L'histoire :
Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, mai 1897. Un homme fait une chute mortelle du second étage de la galerie centrale. Le musée était fermé, seul un gardien a pu observer le comportement de l’homme au moment de sa chute et décrire qu’il était en proie à des hallucinations terrifiantes. A la même période, un ancien prestidigitateur qui vient de construire un hangar de verre à Montreuil pour y faire des prises de vue cinématographiques est à deux reprises victimes de tentatives d’incendie. Ces événements interviennent peu de temps après le terrible incendie du bazar de la Charité. Une stupide erreur de manipulation de l’assistant d’un projectionniste a enflammé les vapeurs d’éther d’un projecteur : il y aura 130 morts dont une majorité de femmes de la haute société. L’inspecteur Amaury Broyan, un père brisé par la mort de sa fille quelques années auparavant, devenu opiomane, est chargé d’enquêter sur la mort mystérieuse au muséum d’histoire naturelle.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Après L’automne en baie de Somme et L’hiver à l’opéra, c’est sous les couleurs du printemps que commence cette nouvelle enquête d’Amaury Broyan. Pour tenter d’élucider une mort mystérieuse, notre inspecteur mélancolique qui soulage sa peine dans l’opium auditionne plusieurs personnels du muséum. Il rencontre à cette occasion une entomologiste à la fois envoutante, mystérieuse et certainement venimeuse. D’autres morts d’hommes s’ensuivent avec, pour point commun, le fait qu’ils aient survécu à la catastrophe du bazar de la Charité. L’intrigue mise en place par Philippe Pelaez est intelligemment conçue en s’adossant sur un fait dramatique qui a marqué l’Histoire de Paris dans sa chair. Les personnages ne sont pas en reste avec des profils psychologiques complexes, à la fois torturés, romantiques, désespérés, séduisants, etc. Les références littéraires à Rimbaud, Baudelaire ou Hugo donnent également du corps au récit. Graphiquement, c’est une plongée dans la période de l’Art nouveau. Alexis Chabert s’inspire notamment de Mucha pour les personnages féminins aux toilettes sophistiquées. Les décors sont magnifiques : entre architecture d’époque et une nature verdoyante, c’est un régal pour l’œil. On ne peut se dire qu’une seule chose en refermant cet album : vivement l’été.