L'histoire :
L’apprentie pêcheuse « Pourpre-Sang » Lorinte et son mentor Sauln pénètrent dans une caverne marine de l’île de Tureine. Une forte odeur de charogne leur confirme qu’ils sont dans le repaire du « fauch’queue » qui fait des ravages. Or c’est plutôt cette bestiole terrifiante qui les débusque, en faisant choir Lorinte dans l’eau. Un combat âpre s’ensuit, qui voit le duo couper la queue si prisée du monstre, puis lui trancher le goitre. Ils sont fins heureux de revenir au port avec leur trophée. Beaucoup moins lorsque les locaux leur attribuent la moitié de la prime d’ordinaire échue pour une telle queue. Les temp sont durs pour tout le monde. Ils s’en retournent déçus à l’auberge. Prendre autant de risques pour si peu… Il va sans doute falloir réformer leur projet de vie. Lorinte ronge son amertume lorsqu’elle est abordée par une jeune femme aristo. Adèle d’Aubépine cherche justement à recruter des Pourpres-Sangs pour… assurer sa protection lors d’un bal au palais du gouverneur. Dubitatifs quant au choix de leurs personnes au regard de leurs réelles compétences, Sauln et Lorinte sont trop fauchés pour se permettre de refuser. Quelques jours plus tard, ils ont acheté de beaux costumes et montent l’interminable escalier qui mène à la salle de bal en compagnie d’Adèle dans sa plus belle robe…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
On sent une technicité graphique très au point et une envie folle de défourailler une « BD de genre » d’heroïc-fantasy et maritime, qui nous emporte par son souffle épique virevoltant et nous dépayse par ses codes sociaux novateurs. Néanmoins, un sentiment de « déjà vu » peut poindre, notamment chez les lecteurs vétérans qui ont absorbé la production de fantasy Soleil des années 2000-2015 (Lanfeust et consort) et qui connaissent la licence ciné Pirates des Caraïbes par cœur. Les profanes pourront néanmoins se laisser séduire par cette quête initiatique, ce désir de vengeance, ce monde peuplé de créatures maritimes aussi cauchemardesques que féroces, de palais merveilleux et haut-perchés, de légère magie et de légende de déesse décapitée. En tout cas, pour son tout premier album, le jeune auteur complet malouin Léo Chérel connait son catéchisme sur le bout des doigts. Il inaugure comme il se doit le premier ouvrage de ce « nouvel » éditeur, Astrolabe, au sein donc d’une collection logiquement ex nihilo Charybde (consacrées aux aventures maritimes). Astrolabe est une émanation de Media Participation (Dargaud, Lombard, Dupuis, Kana…) et se destine à 200% à la « BD de genre », ouverte aux auteurs/autrices internationaux. Ce tome 1 de 92 planches spectaculaires – plus un cahier graphique spécial – connaitra assurément une suite. Mais pour les prochains ouvrages d’Astrolabe, il faudra attendre la rentrée de septembre 2026. Le dernier pilote (de l’anticipation autour des sports mécaniques) et le Quatrième père (un road-trip héroïque) seront suivi en octobre du Phare (un recueil d’histoires sur ce thème).