parution 13 juillet 2012  éditeur Urban Comics  collection Vertigo Classiques
 Public ado / adulte  Thème Policier, Thriller

100 Bullets – Edition Hardcover, T4

Le blues du prince rouge (intégrale)

Atlantic City. Hank Kowalski, dont la femme est gravement malade, doit se refaire une petite santé financière. Sauf que Benito Medici, son adversaire de poker, lui dilapide ses dernières économies…Un classique du polar noir.


 100 Bullets – Edition Hardcover, T4 : Le blues du prince rouge (0), comics chez Urban Comics de Azzarello, Risso, Mulvihill, Johnson
  • Notre note : Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star
  • Scénario : Blue Star Blue Star Blue Star Blue Star
  • dessin : Blue Star Blue Star Blue Star Grey Star
©Urban Comics édition 2012

L'histoire :

Atlantic City. Hank Kowalski vient de perdre gros en jouant au poker. La faute à Benito Medici, un blondinet roublard. Hank, qui a besoin de sous pour soigner sa femme, se retrouve désargenté tout en nourrissant une haine viscérale pour ce renégat…Tout la haut, dans un des casinos de la ville, se tient la réunion du Trust dirigée par Augustus : 13 personnages y participent, 13 représentants des 13 familles qui dirigent le pays en secret. L’ordre du jour concerne les Minutemen, l’ancien bras armé du Trust à la tête duquel se trouvait l’agent Graves. Les Minutemen avaient pour mission de régler les différends entre les familles du Trust afin de maintenir la paix. Mais le jour où Graves a refusé d’obéir aux ordres du trust, il a signé l’arrêt de mort des Minutemen. L’ennemi s’appelle désormais Graves, il faudra donc l’éliminer pour mener à bien la tâche du trust. Justement, l’agent réapparaît à Atlantic city en compagnie de Cole Burns, ancien Minuteman lui aussi. Au même moment, Daniel Peres, membre du Trust, quitte le sommet pour rejoindre en secret les deux agents pour un conciliabule des plus tendus…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Ceux qui découvrent la réédition de 100 Bullets ont à vrai dire une sacré chance, celle de lire un must du polar hardboiled. Ce 4ème volet gagne encore en complexité tandis qu’Azzarello joue avec maestria d’une narration éclatée et dynamique pour camper un univers poisseux – la maison de Hank- ou luxueux- hôtels et casinos d’Atlantic City-, toujours foisonnant de détails en arrière-plan, parfaits décors qui prophétisent la tragédie à venir. Autre grande qualité, le talent du scénariste à composer des personnages fouillés, psychologiquement perturbés ou revanchards, fous ou désespérés, tous étant déjà plus ou moins condamnés, sans oublier des femmes fatales dont les courbes entrainantes masquent bien souvent des desseins plus élevés (voir la sulfureuse mais faible Megan). En creux, ne pas oublier le subtil questionnement critique sur l’Amérique qui nous tend son miroir, celui d’un pays décadent riche de ses contradictions, aussi fascinant que détestable, fruit d’un pouvoir corrompu et coupable d’enfanter un monde illusoire qui asservit plus qu’il ne libère. Plus profond encore et plus complexe, cet opus fait la part belle aux origines du Trust et des Minutemen dont les destinées sont intimement liées, lorgnant vers une série comme Prison Break (qui est sortie bien après !) pour ce qui est de la conspiration politique guidée par le secret de l’action et la violence meurtrière. Le dessinateur argentin Eduardo Risso, lui, sublime le récit par ses encrages, ses perspectives cinématographiques, sa maîtrise du clair-obscur et son aptitude à restituer avec précision un sentiment, une impression par un trait légèrement caricatural. Voir les magnifiques regards noirs de Graves ou les reflets effrayants dans ses verres de lunettes. A noter que dans le chapitre L’arbre généalogique de Branch, plusieurs guest-star apparaissent au dessin : Frank Miller, Dave Gibbons ou Paul Pope. Bref, beaucoup de révélations encore, des meurtres, des ambiances froides, sombres et violentes et des personnages magnifiques de désespoir ou d’ambition. A ne pas manquer…

voir la fiche officielle ISBN 9782365770590