L'histoire :
Seydou et Elias, deux adolescents, grandissent dans la cité d’Aubervilliers. Un soir, en rentrant du métro, ils sont témoins d’une agression. Seydou tente de venir en aide à la victime, mais celle-ci refuse brutalement son aide. Quelques jours plus tard, Seydou est lui-même agressé par un garçon plus grand que lui. Pour apprendre à se défendre et canaliser leur colère, mais aussi pour muscler leur corps et plaire aux filles, Elias lui propose de s’inscrire dans un club de boxe. Là-bas, ils croisent Adam, le garçon agressé l’autre soir. On raconte que son père était un célèbre boxeur, disparu mystérieusement huit ans plus tôt. Quatre ans passent. Seydou n’a jamais arrêté la boxe. Elias, lui, préfère courir les filles sur les applications… jusqu’au jour où une mauvaise rencontre le conduit à l’hôpital. Fou de rage, Seydou décide de venger son ami. En pleine nuit, il affronte seul un gang et récupère les clés du scooter d’Elias. Mais en fouillant leur planque, il découvre quelque chose d’encore plus troublant : des images compromettantes qu’il s’empresse de photographier. Ces images pourraient prouver l’implication du gang dans les incendies qui ravagent la cité depuis des mois. Les mêmes incendies qui ont tué sa sœur… Et si tout était lié depuis le début ?
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec ce premier récit, le peintre Rakajoo, ancien professionnel de MMA et de boxe, se lance dans le monde du comics. Il propose ici un thriller de banlieue teintée d'un justicier urbain, où se croisent adolescents, violence, corruption et enjeux politiques. Le scénario est bien ficelé. L’intrigue progresse de manière claire et les tensions montent progressivement jusqu’au final. On devine toutefois assez tôt certains rapprochements entre les personnages ainsi que l’issue vers laquelle l’histoire se dirige, ce qui atténue un peu l’effet de surprise. Sur le plan graphique, le contraste est toutefois frappant. La couverture et la quatrième de couverture impressionnent par leurs arrière-plans travaillés. En revanche, à l’intérieur, les décors se font très discrets, voire quasi inexistants. Plus le récit avance, plus les cases semblent se dépouiller de leurs arrière-plans, ce qui finit par appauvrir l’immersion. Les expressions des personnages se répètent souvent et les mouvements paraissent trop souvent saccadés... dommage pour un récit où la boxe occupe une place importante. Enfin, l’univers présenté est très masculin. Les personnages sont que des hommes et l’on ressent une forte culture de la virilité ; la boxe, le pouvoir, le business et la politique semblent seulement leur appartenir...