L'histoire :
Soudain, au milieu de la nuit, la mortesève atteint la ville de Limeya… en grande quantité. De sont presque des flots de ce liquide ocre et collant qui dévalent des montagnes et se déversent par le vasistas dans la chambre de Koroth. C’est la débandade. Koroth sonne l’alerte et tous fuient l’auberge. Valera utilise sa force spéciale pour arracher un tronc et en faire un radeau de fortune. Il fait grimper ses amis dessus, puis demande à Koroth d’aller allumer le phare pour prévenir alentour de la catastrophe. Volontaire, celui-ci s’exécute mais il se blesse au pied. Dans le chaos, la communauté est obligée de se séparer… et Koroth mais une chute tragique dans la mortesève. Ses amis le voient dériver inconscient. Pendant ce temps, Kahl, Vanelle et Sonae viennent de débarquer sur l’île « miraculeuse » de Mirmaran et ils entament leur exploration vers l’intérieur, à la recherche de « l’homme à la peau grise ». Ils découvrent au loin un cœur de forêt avec un village. Grace à son don, Kahl voit une trentaine de « lignes de vie » s’en échapper, tous de couleur ocre…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec Mortesève, Quentin Rigaud a créé un monde incroyable, pour une série étayée sur de nombreux personnages, des fronts narratifs entrecroisés et des problématiques existentielles novatrices. L’auteur, qui crée en live sur la plateforme Twitch, espérait visiblement pouvoir décliner cette saga sur le long cours. Hélas, il avoue en postface que « le marché en a décidé autrement » : ce tome 3 sera le dernier album – et de fait le plus épais – de cette saga de fantasy écologique, qui se préserve bien de faire des parallèles donneurs de leçon à notre époque contemporaine. Cet univers biologique dévoile à la fois des organisations sociales radicalement différentes, mais il est aussi régi par des systèmes végétaux et météos qui confient aux divinités telluriques. Ces arguments élèvent Mortesève parmi les sagas les plus enthousiasmantes d’« écolo-fantasy » de ces dernières années… mais ils sont aussi pondérés par une narration tantôt alambiquée, tantôt gauchement entrecroisée et des personnages qui se ressemblent un peu. Résultat : on s’y perd parfois, on ne comprend pas toujours qui fait quoi et dans quel contexte. L’expérience de lecture vaut néanmoins le détour, de par son originalité, ses concepts désarçonnants, son potentiel immersif, ses personnalités attachantes et la forte dose d’aventures sur trois volumes costauds.