L'histoire :
C’est le printemps, la nature retrouve sa tendre verdure, des fleurs surgissent de-ci-de-là, les petits oiseaux chantent et Mirko la luciole aussi. Mirko est installé avec sa mandoline dans l’embout creux de la curieuse branche qui part horizontalement de leur maison – dans l’orifice du canon de leur tank rouillé. Pendant ce temps, Armelle la tortue lit un bouquin dans un transat ; Fabienne la renarde rempote ses fleurs ; Pépin le lapin observe la vie microscopique dans la mousse avec une loupe. Ils sont auto-satisfaits de leur nouvelle installation au sein de ce vieux tank abandonné, qu’ils ont organisé en colocation symbiotique. La cuisine est à l’étage (la tourelle), plutôt occupée par Fabienne ; la pièce à vivre au rez-de-chaussée, avec un coin salon et un autre salle-à-manger est généralement décorée avec toutes les bricoles que rapporte sans cesse Pépin ; et ils ont creusé un dortoir commun sous cette maison, qui a tendance à sentir la chaussette qui pue. En somme, la vie serait belle si… Armelle n’éprouvait une certaine fatigue à s’occuper incessamment du ménage, des lessives, du rangement et de la vaisselle pour tout le monde.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Tiens donc, après l’hiver, c’est le printemps. Le duo, composé d’Armelle la tortue introvertie et Mirko la luciole musicienne, a été durablement rejoint par Pépin le lapin bordélique et Fabienne la renarde cuisinière. Ils vivent désormais tous les quatre dans une nouvelle clairière printanière, après leur exil. Rappelons que dans l’épisode hivernal précédent, un orage majeur a provoqué une crue, qui a engendré une rupture de barrage et l’inondation cataclysmique de leur vallée. Ils vivent désormais en colocation dans un tank abandonné et rouillé, et une région dévastée par une guerre, à en croire le plan de situation en pages de garde, sans qu’on ne connaisse jamais le contexte politique humain – ça n’est pas le sujet. Le fond de l’histoire, majoritairement raconté via les narratifs du scénariste Loïc Clément, dégouline de bons sentiments qui tournent toujours en rond. Le propos persiste à se concentrer sur les rapports d’amitiés compliquées entre personnalités différentes. Comment conjuguer un développement personnel épanouissant et la vie en communauté respectueuse des tempéraments de chacun ? Nos adorables amis animaux sont tous débordants de vitalité, de joie, de créativité et vaquent chacun à des activités qui les définissent… sauf Armelle la Tortue. Elle a le sentiment de n’exister que pour absorber ou compenser les débordements des autres et elle en prend ombrage, sans rien dire, jusqu’au burn out. Alors que bon, suffit de se dire les choses, sans méchanceté aucune, chacun fait des efforts et pif-pouf, tout finit bien. Cette histoire tendre et candide bénéficie d’un dessin toujours super mignon, plein de poésie, de couleurs, de douceur et de détails enchanteurs signé Julien Arnal.