L'histoire :
Toine est bossu. Il travaille comme ouvrier dans l’une des tuileries de l’Estaque, un quartier de Marseille. Il est secrètement amoureux de la jolie Naïs Micoulin. Elle est toujours avec Toine, car le père Micoulin est une vraie brute qui lui défend de parler à d’autres personnes. Il est jaloux de sa fille, mais la laisse sortir avec Toine car c’est un ami d’enfance et qu’elle ne risque rien avec un bossu… Au même moment, à Aix-en-Provence, Frédéric Rostaing, le fils d’un avoué, passe du bon temps dans les bars. Frédéric, qui est étudiant en droit, donne l’illusion à ses parents d’être investi dans ses études alors qu’il joue tard aux cartes et courtise quelques charmantes jeunes filles. Ses parents sont propriétaires de la ferme des Micoulin et d’une villa adjacente où ils comptent passer quelques jours de vacances pour que Frédéric s’y repose. Quand Naïs l’apprend, elle est radieuse à l’idée de revoir Frédéric qui lui a laissé quelques souvenirs troublants lors des vacances précédentes...
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
A l’origine, Naïs est une œuvre littéraire assez méconnue d’Emile Zola, que Marcel Pagnol adapta au cinéma en 1945, en apportant sa touche personnelle et notamment en modifiant le dénouement pour en faire une happy end. Cette comédie romantique dramatique s’articule autour d’un triangle amoureux impossible composé d’un amoureux transit bossu (Toine), d’une jeune paysanne amoureuse (Naïs), d’un un fils de notable de Marseille (Frédéric) qui mène la belle vie et d’un père de famille possessif (Micoulin) capable de commettre l’irréparable pour laver son honneur. Si Naïs est le personnage principal de cette histoire, c’est sans conteste la personnalité de Toine avec sa grandeur d’âme, son sens du sacrifice, qui retient l’attention. Une nouvelle fois, Eric Stoffel livre une adaptation réussie, fidèle à l’œuvre du plus célèbre dramaturge provençal. Malgré la tragédie, les personnages ont une réelle humanité. Si les dialogues sont moins truculents et pagnolesques qu’à l’accoutumée, la lecture est très plaisante. Pour toile de fond, c’est évidemment la Provence que David Ratte représente de manière réaliste. Il ne manque que le bruit des cigales pour s’y croire. Les personnages, avec beaucoup d’expressivité et d’émotions dans le regard, sont illustrés avec une justesse incroyable.