parution 26 août 2020  éditeur Bamboo  collection Grand angle
 Public ado / adulte  Thème Guerre, Historique

Les Compagnons de la libération T4

Romain Gary

En 1940, Romain Gary rêve de combattre pour la France libre. Il passe cependant des années de guerre en Afrique et s’illustrera par un acte héroïque en juillet 44. Portrait d’un héros controversé, qui deviendra un grand écrivain.


Les Compagnons de la libération T4 : Romain Gary (0), bd chez Bamboo de Valenti, Plumail, Blanchot, Bouët
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  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Bamboo édition 2020

L'histoire :

En avril 1940, la mère de Roman Kacew rend visite à son fils alors qu’il est en formation de pilote sur la base aérienne de Bordeaux-Mérignac, en zone libre. Ce lituanien d’origine, juif et francophile, ne rêve que de se battre pour la France libre, continuer le combat contre l’oppresseur allemand. Il se rendra pour cela tout d’abord en avion sur la base marocaine de Meknès, le 24 juin 1940. Mais c’est trop tard : le Maroc vient à son tour d’abdiquer. Il tue le temps en écrivant des lettres à sa maman, confortablement installé dans des bars, et en séduisant des femmes. Car celui qui deviendra écrivain sous le nom de Romain Gary – et qui décrochera deux prix Goncourt – sait bien écrire. Ses camarades se moquent d’ailleurs souvent de lui en lui prédisant le Nobel de littérature. Bref, il parvient avec deux autres copains à embarquer clandestinement de nuit à Casablanca à bord d’un cargo à destination de Glasgow. Il apprend alors que ces traitres d’anglais viennent de couler la flotte française à Mers-El-Kebir. Horreur ! Fait-il bien de rejoindre la perfide Albion ? Il entend alors parler pour la première fois de l’appel d’un certain général De Gaulle. Il débarque en Ecosse en juillet 1940. Il rejoint Londres, croise enfin De Gaulle, puis entre en formation au sein de la RAF en septembre…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

La collection de Grand Angle au sein de laquelle s’inscrit cette biographie partielle de Romain Gary s’évertue à focaliser sur quelques-uns des plus célèbres parmi les 1038 « Compagnons de la libération », un ordre créé par De Gaulle pour distinguer ceux qui ont rejoint la Résistance dès les premières heures de la seconde guerre mondiale. Logique, donc, que celle-ci ne s’intéresse qu’aux années de guerre de celui qui allait devenir un diplomate et un écrivain majeur de la seconde moitié du XXème siècle. Après avoir francisé son nom, ce dandy d’origine lituanienne se paya en effet le luxe de décrocher deux fois le prix Goncourt (le premier pour Les racines du ciel), grâce au subterfuge de l’œuvre écrite sous pseudonyme (Emile Ajar, pour La vie devant soi). Le coup d’éclat littéraire reste donc absent de cette biographie étonnante, qui court de 1940 à 1945. Etonnante, car hormis l’acte héroïque du 25 janvier 1944, qui lui valut la prestigieuse Croix de la Libération, nous découvrons essentiellement un personnage à la moralité douteuse. Dandy, dragueur, excessif, il rêve de combattre pour la France libre, mais échoue systématiquement à concrétiser ce désir. Après son engagement ferme en 1940, la BD dévoile en effet des années de guerre relativement oisives et lassantes au sein de différents pays d’Afrique (Maroc, Niger, Centrafrique, Tchad, Soudan, Syrie, Egypte). Bref, le parfait planning pour peaufiner son style littéraire. Le scénario de Catherine Valentin le fait même passer pour un charlot : il massacre des pintades, se crashe sur des éléphants, organise un spectacle pathétique… Curieux héros ! Heureusement, le 25 janvier 1944 intervient à la page 41 (sur 46) : après un bombardement réussi, il parvient à ramener son appareil à la base, malgré son pilote Arnaud Langer blessé aux yeux. A noter que cette version est controversée : selon le radio, Gary se serait évanoui. En somme, le portrait bancal qui est fait de Romain Gary à travers ce one-shot – plutôt agréablement dessiné par Claude Plumail – colle au caractère sulfureux du personnage. On s’étonne cependant des libertés prises avec la réalité (et avouées dans le dossier final !) : De Gaulle n’a pas remis personnellement la Croix de la Libération à Romain Gary, cette vision des faits permettant juste de souligner son admiration pour le général…

voir la fiche officielle ISBN 9782818976982