parution 01 octobre 2009  éditeur Dupuis  collection Aire libre
 Public ado / adulte  Thème Roman graphique, Esotérique

Prosopopus

Un être chimérique grotesque, tour à tour aimant ou sanguinaire, s'invite dans la vie d'un quinqua dont la conscience est loin d'être immaculée. Un récit muet et déroutant, méritant incontestablement le détour pour peu qu'on soit paré.


Prosopopus, bd chez Dupuis de de Crecy
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Dupuis édition 2009

L'histoire :

Gratte-ciels ; fumées toxiques ; embouteillages ; gris quotidien : la ville moderne est le théâtre d’un énième meurtre aujourd’hui… Il a suffit d’une seule balle pour l’abattre. Rien qu’une, pour lui faire lâcher son attaché-case et maculer son costume jaune canari. Le meurtrier, lui, se fond dans la ville et retrouve, bientôt, la chaleur des cuisses d’une maitresse comblée. Puis une dernière cigarette pour ponctuer cette difficile journée… Assassinat ; coït ; mégot mal éteint : rencontre improbable dans les hauteurs de la ville des émanations du sang de l’homme d’affaire abattu, du sperme du meurtrier et de la fumée du mégot. Improbable, et pourtant elle donne naissance à un être énorme ; intriguant, aux yeux doux d’enfant ; fumant le cigare ; s’installant sans aucune gêne dans le lit de notre assassin. Leur rencontre est un choc qu’une nuit de sommeil semble repousser au rang d’une hallucination provoquée par les événements de la veille. Cependant, elle est bien là, la bestiole, le lendemain matin, le Havane aux lèvres, sirotant son café bouillant : pas certain que de la passer par la fenêtre suffirait à s’en débarrasser…

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Le moins que l’on puisse souligner, c’est que le chemin emprunté ici par Nicolas de Crécy éloigne des sentiers « classiques » et divertissants du 9e art. Aussi, nous vous laisserons choisir ou plutôt prendre le temps de vous y aventurer, mais nul doute, pourtant, qu’un jour ou l’autre, vous vous laisserez tenter par cet album audacieux. Etre chimérique, monstre moderne ou simple extension du surmoi de l’assassin grisonnant, ce Prosopopus intrigue, dérange, rebute, effraie, titille… Habilement construite, cette histoire muette, mais parfaitement lisible, laisse danser subtilement remords, vengeance, cupidité, mort et érotisme autour de notre pauvre héros. Graphiquement, les amateurs de l’artiste s’y retrouveront. Nicolas de Crécy ne ménageant pas son talent de fin découpeur de récit (la scène de l’autopsie est un bijou), de faiseur de tableau (des velléités impressionnistes ?) ou d’habile joueur de contraste. Alors certes, l’auteur déstabilise, déroute (volontairement ou pas), mais il ne manque pas de nous proposer une vraie histoire, pour laquelle ce petit bout d’intello qui sommeille en nous trouvera sa parabole, mais qui via des flashbacks explicitent soudent impeccablement le propos : une histoire de cupidité dans une société qui fait parler les gros sous à la place des sentiments, mais où finalement les méchants en bavent lourdement. D’ailleurs, hormis la conclusion un peu moins solide, le scénario est finalement très dense pour un récit sans mot. Ainsi, De Crécy fouille son medium, gratte notre intellect sans nombrilisme, en présentant une œuvre peut-être pas si inaccessible qu’il n’y parait : à lire 2 fois pour s’en assurer.

voir la fiche officielle ISBN 9782800144399

  • Sa note Grey Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Grey Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Grey Star Grey Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

Ce qu'un autre en pense sur la planète BD :

L'histoire d'un meurtrier, colocataire d'un monstre informe et ridicule. Une idée originale pour un résultat imbuvable ? Voilà une recette inédite pour donner vie à une barbe à papa : prenez une pincée de sperme bien frais, un peu de fumée d’un mégot mal éteint, ajoutez y une goutte de sang. Vous obtiendrez un Prosopopus jovial et multicolore. Au delà de l’originalité qui caractérise cet album - pas une seule bulle pour l’avaler - il faut bien avouer que le résultat est plutôt indigeste. Certes, même sans texte, Nicolas De Crecy réussit à nous faire comprendre, dans ses grandes lignes, une histoire complète. Hélas, la performance s’arrête là et n’emporte pas l’adhésion. Le dessin, difficile d’accès, réserve d’emblée Prosopopus à des amateurs aguerris de BD. Si le bibendum qui donne son nom à l’album est chaleureux, il apparaît surtout grotesque et sans grand intérêt. On tourne la dernière page étonné d’avoir été si loin… Et curieux de savoir où diable l’auteur voulait nous emmener… Le public visé par cette BD est clairement le bédéphile rompu à des graphismes et des biais narratifs hardus. Reconnaissons au moins une chose à Nicolas de Crecy : c'est grâce à ces auteurs audacieux et à leurs experiences insolites que le 9e évolue.