En 2012, Alain Chabat avait réalisé une première adaptation filmique de la bestiole exotique jaune tachetée de noir à longue queue inventée par André Franquin. Cette version ciné s'était avérée sympathique, bien meilleure que les catastrophiques adaptations de Gaston et de Spirou sorties à la même époque, mais également moins percutante que son œuvre culte, l'adaptation en film d'Astérix et Cléopâtre.
14 ans plus tard, voici que Philippe Lachaud et sa bande proposent leur version à eux, simplement titrée Marsupilami. Celle-ci peut se voir indépendamment du premier volet, quand bien même Jamel Debbouze rempile dans son rôle d'indigène aventurier.
Pour le reste du casting, on retrouve avec plaisir les acteurs récurrents de la bande à Phiphi, tous dans des rôles parfaitement calibrés pour leurs registres habituels.
On vous fait le pitch : le comptable d'un zoo (Philippe Lachaud) se retrouve pour d'improbables raisons obligé de rapporter à son directeur (Jean Reno) l'œuf d'un animal rare et précieux vivant dans la jungle de Palombie. Il fait donc le voyage, embrouille l'affaire en mêlant sa famille (Elodie Fontan et le jeune Corentin Guillot) en plein divorce. Et tout empire avec l'incursion d'un douanier zélé (Alban Ivanov), d'un chanteur latino ringard (Tarek Boudali), d'un gardien de zoo fleur bleu (Julien Arruti) et d'une milice de gros bras sans scrupules. On croise aussi Gérard Jugnot et Didier Bourdon dans des rôles secondaires ainsi que quelques autres têtes connues. Le terrain est idoine pour une avalanche de situations gaguesques. Le Marsupilami en images de synthèse a beau être un bébé, proche du Gizmo de Gremlins avec son duvet de peluche et son ronronnement, mais il joue lui aussi pleinement son rôle, tel que défini par le catéchisme franquinien.
Dès lors, le déroulé narratif foutraquement rocambolesque s'appuie sur une pluie de vannes, de situations loufoques, ainsi que de nombreux caméos aux blockbusters des années 80 et 90 : de Gremlins à Titanic, en passant surtout par E.T., pour lequel la bande musicale de John Williams est très largement inspirée (et réussie) sur la fin. Il y a même une séquence de combat en clin d'œil à Dragon Ball.
Évidemment, l'humour façon Lachaud n'est pas exactement celui de Franquin – tout comme celui de Chabat s'en éloignait aussi. On tire ici plus volontiers parfois vers le scato (léger). Mais le savoir-faire de réalisation, qui joue habilement avec les ralentis, les accélarations, les travellings, les zooms, et surtout la forte dose de gags, sur des séquences en cascade parfois très réussies, pourront vous faire rire aux larmes. La séquence émotion finale fonctionne également très bien, même si elle est totalement plagiée sur E.T.
Comme d'habitude dans les films de Lachaud, on sent que la bande s'est énormément amusée à tourner ce film et leur bonne humeur est communicative.
Le Marsupilami de et avec Philippe Lacheau sort nationalement le 4 février 2026.