Bye bye Babylone, bd chez Denoël de Ziadé ©Denoël édition 2010

Bye bye Babylone

La guerre du Liban vue au travers des yeux d'une enfant de 7 ans à ses débuts. Une oeuvre autobiographique mariant textes et dessins, revenant sur des souvenirs douloureux - des horreurs - racontés avec plus ou moins de bonheur, formel notamment.

L'histoire : 1975. L’enseigne au bas de l’escalier mécanique menant au supermarché Spinney’s promettait à ses visiteurs le paradis. Beyrouth se voulait alors – et se croyait – un modèle de réussite consumériste à l’Occidental. La promesse d’une vie facile à porter de main. Mais, sous ses allures de « riviera », la capitale libanaise arme ses enfants. Les diverses communautés composant le pays ne s’entendent guère et attendent l’étincelle pour en découdre. Le 13 avril, un dimanche, l’accrochage entre des Palestiniens et des conservateurs chrétiens du Kataëb transforme les rues en champ de bataille. Lamia Ziadé a sept ans et, de retour d’un déjeuner familial à la campagne, elle s’en rappellera toute sa vie. Le voisinage était méconnaissable (pneus brûlés, flammes, cris, routes barrées…). Il y eut un avant et un après. Ce fut le début de l’escalade vers « l’euphorie » d’une guerre sans fin. Bientôt, les morts se compteraient pas milliers et la vie deviendrait un cauchemar…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :  Dans mon souvenir, la dernière – et saisissante – œuvre graphique traitant de la guerre du Liban était Valse avec Bachir portée magistralement à l’écran puis déclinée en bande dessinée. Avec Bye bye Babylone, Lamia Ziadé revient sur ses souvenirs des « tragiques événements » (comme on dit parfois) qui ensanglantèrent son pays au cours des années 1970. Beyrouth 1975 – 1979 plus précisément, en sous-titre. L’auteur avait sept ans aux débuts du conflit ; elle conclue son ouvrage par un souvenir à vingt-deux ans, sur un épilogue semblant interdire tout espoir. Ou simplement peut-être désabusée, lassée par tant d’horreurs absurdes sans fin. Ce livre mêle textes et miniatures – peintures, de fait – des personnages, paysages, articles de consommation, cadavres, etc. tout ce dont fut témoin Lamia Ziadé, enfant, et qui fait sens pour elle. Une sorte de patchwork raconté chronologiquement, d’un ton faussement détaché. Malheureusement, le lecteur peine à se prendre au jeu. L’ouvrage ne convainc pas sur la forme. Le traitement chronologique donc, souvent factuel, et l’accumulation de dessins ressemblants à des croquis enfantins, donnent des allures de catalogue au livre. Sur le fond, le parallèle affiché entre la capitale libanaise et la mythique cité mésopotamienne a pourtant de quoi séduire. Véritable nœud – et nid – de vipères inextricable, Beyrouth semblait vivre sur une image, un paraître consumériste et clinquant, masquant les désaccords profonds entre les multiples communautés composant le paysage libanais d’alors. Des communautés incapables de se comprendre, prises dans une escalade que personne ne maîtrise plus. Sujet grave et édifiant, le « charnier » libanais laisse un champ de ruines (économique, culturel, sociétal…). Et aujourd’hui encore, ses « enfants » – dont Lamia Ziadé – gardent en eux des séquelles qu’ils expriment, avec plus ou moins de bonheur.

  • scénar dessin


8 novembre 2010



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Bye bye Babylone, bd chez Denoël de Ziadé ©Denoël édition 2010

15 octobre 2010

Denoël

9782207109304

adulte

Guerre, Roman graphique

scénariste
dessinateur
coloriste
 

Bye bye Babylone série terminée en France
1 album paru, 1 prévu