Au diable vauvert édition 2008

L'histoire :

Kari et Ruth, bien qu’étant deux êtres incontestablement distincts, étaient substantiellement un. Reliées par le cœur, au point que lorsque Ruth décide de sauter le pas, plongeant vers l’inconnu, Kari la suit la seconde après qu’elle ait reçu son coup de téléphone. Ruth a choisi de partir et Kari se retrouve seule en cette jungle urbaine qui l’oppresse. Ruth avait pour elle un filet de sauvetage, un avion qui l’emporte vers des cieux plus cléments ; Kari émerge, elle, péniblement de la puanteur citadine. Une puanteur qui la suit jusqu’au boulot. Une puanteur qui la cerne, la marque et la ronge de l’intérieur. Kari travaille pour une agence publicitaire. Elle écrit à longueur de journées des slogans qui souvent, presque toujours, finissent à la poubelle. Les ordures encore. « L’étreinte étouffante de Smog City » (sic). Lazarus, un collègue, et elle-même y ont même passé leur dernière Saint-Sylvestre, à l’agence, afin de promouvoir un produit joliment baptisé « la chevelure féérique ». Pendant que Ruth rejoint un environnement de mille couleurs, Kari demeure elle ici-bas, sa vie partagée entre l’agence et « Crystal Palace ». Crystal Palace est l’endroit où crèche Kari et deux amies, un T3 d’à peine 60 m². Petites, les filles se rêvent les princesses de châteaux resplendissants ; la réalité adulte est tout autre. Cruelle. La vie à 3 dans un T3 d’à peine 60 m² donnerait des envies de meurtre à n’importe quel être humain normalement constitué. Le quotidien y est encombré, rythmé par les coups de fils à maman et les instants en compagnie de Billo, la star du lieu, et Delna, son amie…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Manque souvent à la production BD ambiante un ton singulier, un réel caractère narratif. A cela, le roman graphique apporte souvent aussi une réponse et, cette fois, c’est d’Inde qu’elle vient. Traduit (très justement) de l’anglais par Morgane Saysana, Kari est un peu au roman graphique « ce que Persépolis de Marjane Satrapi est à la bande dessinée européenne » (Trendylicious). Disons d’emblée que tous n’aimeront pas – surtout qu’on est loin du format classique de la BD franco-belge. Mais le talent d’Amruta Patil, son auteur, est certain. Premier tome (de trois annoncés), Kari nous parle du désamour au quotidien d’une jeune femme immergée dans une réalité urbaine qu’elle vomit (la métaphore du système digestif est d’ailleurs employée à l’égard de cette ville tentaculaire qui pourrait être Bombay). Kari, héroïne et narratrice, pose un regard sans concession sur la modernité citadine qui l’entoure. D’entrée, la jeune femme a perdu l’Amour de sa vie – partie sous d’autres cieux – et, péniblement, elle tente de poursuivre sa vie. Cet album est un peu l’histoire d’un deuil difficile, si tant est que l’expression ait un sens. Une attention toute particulière a été portée au vocabulaire développé notamment autour des sens mis en exergue. L’olfactif d’abord, mais le touché (charnel), le gustatif, le visuel aussi, etc. Le caractère (probablement) autobiographique du titre, sa narration personnelle, favorise l’empathie naturelle que le lecteur ne peut manquer d’éprouver pour la jeune rebelle. Les éditions Au diable vauvert publient peu en bande dessinée ; ils ne s’y sont pas trompés. Kari se pose en ode au voyage, une ode teintée de poésie, de colère et d’espoir. A découvrir.

voir la fiche officielle ISBN 9782846261722