parution 01 avril 2010  éditeur Casterman  Public ado / adulte  Thème Mondes décalés

Les terres creuses T1

Carapaces

Cinq histoires courtes à fréquence de matérialisation, situation et temps universels donnés, entrecoupées par le récit du voyage des délicieuses Fanelles... Un vrai régal visuel au service d'univers atypiques mais sans scénario solide.


Les terres creuses T1 : Carapaces (0), bd chez Casterman de Schuiten, Schuiten
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Yellow Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Casterman édition 2010

L'histoire :

Carapaces : Danse de séduction pour deux insectes. Jeu, préliminaires avant un délicieux accouplement. Coït interrompu par un talon métallique qui s’écrase sans réfléchir sur les fragiles carapaces des deux amoureux. Et au bout du talon, dans son armure d’acier, il y a aussi un amoureux impatient…
La débandade : Il vole à vélo et à toute allure. A vélo, il se prend les pédales dans les racines volantes des arbres. Il remet jambe et mollet en place. Il « Roule » vers la ville et invite son aimée à rejoindre son vélo pour l’emmener diner. Un repas plutôt déstructurant…
Crevasse : C’est jour de noces. Mariés et convives festoient en plein air. Tous sont heureux. On taquine les amoureux parce qu’ils n’ont pas de lit conjugal. Eux répondent que la nature est leur lit. Justement, la voilà qui se manifeste en ouvrant une crevasse sous leurs pieds. La jeune mariée tombe dans le précipice. Le jeune mari y plonge pour la sauver…
Échantillon, Tailleur de brume, Le pionnier Filinor Von Katseff complètent la balade au sein de ces étonnantes Terres creuses.

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Dans l’univers de François Schuiten, Les Cités Obscures ne prennent pas toute la place… Idem pour ce qui est d’associer ses pinceaux au talent d’un scénariste : pas besoin qu’il se tourne obligatoirement vers son ami Benoit Peeters pour que jaillisse son génie de la planche à dessin. Il en fait d’ailleurs la preuve avec ces Terres creuses qui réunissent 3 volumes réalisés avec son frère, entre 1980 et 1990. La démarche est cependant proche de celles des Cités et présente des univers SF à l’ancienne (Bradbury, Herbert, C. Clarke…) dans lesquels politique (au sens étymologique du terme), onirisme, poésie, science, architecture, étrange se jouent de notre logique et de nos références. Réunies dans Carapaces, ce sont ici 5 balades en 5 récits courts qui inaugurent cette douce immersion. Sur le plan stricto-sensu des scenarii et plus globalement du récit, l’exercice n’a qu’un intérêt limité. Difficile de comprendre très clairement où les auteurs veulent en venir, soit en raison d’un développement trop succin, soit par la faute d’une intellectualisation bien trop subtile du propos. Il y a peut-être à voir du coté de notre rapport au Temps ou quelque chose sur le passage inter dimensionnelle, mais… Seul Tailleur de brume, présente un univers plus détaillé et un début d’intrigue. Carapaces emporte, quant à lui, la palme du propos court impeccablement bouclé. Les autres récits restent très « aériens » ou succin. Du coup, on se demande un peu si l’ensemble n’est pas à confier uniquement à l’œil. La magie du dessin opère, en effet, de bout en bout. François Schuiten déploie ici sa palette avec bonheur : cadrages, colorisations, maitrise des perspectives, émo-sensualité du trait… conduisent à des allers-retours permanents pour prendre sa dose de « beau ». On en redemande alors forcément. A suivre donc avec Zara.

voir la fiche officielle ISBN 9782203026216