L'histoire :
Anna, violoniste de profession, se produit avec son orchestre dans une grande salle de concert. Après la représentation, en coulisses, tout le monde se réjouit d'avoir enfin quelques jours de pause. Anna prend le temps de ranger précautionneusement et en silence ses affaires. Dans la loge, son amie enfile sa veste pour partir, et lui indique qu'elle a commencé le livre qu'elle lui a prêté, et qu'elle a beaucoup pleuré ! Elle apprécie particulièrement qu'elles se partagent leurs lectures. Elle glisse à Anna un roman, Come acqua nel vento, dans le même style et qui lui avait beaucoup plu. Anna la remercie, elle va pouvoir le commencer dans l'avion qui la ramène dans son village natal. Son amie lui propose d'aller boire un verre. Mais comme à chaque fois, Anna décline. Son amie repart en lui souhaitant un bon voyage. La jeune femme rentre chez elle, en flânant dans les rues de la ville. Il fait nuit, la ville est lumineuse. Elle observe les gens en terrasse, qui se retrouvent, qui rient... elle semble envahie par la mélancolie. Dans le métro, les larmes lui montent aux yeux. Elle finit par arriver dans son appartement. Dans la pénombre, elle lit ses textos et n'appelle pas sa maman qui voulait lui parler. Elle va directement se coucher. Si Anna a réussi à atteindre son objectif professionnel, elle n'est pas heureuse. Et le décès de son papa n'a rien arrangé. Ce voyage risque d'être éprouvant pour elle. Heureusement, elle a un livre de chevet qu'on lui a prêté et qui pourrait bien lui permettre de remettre en perspective certains aspects de sa vie.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Après Bonjour, Offenbach !, Luigi Formola et Antonio Caputo réitèrent leur collaboration. Ces auteurs italiens nous plongent dans une histoire douce-amère, qui nous prend par les sentiments. Ici, Anna, une jeune femme qui a atteint ses objectifs de vie, notamment professionnels, ne réussit cependant pas à s'épanouir. Elle s'isole beaucoup, elle a du mal à avoir une vie sociale. Lors d'un voyage qui la ramène vers sa famille, sur les terres de son enfance, et grâce à la lecture, elle réussit à prendre du temps pour cheminer, réfléchir et, peut-être, faire germer des graines pour trouver à nouveau la joie de vivre et la passion. On ressent une ambiance proche des récits de Jordi Lafèbre : des personnages qui se cherchent, une pointe de romance, une place importante de la famille. La narration croisée alterne les points de vue, entre la vie d'Anna et les aventures des personnages de sa lecture du moment. Certaines transitions auraient pu être un peu plus peaufinées, notamment pour bien permettre au lecteur d'identifier les héros du roman. Le dessin est frais, vivant et permet de bien s'immerger dans la narration. Cette BD sur le deuil aborde la possibilité de reprendre en main son destin pour aller vers plus de liberté et de bonheur. Un récit touchant, mais qui aurait pu aller un tout petit peu plus en profondeur, en accompagnant mieux le lecteur dans sa lecture.