L'histoire :
Le Duc de Bedford, qui règne sur la moitié du territoire français avec le soutien du Duc de Bourgogne, tandis que le roi Henri VI est encore un enfant, décide d'entreprendre le siège d'Orléans. La tâche est confiée au comte de Salisbury. Charles VII, de son côté, est établi dans le Sud de la France après son couronnement à Bourges. La ville peut tenter de résister, les réserves de vivres sont hautes, un accès est encore possible sans franchir les lignes anglaises. En Octobre 1424, un artilleur nommé Jehan de Montesclere s'approche de la ville. Il apprend que les anglais ont pillé et détruit Notre Dame de Cléry. Il rencontre Etienne de Vignoles, alias La Hire, qui l'emmène avec lui dans l'enceinte fortifiée. L'artilleur et son apprenti semblent un mince atout car ils n'apportent aucune arme avec eux. Mais les fondeurs de la cité sont bien là, la poudre en quantité, les boulets aussi. Mais tandis que les assauts se succèdent, ne faisant aucun vainqueur, égratignant les positions établies, Johan et ses confrères orléanais sont en désaccord sur le type d'armes à construire. Le soir, ils se retrouvent à la taverne de Belle, puis visitent la tour Notre Dame pour y voir son canon massif. Johan et Maître Meuglard s'opposent sur de prochaines armes à fondre pour obtenir un avantage de légèreté et de précision sur les anglais. L'artilleur va faire construire sa première couleuvrine, plus fine, plus précise, facile à recharger en poudre. Elle va surprendre l'ennemi et redonner de l'espoir aux assiégés.
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Sur plus de 120 pages émaillées de batailles, les auteurs nous plongent au cœur de la ville d'Orléans pour un siège qui marquera l'histoire puisque Jeanne d'Arc y fera une entrée triomphale. Mais l'essentiel de l'album est consacré aux semaines qui précèdent cette arrivée, mettant en avant le personnage d'un artilleur qui inventera l'ancêtre du fusil : un canon fin et allongé qui, posé sur un support de bois pour en maitriser le recul, touchera l'ennemi avec une précision étonnante. Autour des différentes étapes de ce siège, avec notamment l'étonnante cavalcade de cochons envoyés pour ravitailler la ville, des morceaux d'histoires tirés de documents historiques sont racontés et mis en scène. Les personnages vont vivre des histoires individuelles, rivalités, rencontres amoureuses, essentiellement destinées à romancer le récit et éviter la lourdeur d'un récit de guerre au premier degré. La partie graphique est riche, fourmille de détails sous des couleurs contrastées. L'atmosphère générale est relativement neutre, sans parti pris visuel particulier, une ambiance historique des plus classiques délivrée avec maîtrise. Pour ce premier tome d'une série consacrée aux villes assiégées au Moyen Age, le cahier des charges semble rempli : une immersion documentée qui cherche à décrire une réalité pas forcément glorieuse, mais proche de la véracité historique. La prochaine immersion se déroulera dans Beauvais attaquée par le Duc de Bourgogne, quelques années après ce récit, avec les mêmes auteurs aux commandes.