parution 22 mai 2026  éditeur Dupuis  collection Les ondes Marcinelle
 Public ado / adulte  Mots clés Chronique sociale

La Fin de la fiction

Auteur en panne d’inspiration, autofiction mordante et réflexion sur la création : Pierre Maurel signe un récit aussi drôle qu’intelligent, qui questionne avec finesse notre besoin de raconter des histoires.


La Fin de la fiction, bd chez Dupuis de Maurel
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

L'histoire :

Si on se fie aux statistiques, 72% des gens décrochent pendant le premier quart d’heure lorsqu’on commence à leur raconter une histoire qui commence par des statistiques. Par contre, ils sont plus vite captivés s’ils se sentent concernés par que vous leur racontez. Si, subrepticement, en partant d’une situation très générale, vous vous rapprochez, vous zoomez jusqu’à une histoire plus particulière, une histoire plus proche d’eux… C’est comme ça que vous les emmènerez par le bout du nez. En leur parlant du bout de leurs chaussures, vous leur parlerez du monde entier ! D’où l’importance d’une bonne voix off. Pierre, un auteur de bande dessinée, a toujours détesté les voix off dans les BD, les films ou les podcasts. Pour lui, ce n’est juste qu’une béquille pour qui n’arrive pas à raconter son histoire, alors qu’il existe tant d’autres moyens pour faire ressentir la vie intérieure. Comme le cadrage, la mise en scène ou bien le découpage. Ses élèves, ces foutus fainéants, lui rendent toujours des pages en gaufrier, trop bavardes, remplies de plan répétitifs, aux cadrages sans imagination. Une béquille c’est bien utile si la vie vous fait trébucher, mais pas pour raconter une histoire ! Pourtant, en allant se promener dehors, Pierre tombe par hasard sur une béquille posée au sol. Des fois, on se dit que la vie nous fait une blague, mais d’autres fois, on sent bien que la « blague » se fait à nos dépens…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

En panne d’inspiration, un auteur de bande dessinée cherche désespérément le déclic qui lui permettra de relancer son prochain projet. De cette situation apparemment banale, Pierre Maurel tire un récit d’autofiction aussi drôle que vertigineux, où les frontières entre réalité, fiction et mise en scène de soi deviennent progressivement floues. Le point de départ semble pourtant simple : un enseignant et auteur de BD convaincu qu’un détour par le savoir lui permettra de retrouver l’inspiration, part à la rencontre d’un spécialiste du Moyen Âge. Mais cette quête ne fait qu’accentuer ses doutes et ouvrir de nouvelles impasses. À partir de là, Maurel construit une solide dose d’autodérision une œuvre particulièrement maligne qui interroge la création elle-même. Le récit joue constamment avec les niveaux de narration, superpose l’auteur et son double de fiction, tout en questionnant la sincérité artistique et les compromis qui accompagnent inévitablement toute œuvre. Son personnage accumule les contradictions, les certitudes fragiles et les postures intellectuelles. Derrière l’humour souvent mordant affleure alors une réflexion plus universelle sur le doute, la légitimité et la difficulté de créer. Graphiquement, Pierre Maurel reste fidèle à un dessin d’une grande lisibilité. Son trait épuré accompagne parfaitement les dialogues et les réflexions du récit. À l’arrivée, La Fin de la fiction est une BD intelligente, originale et souvent très drôle, qui transforme une panne créative en passionnante réflexion sur l’art de raconter des histoires.

voir la fiche officielle ISBN 9782808516501