parution 08 novembre 2013  éditeur Dupuis  collection Aire libre
 Public adulte  Thème Roman graphique

Trois pas vers la couleur

(intégrale)

Un peintre et son modèle ; une marche qui vibre comme une quête existentielle et un voyage au Québec : trois récits de l’intime formant une trilogie et regroupés en intégrale. Pas toujours accessible, mais riche d’émotions.


Trois pas vers la couleur, bd chez Dupuis de Baudoin
  • Notre note Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • Scénario Yellow Star Yellow Star Grey Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

  • dessin Yellow Star Yellow Star Yellow Star Grey Star

    CHEF D'ŒUVRE   Green Star Green Star Green Star Green Star

    TRÈS BON   Green Star Green Star Green Star Dark Star

    BON   Green Star Green Star Dark Star Dark Star

    BOF. MOYEN   Green Star Dark Star Dark Star Dark Star

    BIDE   Dark Star Dark Star Dark Star Dark Star

©Dupuis édition 2013

L'histoire :

Les yeux dans le mur : Il la peint. Et l’habille de cette banlieue d’où elle vient, de ce costume dont elle ne veut pas. Cette zone, il lui en reste encore peut-être quelques traces sur la peau. Mais elle voudrait qu’il les oublie. Elle voudrait qu’il la dessine comme elle est, pas comme il la voit. Alors il lui demande d’enlever ses vêtements. Avant de poser, elle prend un bain et rêve qu’il la dessine aussi lisse qu’il pourra…
Le chant des baleines : Partir… Qu’espère t-il trouver dans ses départs sans arrivées ? Il ne sait pas faire machine en arrière. Personne ne l’attend nulle part depuis longtemps. Le monde est si bruyant. Certains veulent même se faire exploser au milieu d’un centre commercial. D'autres se font enlever les deux seins pour éviter d’avoir un cancer. D'autres enfin gagnent des radio-crochets pour un effet immédiat : faire diminuer le taux de suicide. Et lui, dans tout ça, que veut-il ? Simplement marcher et trouver sa propre musique. Une note d’ailleurs lui suffirait.
Les essuie-glaces : Il arrive bizarrement dans cette gare. Elle est là qui attend un train. Il l’a déjà vue quelque part. Va-t-elle à un son mariage ? Ont-ils déjà partagé un sandwich ? Elle veut, tel le Petit Prince qui voulait son mouton, qu’il lui raconte une histoire. Il hésite. Puis lui livre cette excursion au Québec en remontant le Saint Laurent en compagnie de Jean, le curé défroqué poète, de Violette et de Laurence.

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

Cette intégrale regroupe, Les yeux dans le mur, Le chant des baleines et Les essuie-glaces, trois albums publiés entre 2003 et 2006 dans la prestigieuse collection Aire Libre. La mise à nue de l’intime, l’amour, la liberté, la quête existentielle ou encore la mélancolie réflexive alimentent cette trilogie qu’il faudra entamer comme un long poème empreint d’une incroyable sensibilité. Car à l’inverse, ceux qui tenteraient d’aborder ces presque 200 pages sous l’angle unique du récit se fourvoieraient dans l’impasse souvent hermétique du propos. Il y a d’abord la rencontre d’un peintre et de son modèle (Les yeux dans le mur) qui mêle aussi sensiblement que parfois confusément l’énergie d’une belle rencontre, l’esquisse amoureuse et l’adroite réflexion sur la liberté (avec les limites de l’art à vouloir « enfermer l’instant »). Suit cet étrange voyage (Le chant des baleines) mi-initiatique, mi-onirique, sorte de fuite d’une réalité bruyante pour un retour sur soi chargé de donner du sens à la vie. Enfin, la plus accessible des trois plongées (Les essuie-glaces) qui offre un récit plus construit, nourri par un voyage au Québec, occasion de multiples rencontres. Des moments de partages qui agissent une nouvelle fois comme autant d’aiguillons sur la réflexion que porte Baudoin sur son propre cheminement (amours, amitiés, place dans l’Histoire, sens de son art...).Ces trois albums (judicieusement réunis) procèdent de la même façon, peut-être parfois de manière un brin répétitive (dans l’usure des thématiques abordées), mais avec une incroyable honnêteté. Libre à chacun d’adhérer ou non à cette mécanique intimiste, mais Baudoin, dans ce partage, œuvre aussi pour notre propre réflexion. Il le fait de surcroît avec une incroyable douceur, guidé par la seule volonté de transmettre de l’émotion. Choix qu’on retrouve d’ailleurs dans le dessin. Certes, il faudra d’abord le laisser nous apprivoiser (un peu comme le whisky : la première fois on a l’impression de boire de l’essence…). Son élégance ne frappe en effet pas l’œil immédiatement. Mais il y a ce petit quelque chose qui peu à peu s’installe. Ce petit quelque chose qui, sous son air « pâteux », saute bien vite à la gueule avec une incroyable envie. Celle d’être vivant.

voir la fiche officielle ISBN 9782800160467