L'histoire :
En 1963, dans le comté de Los Angeles, Georges Reeves, qui a joué le rôle de Superman dans la série de 1951 à 1958 et qui est mort en 59, est enchaîné à des rails de chemin de fer. Des malfrats lui expliquent qu’il aurait dû faire ce qui était convenu. Quand le train arrive, Georgie arrive à briser ses chaines mais trop tard, il est écrasé. Les bandits lui enlèvent les chaînes, pour faire croire à un accident. Le lendemain, Humphrey Bogart, mort en 1957, reçoit un coup de fil dans son bureau de détective privé. C’est S.J., son agents. Mais Bogie ne le reconnaît pas et lui dit s’appeler Sam Marlowe. Son agent lui répond qu’il est soit Sam Spade (Le Faucon Maltais), soit Philip Marlowe (Le Grand Sommeil) mais pas un mélange des deux, et qu’on l’attend sur son lieu de tournage. Alors que des pas retentissent dans le couloir, Bogie se précipite, pensant voir l’amour de sa vie, Lauren Bacall... mais c’est une autre blonde qui se présente : Marylin Monroe. Enfin, à ce qu’elle pense. Elle lui demande de trouver qui a tué Georges Reeves, qui avait mission d'enquêter sur sa mort à elle, un an plus tôt…
Ce qu'on en pense sur la planète BD :
Marylin, Bogart, Laurel et Hardy, Lauren Bacall, Clark Gable, des acteurs immortels dans l’esprit du public… mais s’ils l’étaient vraiment ? C’est le pari de Darko Macan qui imagine un polar autour de ces grands acteurs d el'âge d'or hollywoodien, revenus d’entre les morts et reprogrammés pour pouvoir jouer indéfiniment dans des films à succès. Bien entendu, c’est le plus célèbre privé de l’histoire du cinéma, Bogie, qui mène l’enquête. Et c’est Alfred Hitchcock qui s’amuse à faire jouer tous ces acteurs. Les cinéphiles vont se régaler à retrouver les références de films, de personnages, les détournements d’affiche, les scènes fameuses rejouées, les acteurs en premier ou second plan… L’album est particulièrement excitant à ce niveau. Le scénario est efficace et le séquençage d’Igor Kordey plutôt… cinématographique, mais il souffre à transporter le lecteur. L’intrigue est parfois un peu chargée de lourdeurs compréhensibles. Il fallait mener de front tellement d’injonctions, faire se côtoyer tellement de personnages, réels et imaginaires, se couper des récits, se croiser des films, qu’on est parfois un peu perdu. Le dessin, quant à lui, offre le plaisir de voir des grandes stars dans des positions iconiques, ou au contraire inattendues. Malgré le dynamisme du découpage, il manque parfois un peu de mobilité, mais certaines scènes sont très belles. L’album est un bel objet dans lequel on peut se replonger, avec un carnet graphique en noir et blanc à la fin, très agréable, et une scène finale qu’on voudrait avoir en affiche.