parution 24 janvier 2011  éditeur Casterman  Public ado / adulte  Thème Roman graphique

Etat de veille

En Italie, au pied d’une usine pétrochimique, la vie presque autarcique des gamins d’un village ouvrier, au rythme des parties de foot et d’un avenir bouché. Un long et lent récit : sombre mais capable de toucher.


Etat de veille, bd chez Casterman de Reviati
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

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©Casterman édition 2011

L'histoire :

Pour Koper, il y a le football. Le football et les copains : Lario, le crâneur, Marzio, Gino « Dribbrino » et les autres… Tous vivent aux pieds de l’usine pétrochimique ANIC, dans un village construit rien que pour les ouvriers : maisons, crèche, école primaire, bar, cinéma, église ou équipe de foot constituent le décor mis judicieusement en place par leur bienfaiteur et fondateur de l’usine, Enrico Mattei…Évidemment, il y a les parties de foot où tous les copains rigolent, sauf peut-être le petit Etorre. Lui, c’est à cause de son père qu’il ne sourit plus. La maman de Koper dit qu’il est parti bien loin. Mais c’est peut-être bien l’usine qui l’a emmené, car on dit aussi qu’il est mort dans un accident. Et puis, au moins il y a les parties de foot. Pas très grave si parfois il faut se boucher le nez bien fort pour aller récupérer le ballon dans l’eau noire et nauséabonde du ruisseau. D’ailleurs, les odeurs, ils les connaissent par cœur. Ils sont capables, d’un coup de narine, de reconnaitre la production du jour. Enfin, il y a les parties de foot parfois interrompues, quand la sirène d’alerte retentit brutalement et qu’il faut se mettre à l’abri…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Meilleur album au festival de Naples 2010, État de veille nous livre une photographie de l’Italie loin des images lissées qui enluminent cartes postales et brochures donnant envie de voyager. Renforcé par un noir et blanc puissant, à la fois anxiogène et dédié au mouvement, l’ouvrage de plus de 300 pages se veut pertinemment sombre, sans la moindre place pour un petit coin de ciel bleu. Ce sont les yeux de Koper, un gamin, qui servent de guide dans cette cité ouvrière des années 80. Un village-usine, sur lequel règnent en grosse matrone une usine pétrochimique, ses émanations mortelles, sa sirène d’alerte, son univers grillagé et ces pères qu’elle épargne ou sacrifie sans explication. Davide Reviati pose impeccablement ce décor. A renfort de faux rythme et description lente, il instille parfaitement cet inadmissible sentiment de fatalité qui laisse nos jeunes héros déterminés à subir leur condition. Les gamins grandissent au rythme d’interminables parties de football, mais on n’a aucun doute sur l’issue qui leur est réservée : au mieux, une vie au pied de l’usine, le nez gorgé d’odeur de punaise écrasée, de plastique, de sucre brulé ou de pisse de chat. Lente et longue, parfois empreinte d’onirisme ou de paraboles métaphoriques, cette description sèche, dénuée d’explication, peut dérouter. Peut-être manque t-il, pour sceller l’intérêt du plus grand nombre, l’épaisseur d’une intrigue ou un fond d’analyse. En partageant quelques scènes de vie quotidienne de ces jeunes héros, on ne les touche pourtant qu’à peine, sans parvenir à s’y attacher réellement. On cherche l’explosion, la révolte. Elles ne viennent pas. Un peu dommage, mais Reviati a vraisemblablement cherché autre chose en se contentant de nous prêter des yeux d’enfants.

voir la fiche officielle ISBN 9782203036086