L'histoire :
L'empereur Claude qui a succédé à Caligula a eu la mauvaise idée d'avoir un enfant avec Messaline. Un garçon qui contrarie les plans d'Agrippine pour son fils Néron. Claude mourra empoisonné par celle qui l'avait convaincu de l'épouser à son tour, pour mieux s’en débarrasser. Agrippine projette son fils de 16 ans devant le sénat pour qu’il devienne prince dans un premier temps, non sans lui avoir fait comprendre comment il devrait suivre à la lettre ses conseils et ses consignes. Son discours sera écrit par Sénèque, fidèle d'Agrippine depuis toujours, qui a fait l’éducation de Néron depuis sa petite enfance. L'ambitieuse Agrippine voit son fils prendre de l'autorité, de l'assurance et de l'indépendance, bien plus qu’elle ne s’y attendait. Le jeune garçon au tempérament joueur et artiste a pris goût au pouvoir. Commence alors pour elle une nouvelle bataille contre tous ceux qu'elle pensait de son côté. Qui va la trahir, qui va barrer ses ambitions, qui d'autre faut-il éliminer ?
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Avec le destin d'Agrippine en trois volumes, Luca Blengino raconte le sort de plusieurs empereurs qui se succèdent et qui voient se croiser autour d'eux des femmes ambitieuses et puissantes. Agrippine a des projets pour son fils puis pour elle-même, ce que l'auteur raconte d'une manière flatteuse dans un premier temps, puis fataliste. Dans cette série consacrée aux Reines de Sang, l'empire romain fait l'objet de trois regards différents, ceux de Messaline et de Poppée, dans d'autres albums, complètent celui d'Agrippine. La même période vue par trois femmes au cœur du pouvoir, des destins enrichis par l'imaginaire du scénariste, et quelques moments de réflexion sur le pouvoir des femmes, sa réalité et les limites infranchissables auxquelles il se confronte au premier siècle de notre ère. Agrippine et Poppée se croisent d'ailleurs sur les marches du palatin, ici comme dans le volume consacré à celle qui sera la dernière femme de Néron. Une belle habileté scénaristique en forme de clin d'œil complice pour le lecteur. Ce triptyque en tout cas est central, très bien conduit autour d'une héroïne qu'on a l'impression de bien connaître et dont la force est remarquablement mise en images par Roberto Ali. Un beau travail bien construit, spectaculaire quand il le faut, facile d'accès même pour les non spécialistes. En un mot : passionnant !