parution 20 mai 2011  éditeur Le Lombard  Public ado / adulte  Thème Conte - Féerie

Trilogie africaine T1

Le montreur d'histoires

Un gentil raconteur d’histoires se borne à vouloir organiser ses spectacles, en dépit de la volonté d’un ignoble tyran local. Un conte africain juste et bouleversant, mettant en exergue l’impérieuse force du verbe.


 Trilogie africaine T1 : Le montreur d'histoires (0), bd chez Le Lombard de Zidrou, Beuchot
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Le Lombard édition 2011

L'histoire :

Dans ce village du Sénégal, la nouvelle se propage comme une trainée de poudre parmi les enfants : le raconteur d’histoires, surnommé « Il était une fois », est de retour dans sa roulotte ! Une fillette prévient sa grand-mère alitée, en fin de vie. Celle-ci lui donne un sou, pour payer le spectacle, et réclame qu’elle revienne ensuite lui raconter l’histoire, avec ses mots. Parents et enfants se massent alors en demi-cercle autour de la roulotte. La fillette reste bizarrement à l’écart. Le rideau s’ouvre et Il-était-une-fois entame un conte, mettant en scène un petit singe et un terrifiant serpent, à l’aide de marionnettes et d’ombres chinoises. A l’issu de la représentation, alors que tout le monde est rentré chez soi, la fillette ose enfin passer une tête par l’ouverture de la roulotte. Elle s’étonne de constater qu’Il-était-une-fois est manchot des deux mains… Puis, vu qu’il est très gentil, elle parvient à négocier une petite représentation privée pour sa grand-mère. Le lendemain, Il-était-une-fois repart, vers de plus dangereuses contrées. Il a en effet le courage – et l’impudence – de retourner dans son village d’origine, contrôlé par l’ignoble Salif. Petit tyran et chef de la police, Salif lui a coupé les mains à coups de machette, parce qu’il a décrété que les histoires étaient interdites. Mais les convictions d’Il-était-une-fois sont inébranlables et il compte bien redonner un spectacle. Folie ?

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Il est trop fort, ce Zidrou. Lui seul est capable de nous émouvoir aux larmes toutes les 3-4 pages… et dans le même temps, soudainement, de nous ébranler en plongeant ses personnages dans un rebondissement tragique des plus ignobles. Ce conte africain met en scène un raconteur de contes africains (jolie mise en abyme), mu par une irrépressible vocation : transmettre des histoires. Et des histoires, il y en a des tas dans cette histoire, car tour à tour, chaque protagoniste présente brièvement sa petite destinée perso, s’adressant directement au lecteur, en autant de digressions hors continuité. Et puisque ces parenthèses biographiques en « mode reportage » se positionnent en marge, Zidrou en profite tantôt pour donner la parole (la parole, élément essentiel !) aux cadavres ou aux animaux… Astucieux et direct, ce biais narratif a le double mérite de transmettre beaucoup d’infos utiles et touchantes sur la psychologie des personnages, et d’offrir une grande lisibilité à la narration. Ce one-shot de 96 planches s’adresse ainsi à un très large public. Or Zidrou s’épaule aussi sur le dessin semi-réaliste tout aussi limpide (aux couleurs contrastées, comme baignées de soleil) de Raphaël Beuchot (découvert via le prix Raymond Leblanc en 2008). Ensembles, ils évoquent donc la destinée tragique du personnage central d’Il-était-une-fois, un héros comme on en fait peu. Manchot, imaginatif, humaniste, courageux jusqu’à la folie, il est convaincu que la force du verbe et sa transmission prédominent sur toute barbarie. Et c’est bien là le cœur du sujet : la plume contre l’épée, ici justement et talentueusement traité. Optimisme et fatalité s’entremêlent donc avec une émotion dingue, qui bouleversera le plus endurci…

voir la fiche officielle ISBN 9782803628148