L'histoire :
Marie est professeure de français et possède un diplôme FLE (français langue étrangère). Mais elle ne travaille pas dans un lycée ou dans un collège. Son travail consiste à apprendre la langue française, son utilisation, sa grammaire, son sens, à des étrangers venus trouver refuge en France. Les journées ne sont pas simples avec un groupe de personnes aussi hétéroclites. Les us et coutumes sont différents, la religion, la société au sens large et même la vie personnelle dans une certaine mesure interviennent dans les différents cours donnés par Marie. Tout en essayant de les préparer à une vie correcte en France à base de remplissage de papier administratif et d’apprentissage des normes du pays dans lequel ils viennent d’arriver. La compréhension n’est pas simple et les visions du monde, de la femme, de la religion et de la vie entrent souvent en collision. Mais Marie tient bon et tente dans la bonne humeur et la dérision de montrer une nouvelle voie à ses élèves.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Salch est de retour, non pas avec son humour noir et souvent très limite, mais avec une tranche de vie et un portrait sur des héros de l’ombre comme il avait pu le faire dans son précédent ouvrage Résidence Autonomie. Dans Français langue étrangère, Salch crée une fiction très inspirée de la réalité autour de ces professeurs engagés dans un combat de tous les instants : celui d’apprendre une langue, des coutumes et les visions entourant ceux qui la parlent. Toujours pince-sans-rire mais jamais verser dans la critique, le dessinateur de Charlie Hebdo s’éloigne de sa production habituelle en livrant un récit qui ne cherchera pas l’humour et le cynisme à tout prix, un exercice qu’il avait déjà entrepris dans Résidence Autonomie. Français langue étrangère tient plus du portrait, celui d’une professeur redoublant d’effort pour faciliter la vie à ses élèves, mais aussi le portrait de ces derniers. Salch se sert de l’actualité pour brosser les portraits de réfugiés fuyant la guerre, la politique ou encore des conditions de vie bien précaires qui touchent le plus souvent les femmes. Jamais dans la prise de position ou dans l’accusation, l’auteur se veut ici passeur de mot et de message.